Pourquoi dit-on « les poilus» (14 – 18) ?

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La reprise de Douaumont, Henri Georges Jacques Chartier | Wikimedia Commons

Pourquoi dit-on « les poilus» (14 – 18) ?


Le « poilu » est un surnom désignant le soldat français de la Première Guerre mondiale (1914 – 1918). Il a été peu utilisé pendant la Deuxième Guerre mondiale. Ce surnom était surtout employé à l’arrière, à l’intérieur, par les civils.

La figure du « poilu » s’installe d’ailleurs rapidement dans les consciences. En témoigne les « journées du poilu » organisées à l’arrière.

Comme pour tous les surnoms, son origine est incertaine.

On trouve en général l’origine de ce surnom dans la mauvaise hygiène des soldats qui combattaient dans des conditions très difficiles dans les tranchées. Ils n’auraient pas eu la possibilité de se raser régulièrement. Leur barbe poussant, ils auraient hérité du surnom de « poilus ».

Il existe cependant une explication alternative.

En effet, selon le dictionnaire de l’Académie, l’adjectif « poilu », dans un sens vieilli, peut signifier « viril », « courageux ».

On trouve l’adjectif poilu employé dans ce sens dans le Père Goriot de Balzac par exemple :

Bien, mon petit aiglon! Vous gouvernerez les hommes; vous êtes fort, carré, poilu ; vous avez mon estime

Ou dans le Journal de Léon Bloy

Léon Bloy (…) cherche quelqu’un d’assez poilu pour éditer une brochure de 150 à 200 pages intitulée: Je m’accuse…

Source : TLFi

L’origine du terme ne semblait pas bien plus claire à certains écrivains du temps. Ainsi, Henry Bordeaux écrit-il, dans Fort de Vaux :

Pourquoi diable, à l’intérieur, les appelle-t-on les poilus ? Ici, le mot ne plaît à personne. On est poilu quand on ne peut pas être autrement, dans les mauvais jours, les jours cruels et tragiques, qui deviennent ensuite les grands jours. Mais, dès la relève, on ne demande qu’à reprendre sa bonne figure habituelle.

 

L’expression n’est en tout cas pas heureuse pour l’écrivain. L’écrivain Maurice Barrès pensait de même :

Voila de ce fait le mot « poilu » installé sur tous nos murs, en grands caractères, presque officiellement. J’ai dit, l’autre jour, que je trouvais quelque chose de déplaisant à cette consécration d’un mot qui ne me semble pas respecter assez ceux qu’il désigne. Poilu! Le vocable a quelque chose d’animal. C’est vrai que j’avais demandé:    « A quand une journée du poilu? » Mais ce qu’un écrivain peut se permettre dans une conversation familière avec ses lecteurs n’est plus de même convenance si c’est le Parlement qui l’emploie. Pour une solennité, le mot manque de dignité; il respire une jovialité qui est peu de saison et nous entraîne trop du côté de la farce…

Adrian

https://www.laculturegenerale.com

1 réponse

  1. Mary dit :

    Ma grand-mère en 1900 était « demoiselle charcutière » avec comme congés mensuels un dimanche AM « ….de condition très modeste elle ne serait jamais « sortie » avec un homme imberbe. Pourquoi : pour ne pas les confondre avec les « maîtres » les domestiques hommes étaient obligés de se raser. Et donc même des jeunes filles « pauvres » ne voulaient pas sortir avec des « larbins ».

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