« À toute heure » ou « à toutes heures » ?

On écrit : à toute heure.

En effet, « toute » est ici synonyme de « n’importe quelle ». Cet adverbe permet d’inclure toutes les heures, il désigne un ensemble indifférencié. Le pluriel est redondant.

Ce type de construction se trouve souvent : « accès interdit à toute personne étrangère au service », « tout citoyen a le devoir de défendre sa patrie », etc.

D’ailleurs, une recherche sur google n-gram semble indiquer que le pluriel est resté relativement rare à l’écrit, même si on en trouve des emplois limités sur Gallica. Il n’est pas une faute.

 

À lire ici : « de toute façon » ou « de toutes façons » ?

 

Exemples avec « à toute heure »


De victimes moi-même à toute heure entourée,
Je cherchais dans leurs flancs ma raison égarée,
D’un incurable amour remèdes impuissants!

Phèdre, I, 2, Phèdre

 

Oh ! la sainte vie privée, où est-elle ? Paris est une ville qui se montre quasi nue à toute heure, une ville essentiellement courtisane et sans chasteté.

Balzac, Petites misères de la vie conjugale

À lire ici : quand mettre un trait d’union avec quasi ?

 

Ce que je trouvais de mon goût dans sa chambre, ce qui avait attiré mon attention, parmi les bagatelles dont ses tables étaient couvertes, elle voulait me le donner, que je l’emportasse le soir même et que je le misse sur ma cheminée ; ce qu’elle ferait dorénavant, le matin, le soir, à toute heure, que je le réglasse à mon plaisir, et qu’elle ne se souciait de rien ;

Musset, La Confession d’un enfant du siècle

Adrian

https://www.laculturegenerale.com

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