Définition. Le complément d’objet direct (COD) est un mot ou un groupe de mots qui répond à la question « qui ? que ? quoi ? ». Il est joint directement au verbe, c’est-à-dire sans préposition (comme « à, devant, chez, de etc.», au contraire du complément d’objet indirect). En termes techniques, on dit que le COD est un argument du prédicat. Cela signifie qu’il complète le sens (argument) du prédicat, c’est-à-dire de l’élément de la phrase qui dit quelque chose à propos du sujet (le verbe). En d’autres termes, il complète le sens du verbe. Exemple :

  • Nous mangeons des fruits.
    • Nous [sujet] mangeons [verbe] des fruits [COD].
    • Que mangeons-nous ? Des fruits.

Caractéristiques du complément d’objet direct

Le complément d’objet direct est un complément essentiel. Cela signifie qu’il est essentiel au sens du verbe. Sans lui, la phrase serait agrammaticale, on ne peut donc le supprimer (en règle générale). Il fait partie du groupe verbal (du groupe de mots qui a le verbe pour noyau). Exemple :

  • Gaëtan attrape la balle.
    • On ne peut supprimer le COD « la balle » : Gaëtan attrape.

Exception : certains verbes qui peuvent être employés sans COD. Leur emploi est dit « absolu ». Exemple : « Lucie lit un livre » ⇔ « Lucie lit ».


Joint directement au verbe, le complément d’objet direct n’est pas mobile : on ne peut pas le déplacer. Exemple : « Carole nettoie la table » ≠ « Carole la table nettoie » ≠ «  La table Carole nettoie. »


On ne peut pas systématiquement définir le COD comme l’objet ou l’élément sur lequel passe l’action du sujet. Dans des phrases comme « elle reçoit un colis » ou « il a une grosse douleur au bras », le sujet n’exerce pas d’action réelle sur le COD.


Le COD d’une phrase à la voix active devient le sujet de la phrase à la voix passive. Ainsi, un verbe à la voix passive n’a pas de COD. Exemple : « Mes parents conduisent la voiture » ⇔ « La voiture est conduite par mes parents  » | Le COD « la voiture » à la voix active devient le sujet de la phrase à la voix passive. Le sujet « mes parents » se transforme en complément d’agent à la voix passive.


Le COD peut être remplacé par des pronoms personnels (le, la, les, me, cela, etc.) ou par « en » s’il est indéfini (on dit qu’il est pronominalisable). Il faut veiller à accorder le participe passé employé avec « avoir » si le COD est placé avant cet auxiliaire. Exemple : « Marie aide David » ⇔ « Marie l’aide » | Le COD « David » a été remplacé par le pronom élidé « l’ ».


Dans certains cas, le COD peut donc être placé avant le verbe :

  • dans les phrases interrogatives directes : « Quelle ville as-tu visitée ? »
  • dans les phrases exclamatives : « Quel bel endroit avons-nous sous nos yeux ! »
  • quand il est remplacé par un pronom relatif ou un pronom personnel conjoint : « Je le porte depuis hier soir. »
  • à l’aide de la locution « c’est…que » : « C’est une immense halle que la mairie veut construire. »
  • dans certaines expressions : « Grand bien vous fasse ! »

« Rien » et « tout » se placent entre l’auxiliaire et le participe passé. Exemples : « Je n’ai rien vu venir ».

Nature du complément d’objet direct

La nature grammaticale du COD peut être :

  • Un nom ou un groupe nominal : Je visite une ville.
  • Un pronom ou un groupe pronominal : Ta mère a jeté celles que tu ne voulais plus.
  • Un infinitif ou un groupe infinitif : Je dois réviser toutes mes leçons.
  • Une proposition subordonnée :
    • relative (sans antécédent) : « Amène qui tu veux à ta soirée ! »
    • complétive : « Nous pouvons confirmer qu’il est pertinent de suivre ton avis. »
    • conjonctive : « Je viendrai lorsqu’ils seront prêts. »
    • interrogative indirecte : « Ils se demandent pourquoi leur machine ne fonctionne pas. »
    • exclamative indirecte : « Tu vois comme il est doué ! »

Ne pas confondre

➢ Parfois, le COD est introduit par un article partitif (qui s’emploie devant quelque chose qu’on ne peut pas compter). Il ne faut pas le confondre avec un complément d’objet indirect. Exemples : « Je bois du vin ». « Du vin » est en effet complément d’objet direct, parce que la question n’est pas « je bois de quoi ? » mais « je bois quoi ? ». En revanche, dans une phrase comme « Vincent parle de vin », « de vin » est un complément d’objet indirect (« Vincent parle de quoi ? »).

Il ne faut pas confondre le COD avec l’attribut du sujet, qui s’emploie après des verbes d’état (être, demeurer, paraître, rester, sembler, etc.). Exemple : « La foule est restée calme ». « Calme » est un attribut du sujet, pas un COD.

➢ Il ne faut pas confondre le COD avec le sujet inversé : « Du bois surgit un ours ». Bien qu’il ressemble à un COD (du bois surgit quoi ?), « un ours » est en réalité le sujet du verbe « surgir ». On pourrait écrire sans inversion du sujet : « Un ours surgit du bois. »

➢  Il ne faut pas non prendre pour un COD l’élément fondé sur un verbe support. Un verbe support est un verbe d’usage fréquent qui introduit un nom qui dit quelque chose à propos du sujet de la phrase (on parle de « nom prédicatif »). L’élément rattaché au verbe support n’est pas pronominalisable.

  • Ce corbeau nous fait chanter !
    • On ne pourrait pas dire : « Ce corbeau nous le fait ». La locution est « faire chanter », elle a un sens en elle-même et elle ne peut être disjointe.
  • La réunion a donné lieu à de terribles disputes.
  • Les victimes ont porté plainte au commissariat.
  • Nous lui savons gré de toute l’aide qu’elles nous ont apportée.