Comme un coq en pâte : définition & origine [expression]

Être comme un coq en pâte signifie : être entouré de soins, être dans une situation très agréable, être choyé, être dorloté.

 

Être comme un coq en pâte : origine de l’expression


L’emploi le plus ancien semble se trouver chez Madame de Sévigné (1626 – 1696) : 

Mme de Brissac voit très-facilement le comte de Guiche chez elle : il n’y a point d’autre façon ; on ne les voit guère ailleurs. Elle ne va point souvent chez M. de la Rochefoucauld ; Mme de la Fayette est à sa petite campagne : je ne vois aucune liaison entre eux et cette duchesse. Cette dernière contemple son essence comme un coq en pâte : vous souvient-il de cette folie ?

Lettre à Madame de Grignan, 20 avril 1672

Il faut remonter sinon à la 1re édition du Dictionnaire de l’Académie (1694)

On dit prov. d’Un homme qui est fort mollement & à son aise, qu’Il est là comme un coq en paste. Quelques-uns le disent aussi, d’Un homme qui est dans une posture contrainte & gesnée, & enveloppé d’oreillers, de couvertures &c.

Ces extraits ne nous renseignent pas sur l’origine obscure de cette expression.

Le Dictionnaire d’expressions et locutions (Sophie Chantreau, Alain Rey) est riche d’hypothèses. Il relève notamment l’existence des expressions synonymes « coq au panier » (introuvable) et « être coq de bagage » (très rare et pas antérieure). La pâte mystérieuse pourrait venir de la paronomase avec « panier », et sa présence pourrait avoir été favorisée par l’analogie entre le confort supposé de la pâte avec celui d’un lit. Il pourrait y avoir en outre métonymie : l’idée d’être dorloté ou d’être à l’aise pourrait avoir été transmise par l’idée du bon goût du coq farci ou du pâté de coq.

À lire ici : terrine & pâté, quelle différence ?

Mais un coq en pâte peut aussi être une volaille engraissée avec du pâté (enfermée dans une caisse ou un panier ?) pour être plus succulente à la dégustation. S’empâter, c’est être bien nourri et, par extension, vivre une vie de confort qui mène au ramollissement.

Gide (1869 – 1951) a inventé « coqempâté » :

J’ai trouvé un Jammes très épaissi , très coqempâté par le mariage . « Dites s’il n’a pas l’air heureux ! » dit Ginette ?. Évidemment son siège est fait .

Journal, 1887 – 1925

Balzac (1799 – 1850) a écorché l’expression dans la bouche de la prostituée Esther :

— Mais, dit Esther confidentiellement à ses amies qui le redirent au baron, au Carnaval, j’ouvre mon établissement, et je veux rendre mon homme heureux comme un coq en plâtre. Ce mot devint proverbial dans le monde Fille.

Splendeurs et misères des courtisanes

Adrian

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