Conter fleurette : définition & origine [expression]

Conter fleurette : faire la cour à quelqu’un, essayer de séduire quelqu’un, tenir des propos galants.

 

Conter fleurette : origine de l’expression


Alain Rey et Sophie Chantreau (Dictionnaire d’expressions et locutions) disqualifient les hypothèses qui voient dans l’expression une évolution de « conter fleuret », se battre en duel, ou « compter des fleurettes », c’est-à-dire compter une monnaie marquée d’une fleur. Elles ne sont pas attestées. L’hypothèse qui lie l’expression aux amours de Henri IV (règne de 1589 – 1610) se heurte au fait qu’elle n’apparaît dans les sources écrites qu’au milieu du XVIIe siècle.

Pour les deux auteurs, « conter fleurette » sanctionne la spécialisation du mot « fleurette», qui signifiait « bagatelle », et fleuretter, « dire des balivernes », probablement dérivé de « fleur », accessoire des amours.

Aussi, que vous cherchiez de ces sages coquettes
Où peuvent tous venants débiter leurs fleurettes
Mais qui ne font l’amour que de babil et d’yeux,
Vous êtes d’encolure à vouloir un peu mieux.

Corneille, Le Menteur

« Conter à une femme » signifiait « essayer de la séduire ».

Le Dictionnaire (1690) de Furetière définit ainsi fleurette :

qui ne se dit qu’au figuré de certains petits ornements du langage, & des termes doucereux dont on se sert ordinairement pour cajeoller les femmes. C’est un diseur de fleurettes. Il conte fleurettes à cette Dame, c’est à dire, Il luy fait l’amour.

La 1ere édition du Dictionnaire de l’Académie :

Il signifie fig. Cajeolerie que l’on dit à une femme. Dire des fleurettes, conter des fleurettes. elle aime les fleurettes.

 

Voir ici : pourquoi dit-on « en catimini » ?

 

Exemples


Ses cheveux blonds s’humilians plus que son humeur, luy baisent sans contrainte le genoüil ; & ils sont & plians, qu’on en fait ce que l’on veut. Ses yeux sont si bien fendus, bleus, & admirablement beaux, plus propres à donner de l’amour, que son cœur d’en prendre, (cecy soit dit en passant, pour faire connoistre aux Courtisans le danger qu’il y a de luy conter fleurettes publiques ou secrettes). 

Mademoiselle de Montpensier, 1659

 

Elle fit donc semblant de rentrer chez elle, mais au lieu de descendre l’escalier en sortant de chez les Grabu, elle le monta, et alla se cacher dans le foin, pour attendre son amoureux. Il l’y rejoignit bientôt, et il commençait à lui conter fleurette, quand la porte de ce grenier s’ouvrit de nouveau et le maître d’école parut et demanda :

Adrian

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