« Sympathie » et « empathie » : quelle différence ?

« Sympathie » et « empathie » sont des paronymes dont le sens est proche, ce qui peut prêter à confusion.

 

Sympathie : définition


Du latin sympathia, « sympathie, accord, affinité naturelle », qui reprend le grec sumpatheia, συμπάθεια, « participation à la souffrance d’autrui, compassion, sympathie », « communauté de sentiments », « rapport de certaines choses entre elles » dans le vocabulaire de stoïciens, (sum « avec », et pathos, παθος, « ce que l’on éprouve »).

Le concept de sympathie désigne aujourd’hui :

1. le fait que des personnes soient agréables les unes aux autres parce qu’elles partagent des sentiments, des goûts, un même tempérament ; 

2. la bienveillance d’une personne envers une autre ; 

3. la bonne disposition envers une idée ; 

4. dans un usage ancien : l’accord d’une chose avec une autre ; 

Il y aura fréquemment des heures où j’aurai besoin de la sympathie des esprits poétiques pour l’œuvre que j’aurai accomplie.

Poe, Le Domaine d’Arnheim, traduit par Baudelaire

 

5. le fait de participer aux peines d’un autre ;

Cependant, Denise avait le triomphe paisible et charmant. Elle était touchée de ces marques de considération, elle voulait y voir une sympathie pour la misère de ses débuts et le succès final de son long courage.

Zola, Au Bonheur des Dames

 

Son antonyme est l’antipathie, qui renvoie à l’aversion que peuvent se vouer des personnes.

 

À lire ici : « remords » et « regret », quelle différence ?

 

Empathie : définition


Ce terme a probablement été formé par le psychologue britannique Edward Titchener (1867 – 1927), sous la forme anglaise empathy, comme traduction d’un concept d’origine allemande, Einsfühlung ou Einfühlungsvermögen (capacité à « sentir vers l’intérieur » ou, plus philosophiquement, « faire disparaître le contraste en soi et l’objet »), employé notamment par le philosophe et psychologie allemand Theodor Lipps (1841 – 1914). Empathy a été formé sur le modèle de sympathy (préfixe -em, « dedans », et pathos).

Ce concept, né au XXe siècle dans des publications sur la psychologie et la philosophie, est très populaire en français depuis les années 2000 (cf. google ngram), du fait entre autres de sa popularité dans les réflexions sur le management ou le développement personnel.

Il a cependant des contours flous.

Toutefois, il renvoie en général au fait d’entrer psychologiquement dans les sentiments d’un autre pour essayer de le comprendre ou, en d’autres termes, essayer de comprendre le fonctionnement psychologique d’une autre personne en s’identifiant à elle. L’empathie consiste à, d’une certaine manière, faire sienne la position d’un autre et essayer d’adopter ses arguments, ses opinions, ses conceptions. En résumé, c’est réduire l’écart entre l’autre et soi.

Cela peut-être considéré comme un effort ou comme un trait de la nature humaine.

In general we may remark, that the minds of men are mirrors to one another, not only because they reflect each others emotions, but also because those rays of passions, sentiments and opinions may be often reverberated, and may decay away by insensible degrees.

Hume, A Treatise of Human Nature

Contrairement à la sympathie, l’empathie n’implique pas de partager les sentiments de la personne sur qui elle est exercée. Cependant, l’objectif de l’effort d’empathie n’est pas de comprendre l’autre pour le manipuler, mais au contraire pour trouver un terrain d’entente en cas de désaccord ou d’incompréhension. 

 

À lire 

Eric Schliesser, Sympathy: A History

Viviane Huys et Denis Vernant. Histoire de l’art. Théories, méthodes et outils. Armand Colin, 2019

 

Adrian

https://www.laculturegenerale.com

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