On écrit : une demi-heure. En effet, devant un nom (ou un adjectif) auquel il est relié par un trait d’union, « demi » est invariable. « Heure » varie cependant : des « demi-heures ». « Demi » prend en outre la marque du pluriel dans « une heure et demie ». Cette invariabilité du préfixe « demi- » est déroutante. C’est un adjectif, qui s’accorde habituellement en genre et en nombre avec le nom qu’il qualifie. Cependant, selon Le Bon Usage, cette invariabilité est courante lorsque le receveur d’accord (l’adjectif dans ce cas) précède le donneur d’accord (le nom) : « à quoi bon une révolte », « vive les vacances ! », « feu la reine », etc.

Ce billet de blog rappelle que l’invariabilité du préfixe demi- n’a pas toujours été de rigueur (on trouve « demie heure », sans trait d’union, dans ce texte de 1561) , et qu’elle a été imposée par le grammairien Vaugelas (1585 – 1650), pour des raisons obscures qui semblent avoir tout de l’arbitraire. Dans ses Remarques sur la langue françoise (1647), le grammairien dit de « vraisemblance », mot composé lui aussi d’un adjectif et d’un nom, que son « e » est mangé pour que la prononciation soit « plus douce et plus courte », ce qui se défend mal (on ne comprend pas, alors, pourquoi demiheure n’est pas soudé, pour marquer le fait qu’il ne forme qu’un seul mot, ou pourquoi le « e » de maniement s’est maintenu). On peut peut-être l’expliquer autrement par le fait que le prédicat « demi » précède le nom, et qu’il n’est donc pas possible de savoir préalablement comme l’orthographier.

Exemples : 

  • Cela fait une demi-heure que je t’attends devant le restaurant !
  • J’ai fait des exercices de gymnastique pendant environ une demi-heure.
  • Les travailleurs de cette entreprise ont droit à deux demi-heures de pause par demi-journée.
  • On apprendre parfois plus de choses en conversant une demi-heure dans un café de Paris qu’en végétant des journées entières sur internet.

À lire en cliquant : l’ensemble des règles d’accord de « demi »