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Courir le guilledou : définition & origine de l’expressionCourir le guilledou : définition & origine de l’expression

Publié le 29/09/2021 (m.à.j* le 30/08/2024)
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Définition

Courir le guilledou signifie : courir les aventures galantes, avoir une vie sexuelle libre, aller dans les mauvais lieux ou les lieux de débauche afin de multiplier les aventures amoureuses faciles. C’est un terme qui est surtout employé par amusement pour sa sonorité archaïsante.

Exemples

  • Au lieu de suivre sérieusement ses études, il court le guilledou dans tout Paris et se bâtit une solide réputation de noceur.
  • — Chez moi, on ne sort jamais… C’est un principe de la maison… un principe sur lequel je ne saurais transiger… Je ne paie pas des domestiques pour que, sous prétexte de voir leurs filles, ils s’en aillent courir le guilledou. (Mirbeau, Le Journal d’une femme de chambre)
  • Je ne suis pas dupe non plus de tes préoccupations politiques, beau sire ! tu cours le guilledou, et rien de plus. (Sand, À Edmond Plauchut, 14 juillet 1870)

Synonymes

Courir la prétentaine, courir le cotillon, courir le jupon, courir la galipote (Québec).

Courir le guilledou : origine de l’expression

Si « courir » est à comprendre comme « aller librement, vagabonder, fréquenter, passer rapidement d’une chose à l’autre », l’origine de « guilledou », qui n’est employé que dans cette expression, est en revanche moins claire.

  • Selon le Dictionnaire historique de la langue française, l’hypothèse la plus probable serait que ce « guilledou » serait une composition entre l’ancien verbe guiller, « tromper, séduire », et de l’adjectif doux, « tendre, agréable ». Le radical guille a en outre été associé aux allusions sexuelles, comme dans « anguille sous roche » (à lire ici).
  • Selon une autre hypothèse, le terme serait un dérivé de l’occitan aguillodo, équivalent d’aiguillette, le lacet qui ferme une braguette, ou les grands corps de gardes. 
  • Enfin, une troisième hypothèse, plus bizarre, proposée par Sophus Bugge en 1874, fait de guilledou une transcription du vieux-norrois Kveld-Úlfur, « loup du soir » (l’équivalent du loup-garou), personnage d’une saga islandaise que Patrick Guelpa (Les 100 légendes de la mythologie nordique) rapproche d’« avoir vu le loup ».

En tout cas, l’origine exacte de ce terme n’était pas plus certaine au XVIIe siècle pour Gilles Ménage (selon lequel le terme dérivé d’une compagnie, la Gildonia, qui se livrait à des activités licencieuses), bien que les premières attestations de ce terme, sous différentes formes, apparaissent en son siècle :

Pour Oudin, courir le Guilledou, c’était « estre putain ». Furetière donne aussi dans son Dictionnaire (1690), donne aussi un exemple féminin. « Un coureur ou une coureuse de guilledou », c’était une personne débauchée, une personne aux mœurs légères : 

  • Le baron Hartmann le regardait, repris d’une admiration fraternelle d’ancien coureur de guilledou. (Zola, Au bonheur des dames)