La place Robespierre à Paris

La place Robespierre à Paris


De tous les révolutionnaires, Robespierre (1758 – 1794) est à coup sûr le plus controversé. Aujourd’hui, sa mémoire fait l’objet de débats passionnés, entre ceux qui saluent l’homme soucieux de défendre les principes de la Révolution et ceux qui dénoncent en lui le prince de la Terreur.

 

La rue Robespierre à Paris, une idée polémique

Nommer une rue, une avenue ou une place en l’honneur de Robespierre est un marronnier de la politique parisienne. L’idée est régulièrement avancée par la gauche néo-marxiste et antilibérale de Paris, qui reconnaît paradoxalement en Robespierre une figure tutélaire. Elle suscite en retour l’opposition de la droite et la circonspection de la gauche libérale et de la gauche socialiste, peu convaincue par la dimension symbolique de l’opération. 

En 2011, une proposition du conseiller de Paris Ian Brossat, membre du parti communiste, visait à nommer une rue ou une place de Paris en l’honneur de la figure la plus célèbre de la Révolution française. Cependant, cette proposition fut rejetée du fait de son caractère polémique. Alexis Corbière, membre du Parti de gauche, à l’époque conseiller de Paris et auteur d’un livre de réhabilitation du révolutionnaire (Robespierre, reviens !, 2012), avait soutenu cette proposition dans une tribune publiée dans Le Monde.

En 2016 encore, le journaliste et auteur d’essais historiques Jean Sévillia avait publié une tribune dans Le Figaro pour s’opposer à l’énième renaissance de cette idée à la suite d’une proposition de Danielle Simonnet.

 

Robespierre, un révolutionnaire important non-honoré

Il n’y a pas de rue, d’avenue, de boulevard ou de place Robespierre à Paris. La capitale honore pourtant des révolutionnaires dont l’œuvre pourrait être l’objet d’une polémique semblable : une rue Danton le 6e arrondissement, prolongée par une statue majestueuse à Odéon, une rue Saint-Just et une avenue Carnot dans le 17e, sans parler de la rue Bonaparte. 

Il semble donc que l’absence d’une rue ou d’une place Robespierre à Paris s’explique surtout par le fait que l’image du révolutionnaire est exécrable aux yeux d’une certaine partie de l’opinion. L’historien Jean-Clément Martin a étudié dans un livre ce processus de « démonisation » de Robespierre. 

 

Une ancienne place Robespierre à Paris 

Pourtant, il a existé une place Robespierre à Paris, de 1946 à 1950. En effet, les élections municipales du 29 avril 1945 ont permis à 27 communistes et 12 socialistes d’entrer au conseil de Paris. En outre, le Gouvernement provisoire de la République française, dont l’existence s’étend jusqu’à octobre 1946, compte de nombreux ministres socialistes et communistes.

La nouvelle municipalité renomme de nombreuses rues de Paris. Ainsi, en avril 1946, la place du Marché-Saint-Honoré est renommée en l’honneur de Robespierre. Cette décision est approuvée par un arrêté préfectoral en juin 1946.

Cette place est l’endroit où se dressait le couvent des Jacobins, siège du club des Jacobins pendant la Révolution et démolit en 1807.

Elle retrouve son nom originel en novembre 1950.

 

De nombreuses rues Robespierre en France

Toutefois, on trouve de nombreuses voies nommées en l’honneur de Robespierre (ou de Lénine et autres) dans les villes autrefois (ou toujours) dominées par le parti communiste. Ainsi, sur la ligne 9 du métro parisien, il existe une station Robespierre, qui donne accès à une grande rue Robespierre. Il est vrai que Montreuil a été le fief électoral de Jacques Duclos dans les années 1950, un des dirigeants du Parti communiste français.

On trouve aussi des rues Robespierre à Bagnolet, Bezons, Bobigny, Ivry, etc., autant de localités qui composaient l’ancienne « ceinture rouge » autour de Paris. À Saint-Denis, on peut admirer un buste de Robespierre dans le square Robespierre. On trouve aussi des rues Robespierre à Toulouse ou Montpellier et une place Robespierre à Marseille. On en trouve une à Vénissieux mais pas à Lyon. Dans la ville d’origine de Robespierre, Arras, un lycée a été nommé en son honneur. 

Adrian

https://www.laculturegenerale.com

2 réponses

  1. PG Sanois dit :

    Merci Adrian, pour cet article documenté. Je connaissais cette « saute » de l’histoire… Pas étonné que J. Sévillia & sa clique aient eu gain de cause… Dommage! « La révolution Française est un bloc… ».

  2. Jean Brochier dit :

    Sur le linteau d’une porte latérale de l’église de ma commune natale (Jallieu, Isère, aujourd’hui Bourgoin-Jallieu) figure, encore lisible, une inscription inspirée par Robespierre : « Le peuple français reconnait l’être suprême et l’immortalité de l’âme. » Au fond, c’est une tentative d’instaurer une religion d’Etat. L’exact contraire de la laïcité. Qu’en pensent ceux qui veulent sanctifier ce pape de la Terreur?

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