« Exalter » et « exulter » : quelle différence ?

« Exalter » et « exulter » sont des paronymes dont les significations sont proches.

 

Exalter : excitation


Du latin exaltare, « exhausser, élever », qui a donné au figuré « honorer ».

« Exalter » signifie : 

1. porter haut, glorifier, admirer ;

 Des applaudissements éclatent au théâtre lorsqu’un vers fait allusion à la vertu des princes, et, un instant après, quand une tirade exalte les mérites du peuple, les princes prennent leur revanche de politesse en applaudissant à leur tour

Taine, Les Origines de la France contemporaine

 

2. inspirer de l’enthousiasme, voire du délire, exciter l’esprit de quelqu’un (s’exalter : s’enthousiasmer) ;

Son imagination n’était plus sur la terre. L’odeur de l’encens et des feuilles de roses jetées devant le saint sacrement, par les petits enfants déguisés en saint Jean acheva de l’exalter.

Stendhal, Le Rouge et le Noir

 

3. intensifier, rendre plus actif. 

Quand on était un peu habitué à ces ténèbres de chapelle, on distinguait sur son visage l’amour désintéressé de l’humanité, le respect attendri pour les hautes classes qu’exaltait dans les meilleures régions de son coeur l’espoir des étrennes.

Proust, À la recherche du temps perdu

L’état d’une personne exaltée est l’« exaltation ».

Un « exalté », quelqu’un qui manifeste intensément ses opinions ou ses opinions, est un terme péjoratif. Il est parfois synonyme de fanatique.

Je devenais tout doucement un exalté pour qui les plus légères contrariétés étaient d’affreux chagrins.

Maupassant, Le Père Milon

 

À lire ici : « bribe » et « bride », quelle différence ?

 

Exulter : joie


Du latin chrétien exsultare, « sauter vigoureusement »,  « se comporter de manière effrénée », « se réjouir » (salire, « sauter, bondir »), « célébrer ».

« Exulter » signifie : manifester une grande joie, éprouver quelque chose intensément et ne pas pouvoir le retenir, se réjouir intensément (comme si l’on sautait de joie).

 

Et, tout en se défendant encore contre la conviction qui l’envahissait, tout en se promettant de ne pas lâcher l’hypothèse des Roubaud, il exultait, à l’idée que lui seul avait eu le nez assez fin pour découvrir l’assassin véritable.

Zola, La Bête humaine

Adrian

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