Au pinacle : définition & origine [expression]

Au pinacle signifie : au-dessus des autres, comblé d’honneurs et d’éloges.

On dit être, élever ou porter au pinacle. Anciennement : « mettre quelqu’un sur le pinacle », l’élever au-dessus des autres, et « être sur le pinacle », être comblés d’honneurs, de louanges, etc.

 

Porter au pinacle : origine de l’expression


Le pinacle, du latin ecclésiastique pinnaculum, dérivé de pinna, « plume, aile », a d’abord désigné la partie la plus élevée du temple de Jérusalem ou une aile du temple, où Jésus fut emmené alors que le démon le tentait, puis, par extension, la partie la plus élevée d’un édifice (synonyme de faîte), couronnée d’un clocheton par exemple, ou, autre exemple, un clocher. C’est aussi la partie la plus élevée d’un ensemble rocheux. 

 

Voir ici : pourquoi dit-on « une pendaison de crémaillère » ?

 

porter au pinacle definition

Le pinacle de l’abbaye du Mont-Saint-Michel | Photo de Fab Lentz

 

L’usage métaphorique de l’expression semble dater du milieu du XVIIe siècle : 

Je vous suis obligée ;
Mais avec tous ces biens que vous exagerez,
Amy, je ne suis pas si fort avantagée
Que vous le figurez.
J’en conviens avec vous,
Se voir sur le Pinacle, 
Peut flatter notre ambition ;

Mercure galant, 1661

 

Je ferai tous vos compliments, quand ils seront vraisemblables ; je les ai faits à Mme de Sully, qui vous en rend mille de très-bonne grâce, et à la Comtesse[2]. qui est trop plaisante sur M. de Lauzun, qu’elle voulait mettre sur le pinacle, et qui n’a encore ni logement à Versailles, ni les entrées qu’il avait. 

Madame de Sévigné, Lettres, 17 janvier 1689

 

[…] les Turcs qui selon lui devaient ruiner la Maison d’Autriche, l’ont remise sur le pinacle par leurs pertes continuelles. 

Pierre Bayle, Dictionnaire historique et critique

 

La forme « porter au pinacle » apparaît au XIXe siècle :

L’ancien régime ayant eu des abus, on s’en autorise pour regarder comme un abus tout ce qui, hommes et choses, appartenait à ce régime ; ce qui n’empêche pas de porter au pinacle, malgré ses horreurs, les hommes et les choses de la révolution.

Montlosier, Le Ministère et la Chambre des députés

 

Exemples


En somme, sans pouvoir dire encore qu’il soit au pinacle, il a conquis de haute lutte une fort jolie position et le succès qui ne va pas toujours qu’aux agités et aux brouillons, aux faiseurs d’embarras qui sont presque toujours des faiseurs, le succès a récompensé son effort.

Proust, À la recherche du temps perdu

Adrian

https://www.laculturegenerale.com

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *