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L’orthographe de cette expression varie selon la fonction grammaticale des éléments qui suivent le participe passé. Vous écrirez “elles se sont vues” lorsque le complément d’objet direct se trouve avant le verbe, mais “elles se sont vu” lorsque ce complément est placé après ou absent. Cette distinction repose sur une règle précise d’accord du participe passé des verbes pronominaux.
La confusion provient du fait que le pronom réfléchi “se” peut occuper différentes fonctions dans la phrase. Parfois, il représente directement l’objet de l’action. D’autres fois, il sert simplement de lien grammatical sans être l’objet principal. Cette nuance détermine l’orthographe correcte.
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Ce qu’il faut retenir
- Accord obligatoire si « se » est COD avant le verbe : « Elles se sont vues »
- Pas d’accord avec infinitif d’action subie : « Elles se sont vu refuser »
- Accord systématique avant adjectif ou participe : « Elles se sont vues fatiguées »
- Test simple : remplacez par « voir soi-même » pour vérifier l’accord nécessaire
- Action faite par le sujet impose l’accord : « Elles se sont vues progresser »
La règle fondamentale d’accord
Le participe passé “vu” s’accorde avec le complément d’objet direct uniquement si celui-ci précède le verbe. Dans les verbes pronominaux comme “se voir”, le pronom “se” peut jouer ce rôle de COD. Vous devez alors identifier sa fonction précise dans chaque phrase.
Lorsque “se” représente les personnes elles-mêmes comme objet de l’action de voir, l’accord s’impose. Le participe devient “vues” au féminin pluriel. En revanche, si “se” fonctionne comme un simple marqueur pronominal sans être l’objet direct, le participe reste invariable.
Dans cet exemple, “se” équivaut à “elles-mêmes” et constitue le COD placé avant le participe. L’accord avec “elles” devient obligatoire.
Cas où le participe reste invariable
Le participe “vu” demeure sans accord lorsqu’il est suivi d’un infinitif et que le sujet subit l’action exprimée par cet infinitif. Cette configuration indique que le sujet ne réalise pas l’action, mais la reçoit passivement.
Ici, ce sont d’autres personnes qui refusent l’entrée. Les femmes subissent cette action sans l’accomplir. Le complément d’objet direct de “voir” est la proposition infinitive complète, située après le participe.
Le même principe s’applique : l’attribution est réalisée par autrui. Le participe reste invariable car le sujet ne fait pas l’action d’attribuer.
Cas où l’accord devient obligatoire
Lorsque le sujet accomplit activement l’action exprimée par l’infinitif qui suit, l’accord s’impose. Cette distinction révèle que le pronom “se” fonctionne comme complément d’objet direct du participe “vu”.
Les femmes constatent leur propre progression. Elles font elles-mêmes l’action de progresser. Le participe s’accorde donc avec “elles”.
Un test efficace consiste à remplacer mentalement “se voir” par “voir soi-même”. Si la phrase conserve son sens logique, l’accord devient nécessaire. Cette méthode vous permet de trancher rapidement dans les situations ambiguës.
Accord avec un participe passé ou un adjectif
Quand le participe passé “vu” précède un adjectif ou un autre participe passé, l’accord avec le sujet s’applique systématiquement. Le terme suivant joue le rôle d’attribut du COD, ce qui déclenche automatiquement l’accord.
Dans ces trois exemples, le pronom “se” représente le complément d’objet direct placé avant le verbe. Les termes “fatiguées”, “récompensées” et “transformées” décrivent l’état constaté. L’accord du participe “vues” avec “elles” devient incontournable.
Les candidates se sont vues élues au premier tour, provoquant la surprise générale.
Tableau récapitulatif des règles d’accord
| Construction | Accord | Exemple |
|---|---|---|
| Sans complément après | Avec le sujet | Elles se sont vues ce matin |
| Suivi d’un infinitif (action subie) | Invariable | Elles se sont vu interdire l’accès |
| Suivi d’un infinitif (action faite) | Avec le sujet | Elles se sont vues réussir l’examen |
| Suivi d’un adjectif | Avec le sujet | Elles se sont vues heureuses |
| Suivi d’un participe passé | Avec le sujet | Elles se sont vues abandonnées |
Exemples d’usage dans différents contextes
L’application concrète de cette règle varie selon les situations quotidiennes. Voici des phrases authentiques qui illustrent chaque cas de figure.
Les deux sœurs se sont vues grandir ensemble dans cette maison familiale.
Les employées se sont vu proposer une augmentation après leurs excellents résultats.
Mes collègues se sont vues contraintes de démissionner face à la réorganisation.
Dans le premier exemple, les sœurs accomplissent l’action de grandir, donc accord obligatoire. Dans le deuxième, quelqu’un d’autre propose l’augmentation aux employées qui la subissent, donc invariabilité. Dans le troisième, l’adjectif “contraintes” impose l’accord du participe qui le précède.
Alternatives et synonymes de “se voir”
Pour éviter les difficultés d’accord, vous pouvez remplacer “se voir” par des expressions équivalentes. Ces alternatives conservent le sens tout en simplifiant la construction grammaticale. Vous choisirez selon le contexte et le registre souhaité.
- Se rencontrer : Elles se sont rencontrées hier soir dans le quartier
- Se retrouver : Elles se sont retrouvées dans une situation délicate
- S’apercevoir : Elles se sont aperçues au loin et ont échangé un signe
- Constater : Elles ont constaté leur progression au fil des mois
- Observer : Elles ont observé leurs changements physiques
Ces verbes permettent d’exprimer des nuances différentes. “Se rencontrer” insiste sur la dimension sociale. “Se retrouver” évoque une situation commune. “Constater” et “observer” mettent l’accent sur la prise de conscience.
Traductions dans d’autres langues
La traduction de “elles se sont vues” ou “elles se sont vu” varie selon les langues. Chaque système linguistique possède ses propres mécanismes d’accord et de construction pronominale.
En anglais : “They saw each other” pour l’action réciproque, ou “they were seen” pour la forme passive. L’anglais ne marque pas l’accord en genre sur les participes passés, ce qui simplifie considérablement la construction. La distinction entre action accomplie et action subie s’exprime par des structures verbales différentes.
En espagnol : “Ellas se vieron” (action réciproque) ou “ellas se han visto obligadas” (avec accord sur l’adjectif qui suit). L’espagnol maintient un système d’accord comparable au français, mais les règles diffèrent légèrement pour les verbes pronominaux. Le participe passé s’accorde également avec les auxiliaires composés.
En allemand : “Sie haben sich gesehen” pour l’action réciproque. L’allemand utilise l’auxiliaire “haben” avec les verbes pronominaux, et le participe passé reste généralement invariable. La complexité porte davantage sur le choix de l’auxiliaire que sur l’accord du participe.
Foire aux questions
Comment savoir si le participe passé s’accorde dans “elles se sont vues” ?
Identifiez le complément d’objet direct et sa position. Si le pronom “se” représente les personnes elles-mêmes et se place avant le verbe, accordez le participe. Posez-vous la question : qui ont-elles vu ? Si la réponse est “elles-mêmes”, l’accord s’impose avec “vues”.
Pourquoi écrit-on “elles se sont vu refuser” sans accord ?
Le sujet subit l’action exprimée par l’infinitif “refuser” sans l’accomplir. Le complément d’objet direct est la proposition infinitive complète, placée après le participe. Selon la règle, le participe passé ne s’accorde qu’avec un COD placé avant lui.
Peut-on écrire “elles se sont vu” sans rien après ?
Cette construction isolée reste incorrecte dans la majorité des contextes. Vous devez écrire “elles se sont vues” lorsque la phrase se termine ainsi, car “se” fonctionne comme COD. L’absence d’accord ne se justifie que si un élément suit le participe et modifie sa fonction.
Quelle différence entre “elles se sont vues partir” et “elles se sont vu partir” ?
Dans “elles se sont vues partir”, les femmes accomplissent l’action de partir et en ont conscience. Elles se perçoivent elles-mêmes en train de partir. Dans “elles se sont vu partir”, quelqu’un d’autre les observe partir, ce qui transforme totalement le sens et justifie l’absence d’accord.
Les mêmes règles s’appliquent-elles à “il s’est vu” ou “elle s’est vue” ?
Exactement les mêmes principes régissent ces formes au singulier. Vous écrirez “elle s’est vue dans le miroir” avec accord, mais “elle s’est vu refuser l’entrée” sans accord. Le nombre ne modifie pas la logique grammaticale sous-jacente.
Comment vérifier l’accord dans une phrase complexe ?
Remplacez mentalement “se voir” par “voir soi-même”. Si la phrase garde son sens, accordez le participe. Vous pouvez aussi transformer la phrase à la voix active pour identifier clairement qui fait l’action et qui la subit.











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