« J’aurai » ou « j’aurais » : quelle différence ?

J’aurai et j’aurais sont des conjugaisons du verbe avoir, la première au futur de l’indicatif, la seconde au présent du conditionnel.

 

J’aurai


J’aurai, sans le « s », est la forme conjuguée du verbe « avoir » à la première personne du singulier du futur simple à l’indicatif.

Il peut exprimer :

  • cas 1 : une action certaine du futur ;
  • cas 2 : une condition, s’il est couplé à une proposition conditionnelle contenant un verbe au présent (une partie de la phrase qui commence le plus souvent par « si » et qui contient un verbe au présent).
  • cas 3 : une action incertaine s’il est employé avec un adverbe dans ce sens (peut-être, probablement, etc.)

 

Exemples : 

J’aurai du retard.

-> Cas 1 : il est ici certain que j’aurai du retard.

Si je lis ce livre, j’aurai appris quelque chose.

-> Cas 2 : « j’aurai » suit une proposition conditionnelle (qui commence par « si ») avec un verbe au présent (je lis).

Je reviendrai, avec des membres de fer, la peau sombre, l’oeil furieux : sur mon masque, on me jugera d’une race forte. J’aurai de l’or : je serai oisif et brutal.

Rimbaud, Mauvais sang

-> Cas 1 : l’action est certaine. 

S’il boit autant, j’aurai du mal à le convaincre.

-> Cas 1 : l’action est certaine. 

Cette mémoire des mots, qui ne m’est pas entièrement restée, a fait place chez moi à une autre sorte de mémoire plus singulière, dont j’aurai peut-être occasion de parler.

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe

-> Cas 3 : l’action est incertaine (peut-être). 

J’aurai est aussi employé dans la première personne du singulier du verbe avoir au futur antérieur « j’aurai eu ».

Exemple : 

Je suis né en 1969. Enfant, j’aurai eu le rare privilège d’éprouver un sentiment unique. Un feu intérieur sans pareil que l’époque a rendu évanescent et qui est voué à une inéluctable extinction. 

Laregledujeu.org

Il permet ici de présenter un bilan.

Voir ici : « j’ai dit » ou « j’ai dis » ?

 

J’aurais


J’aurais, avec un « s », est la forme conjuguée du verbe « avoir » à la première personne du singulier du conditionnel présent.

Il peut exprimer :

  • cas 1 : une hypothèse ;
  • cas 2 : une condition, s’il est couplé à une proposition conditionnelle contenant un verbe à l’imparfait (une partie de la phrase qui commence le plus souvent par « si » et qui contient un verbe à l’imparfait) ;
  • cas 3 : un souhait.

Exemples : 

J’aurais peut-être réussi en travaillant plus.

-> Cas 1 : une hypothèse.

J’aurais moins voyagé en travaillant dans le droit.

-> Cas 1 : une hypothèse.

Si tu étais plus grande, je n’aurais pas pu monter sur tes épaules !

-> Cas 2 : « j’aurais » suit une proposition conditionnelle (qui commence par « si ») avec un verbe à l’imparfait (tu étais).

J’aurais voulu ne pas penser aux heures d’angoisse que je passerais ce soir seul dans ma chambre sans pouvoir m’endormir ;

Proust, À la recherche du temps perdu

-> Cas 3 : un souhait.

J’aurais souhaité te voir plus.

-> Cas 3 : un souhait.

J’aurais aimé avoir plus de renseignements.

-> Cas 3 : un souhait.

 

Voir ici : quelle est l’origine de l’expression « vouer aux gémonies » ?

Adrian

https://www.laculturegenerale.com

4 réponses

  1. raki dit :

    Peut-on dire « Au moins , j’aurais ri en entendant votre discours »
    Peut-on dire:  » au moins, j’aurais rigolé en entendant votre discours » ( il me semble qu’il y a un sous entendu exprimant Si seulement il en vallait la peine)

    • bubulle dit :

      2 sens : 1/ Si au moins vous aviez fait des blagues, j’aurAIS ri pdt votre discours (–> vous n’avez pas ri) 2/ C’était nul, mais vous avez fait des blagues et au moins, j’aurAI ri pdt votre discours (–> vous avez effectivement ri)

  2. Simone Marthaler dit :

    De + en + de gens disent on n’a pas le droit de se faire justice. C’est faux n’est-ce pas ? Le  » se » est de trop sinon ça veut dire se suicider ! J’ai raison ?

  3. Henriot dit :

    Un peu stupéfaite de voir un cours de conjugaison du niveau du CE2 dans ce site. Peut-être a t il une rubrique « conjugaison ». Cela en dit long sur nos pertes de connaissances du français courant.

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