« Ambigüe » ou « ambiguë » : orthographe (tréma)

« Ambiguë » est la forme traditionnelle de cet adjectif au singulier féminin, « ambigüe » est la forme nouvelle.

 

La forme traditionnelle ambiguë


Le tréma (¨), placé sur le « e », signale que la voyelle qui précède doit être prononcée séparément. ll est toujours placé sur la deuxième voyelle : aïeul, astéroïde, canoë, coïncider, Noël, etc.

Or, les syllabes « gue » forment normalement le son que l’on retrouve dans « guerre », « ligue » ou « blague ». Sans tréma, on prononcerait donc « ambig » (ou « ambigueu »).

L’ajout du tréma sur le « e » terminant « ambiguë » indique donc qu’il faut prononcer le « u », tout en maintenant la prononciation « gue » de la lettre « g » (on ne la prononce pas comme un « j »). 

Le tréma permet donc de dissocier deux voyelles : il sert à former une diérèse

De la même manière, on écrit « aigüe », « contiguë », « exiguë », etc.

 

Voir ici : « événement » ou « évènement » ?

 

Exemples 

Cette monstruosité remplaçait pour moi les fraîches et pudiques illusions du bel âge ; mes rêves de tendresse si doucement caressés, le soir, à la lisière des bois, par les petits sentiers rougissants, ou le long des blanches terrasses de marbre, près de la pièce d’eau du parc, devaient donc se métamorphoser en ce sphinx perfide, au sourire douteux, à la voix ambiguë, et devant lequel je me tenais debout sans oser entreprendre d’expliquer l’énigme !

Gautier, Mademoiselle de Maupin

 

Mangeant sa côtelette et buvant son thé, il baissait le menton dans sa cravate bleu de ciel, piquée par deux épingles de diamants que rattachait une chaînette d’or ; et il souriait d’un singulier sourire, d’une façon douceâtre et ambiguë

Flaubert, Madame Bovary

 

La forme nouvelle ambigüe


Le rapport de 1990 sur les rectifications de l’orthographe, présentées par le Conseil supérieur de la langue française, proposait de déplacer le tréma sur la voyelle qui doit être prononcé sur certains mots afin de tarir une source de difficultés orthographiques. Ainsi, le rapport proposait d’écrire « ambigüe » au lieu d’ambiguë, « exigüe » au lieu d’exiguë, « aigüe » au lieu d’aiguë, etc.

Toutefois, cette proposition de rectification ne semble pas avoir eu de véritable influence sur l’usage. Elle n’est pas portée par un groupe qui voudrait la diffuser.

 

Exemple 

Trente ans avant J.C., toujours en Égypte, la légende veut que la reine Cléopâtre, désespérée par la défaite de son amant Marc Antoine, se donne la mort en se faisant mordre par un cobra. Mais le même serpent est tout autant le symbole de la guérison et de la médecine. Que d’ambiguïtés. Pas simple de caractériser le serpent. 

Franceculture.fr

Adrian

https://www.laculturegenerale.com

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *