Avoir la gueule de bois signifie : avoir une migraine le lendemain de l’ivresse, se sentir mal au réveil après avoir trop bu. Par extension : déchanter après une désillusion. Traductions :

  • anglais : to have hangover, to be hungover ;
  • allemand : einen Kater haben ;
  • espagnol : resaca ;
  • italien : ? ;

 

Avoir la gueule de bois : définition & origine [expression]


Cette expression argotique apparaît dans la deuxième moitié du XIXe siècle. Le Dictionnaire de la langue verte (1866) de Delvau relève :

se sculpter une gueule de bois. Commencer à se griser. 

Il est possible d’en déduire que la « gueule de bois » fait référence à la « dureté » de la tête et de l’esprit de celui qui a trop bu la veille. En même temps, L’Argot du XXe siècle (1901) de Bruant place cette expression après « bouche pâteuse ». La gueule de bois fait en effet aussi référence à la bouche rêche, comme du bois, de celui qui a trop bu. Au début du XXe siècle, le terme pseudo-scientifique xylostomie (du grec bois et bouche) a été employé quelque fois comme synonyme amusant, mais il est inconnu du grand public :

La xylostomie est une maladie aiguë,  mais non contagieuse. Cependant, elle éclate – exception faite pour l’Amérique sèche – au milieu des petits agglomérations d’êtres humains.

Adam, 1926

Exemples avec l’expression :

  • Le lendemain, dame ! J’avais comme on dit vulgo, un peu la gueule de bois ; ma montre au clou depuis huit jours ne me donnait pas précisément l’heure… (L’Éclipse, 1 janvier 1877)
  • « Vous penserez ce voudrez, dit-il, mais moi je n’aime que le vin, toutes vos sacrées liqueurs vous empâtent la bouche, et quand, le soir, on a un peu chauffé le four, le lendemain, on s’éveille avec la gueule de bois. (Louis Davyl, 13, rue Magloire, 1881)
  • Selon des enquêtes régulières, il semblerait que de nombreux employés de bureau viendraient le matin avec la gueule de bois, après avoir passé une plaisante soirée avec leurs collègues.
  • Après leur défaite en demi-finale, les bleus ont la gueule de bois.