🧠 Testez votre QI gratuitement ! Je fais le test
1217 Vues
Enregistrer
1 commentaire
Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se brise : définition & origine

Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se brise : définition & origine

Par Publié le mis à jour le 4 min de lecture

Définition

« Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se brise » ou « tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se casse » signifie :

  • à force de s’exposer à un danger, même léger, on risque d’en être victime ;
  • à force de répéter une action qui comporte un danger, celui finit par survenir ;
  • à force de répéter les mêmes erreurs, on finit par en subir les conséquences. 

Remplir une cruche d’eau est un geste anodin qui ne semble pas comporter de danger. Mais, à force de le faire, on risque de casser un jour la cruche. L’usure peut notamment nous rendre victime d’un danger léger. Exemple : « — Non ! j’ai plus le courage que j’avais. Je suis fini. Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se casse. Et puis, depuis mon affaire en justice, je n’ai plus le même caractère. Je suis plus le même homme, quoi ! » (Anatole France, Crainquebille)

 

Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se brise / se casse : origine du proverbe

tant va la cruche a eau a la fin elle se brise se casse definition origine
Manuscrit du XVe siècle | Gallica

L’origine de ce proverbe est bien sûr obscure. « Cruche » semble avoir remplacé « pot », avec lequel on trouve des occurrences plus anciennes. Le Dictionnaire du moyen français donne plusieurs exemples du XIVe siècle :

Découvrez les réductions que La Culture Générale a dénichées pour vous (XTB, LegalPlace, LWS, 02Switch et AD.fr)

Juridique

Créez votre société en ligne

Création société | Comptabilité | Statuts | Domiciliation | Dissolution

-15% sur votre commande
XTB : et si votre argent travaillait pour vous ? Faites-le travailler. Investir sur les marchés financiers comporte un risque élevé de perte en capital.
0% de commission* + 1 action Veolia offerte avec le code promo
Voir l'offre

*0 % de commission dans la limite de 100 000 € investis par mois, 0,2 % au-delà. Des frais de conversion de 0,5 % peuvent s'appliquer.

Hébergement web

LWS.fr | Hébergement web

Profitez de -15 % sur votre panier avec notre code exclusif

-15% sur votre panier
Logiciel

Facturation électronique simple 100% gratuite

Logiciel de facturation électronique

3 mois offerts ! Code promo valable uniquement en passant par ce lien.

Code promo valable uniquement en passant par ce lien.

Hébergement web

L'hébergement internet en tout illimité

Dès 7 € HT / mois

-10% ! Code promo valable uniquement en passant par ce lien.
Automobile

AD.fr | Confiez votre véhicule à de vrais spécialistes de l’automobile et bénéficiez d’un travail soigné.

Demandez votre devis gratuit en ligne !

10€ de remise sur toutes les prestations
  • Tant va ly pos a l’iaue que brisier le voit on (La Belle Hélène de Constantinople) ;
  • Tant va le pot a l’eaue qu’en la fin brisera (Cuvelier, La Chanson de Bertrand du Guesclin) ;
  • etc.

Mais ce proverbe est encore plus ancien. Il est employé (à plusieurs reprises) dans le Roman de Renart (XIIe – XIIIe siècles) :

Fox est qui por son grant eür
Cuide estre en cest siecle asseür ;
Et si vos di bien sanz faintise,
Tant va pot a l’eve qu’il brise.
Ou tost ou tart, ou pres ou loing,
A li fort du foible besoing.

Traduction en ligne : 

Il est fou celui qui pense être assuré
de son bonheur dans ce monde.
Je vous le dis sans détour,
tant va la cruche à l’eau qu’elle se brise.
Tôt ou tard, de près ou de loin,
le fort a besoin du faible.

Au XVe siècle, on le trouve par exemple sous une forme similaire chez François Villon :

Tant grate chevre que mal gist
Tant va le pot a leau qu’il brise
Tant chauffe on le fer quil rougist
[…]

Il conserve la même forme au XVIe siècle chez Baïf (1532 – 1589):

Tant va le pot à l’eau qu’il brise :
Tel est loué qui peut se prise ;
Tant vente, qu’il pleut à la fin.

La cruche fait son apparition au XVIe, dans une expression à la forme assez différente (mais peut-être d’emploi très rare) :

Une édition de 1605 du dictionnaire français-latin dit de Jean Nicot relève le proverbe : « Tant va la cruche à l’eau, qu’elle s’y casse ». Un recueil de proverbe note en 1611  : « Tant va la cruche au Puits, qu’elle y laisse le manche. » Oudin relève dans ses Curiositez françaises (1640) : « tant va la cruche à l’eau qu’enfin elle se brise .i. l’on continüe tant une chose qu’à la fin on y est attrapé ». On le trouve sous cette forme chez Molière (1622 – 1673):

Sachez, Monsieur, que tant va la cruche à l’eau, qu’enfin elle se brise ; et comme dit fort bien cet auteur que je ne connais pas, l’homme est en ce monde ainsi que l’oiseau sur la branche, la branche est attachée à l’arbre, qui s’attache à l’arbre suit de bons préceptes, les bons préceptes valent mieux que les belles paroles, les belles paroles se trouvent à la cour.

Dom Juan, V, 2, Sganarelle

Oudin (1595 – 1653) a traduit (1662) « tant va la cruche à l’eau, qu’à la fin elle se brise » en italien par « tanto va la Caprazoppa, che nel Lupo s’intoppa » (la chèvre boiteuse s’en va si le loup ne l’attrape pas). Beaumarchais (1732 – 1799) a détourné le proverbe : 

Basile : Prenez garde, jeune homme, prenez garde ! le père n’est pas satisfait ; la fille a été souffletée ; elle n’étudie pas avec vous. Chérubin ! Chérubin ! vous lui causerez des chagrins ! Tant va la cruche à l’eau…

Figaro : Ah ! voilà notre imbécile avec ses vieux proverbes ! Eh bien, pédant ! que dit la sagesse des nations ? Tant va la cruche à l’eau, qu’à la fin…

Basile : Elle s’emplit.

Figaro, en s’en allant : Pas si bête, pourtant, pas si bête !

Le Mariage de Figaro I, 4

Frédéric Dard aussi : « Tant va l’homme à la cruche qu’à la fin il se case »