Tête de Turc : définition & origine [expression]

Tête de Turc signifie : une victime de moqueries et d’attaques, une bouc émissaire, une bête noire. 

 

Tête de Turc : origine de l’expression


L’expression ne vient pas directement du fait que l’Empire ottoman, ancêtre de la Turquie moderne, incarnait l’« Autre » dans la culture européenne (l’expression n’existe qu’en espagnol chez nos voisins), mais des jeux de la fête foraine : c’était un dynamomètre représentant une tête de Turc avec son turban sur lequel on pouvait frapper, avec son poing ou avec un marteau, et mesurer ainsi sa force.

La coutume du port du turban, exotique et associé aux mystères magiques de l’Orient que le monde forain apprécie (c’est un endroit hors du temps commun où les individus « voyagent »), a dû jouer bien plus dans le choix du Turc comme victime plutôt qu’une quelconque xénophobie. Par ailleurs, on dit aussi, – expression plus positive -, fort comme un Turc.

En fait d’autres divertissements orientaux, on trouvera au Château-Rouge le tir à l’oiseau égyptien, le jeu de siam, et une grosse tête de Turc sur laquelle le vainqueur de Nézib viendra appliquer un énorme coup de poing pour essayer ses forces. 

Le Charivari, 3 juin 1846

Par extension métaphorique, une tête de Turc désigne celui qui est frappé, attaqué, la victime de railleries, puis le bouc émissaire, la victime exclusive et expiatoire. Cette expression apparaît vers 1860 dans les écrits.

Ce système est de commencer par se choisir, si notre écrivain se destine à la critique, une bonne tête de Turc, – j’entends une Bête noire, à tort ou à raison, devant l’opinion publique, soit qu’il s’agisse simplement d’un homme ridicule, soit qu’il s’agisse d’un homme taré.

Nadar, Mémoires du géant, 1864

 

Je souffrais réellement et regrettais de ne pas avoir à ma portée l’ami phraseur de la dame pour se décharger sur lui ma bile. J’avais besoin d’une tête de Turc. 

Hix, Qu’en pensez-vous ?, 1867

 

Voir ici : pourquoi dit-on « au fur et à mesure » ?

 

Exemple contemporain


Le cauchemar d’Evaëlle, décrite comme « précoce et extravertie » par ses parents, avait débuté dès la rentrée 2018. Pour une histoire de cartable trop lourd, un conflit s’était noué avec cette enseignante qui avait fait d’elle sa « tête de Turc » et « encouragé » certains de ses camarades à la harceler, selon ses parents.

Lemonde.fr

Adrian

https://www.laculturegenerale.com

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