De mauvais poil : définition & origine [expression]

De mauvais poil signifie : de mauvaise humeur.

 

De mauvais poil : origine de l’expression


Poil a la valeur métonymique de « tempérament ». Le poil caractérise et distingue les animaux (de tout poil signifie « de toute couleur de pelage »). Chacun a donc son poil, son tempérament.

L’expression était d’abord appliquée aux chevaux :

[…] les prescrire à l’arrivée d’un voyage, après un trop long exercice, ou même pour remettre des chevaux qui sont maigres qui, ont mauvais poil. 

Cours d’hippiatrique…, 1772

 

Le vert d’écurie convient fort à des chevaux défaits, harassés de fatigue de mauvais poil […]

Dictionnaire raisonné d’hippiatrique, 1775

Un auteur du début du XIXe siècle écrit : 

Elle dit, et de son œil bordé d’un mauvais poil jette sur tout ce qui l’environne un regard nécromane. 

Mais il n’est pas sûr qu’il soit fait usage ici de l’expression. 

Le premier emploi de l’expression au figuré appliqué à l’humeur d’un homme se trouve peut-être chez Édouard Corbière :

– Pardieu ! Ce que j’y fais ! vous le savez bien, j’attends que votre mauvais poil soit passé. 

Le Prisonnier de guerre, 1834

 

Voir ici : pourquoi dit-on « les poilus » ?

Le Dictionnaire historique de la langue française et le Bouquet des expressions imagées supposent que l’expression dérive de « changer de poil », qui signifiait « changer de caractère » (métaphore de « changer de peau, muer »).

quand il le vit découvert, il eut grand merveilles de ce qu’il le vit si meurrry et si changé de poil […]

L’hystoire du chevalier aux armes dorée…, 1611

 

Le Dictionnaire historique relève aussi XVIe siècle « avoir la queue marquée de mauvais poil ».

De bon poil existe aussi, mais il est plus rarement employé

 

Exemples contemporains


Kerdanio donna un maître coup de pied au meuble qui était le plus voisin de lui.

– Tenez, Amédée, s’écria-t-il, ne me poussez pas ! Je suis de mauvais poil ce matin; je ferais quelque malheur.

Paul Féval, Bouche de fer

 

Réalisé par pas moins que Martin Scorsese, « Pretend It’s A City » (Netflix) cartographie le New York prépandémie à travers le regard drolatique, caustique et éternellement de mauvais poil de l’autrice américaine.

Adrian

https://www.laculturegenerale.com

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