Ses pénates : définition & origine [expression]

Ses pénates signifie : chez soi, son foyer.

On dit souvent « regagner » ou « retourner à » ses pénates. Le terme est aussi associé à « rentrer dans », « rejoindre », « débarquer », « installer » ou « renvoyer dans » ses pénates.

Le genre du mot est incertain. 

 

Regagner/retourner à/rejoindre ses pénates : origine de l’expression


Les pénates (du latin penates, penatium) étaient les dieux domestiques romains, les protecteurs du foyer, comme les Lares qui avaient pour rôle de protéger les individus (le Lar familiaris était le dieu de la maisonnée). Des pénates étaient honorés par l’État, d’autres par les familles (un feu était placé par exemple devant leurs statues sur un autel en leur honneur, et symbolisait la pérennité de la famille). 

À lire à ce sujet : Joël Schmidt, Les 100 histoires de la mythologie grecque et romaine

Par métonymie, les pénates désignent la maison. 

Nous voici retournés à nos dieux pénates, madame, qui ne nous garderont pas longtemps, car nous serons à  Paris à la fin de novembre…

Bussy à Madame de Sévigné, 10 octobre 1682

 

Du palais d’un jeune Lapin
Dame Belette un beau matin
S’empara ; c’est une rusée.
Le Maître étant absent, ce lui fut chose aisée.
Elle porta chez lui ses pénates un jour
Qu’il était allé faire à l’Aurore sa cour,
Parmi le thym et la rosée.

La Fontaine, Le Chat, la Belette et le Petit Lapin

La forme moderne de l’expression apparaît à l’écrit dès 1802. Elle devient plus courante à la fin des années 1820 :

Mais le désastre du jour a jeté l’alarme parmi les convives de l’amphytrion ; par malheur, chacun est resté sur son appétit, s’est précipité hors de la salle la bouche béante ; notre fonctionnaire a regagné ses pénates. 

Le Figaro, 21 avril 1827

Un nouvelle ère va s’ouvrir pour le théâtre de la Porte-Saint-Martin : pour la seconde fois, Potier l’abandonne et retourne à ses pénates …

Le Diable boiteux, 16 avril 1824

 

Voir ici : pourquoi dit-on « ça fait des lustres » ?

 

Exemple contemporain


Le conseil fédéral helvète a annoncé ce mercredi 30 juin que le F-35A américain avait remporté l’appel d’offres destiné à remplacer la flotte vieillissante d’avions de chasse suisse. Lockheed-Martin l’Américain dame donc le pion à Dassault le Français… pour le moment. La gauche suisse est en bonne voie pour faire organiser une votation destinée à renvoyer le chasseur yankee dans ses pénates.

Marianne.net

 

Hier, le premier ministre Jean Castex a tout de même annoncé une bonne nouvelle : il n’y aura plus de couvre-feu à partir du 20 juin. Au lieu de devoir rejoindre ses pénates dare-dare, il sera donc possible de faire un dernier tour en ville et de prendre un verre en terrasse… mais sans concert.

Lanouvellerepublique.fr

Adrian

https://www.laculturegenerale.com

1 réponse

  1. Désir MABOYA dit :

    Excellent travail ! Merci de contribuer à notre culture

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