« De Henri » ou « d’Henri » ? Orthographe

On écrit : « de Henri » ou « d’Henri ». 

Les deux formes sont admises. 

 

À lire ici : « le haricot » ou « l’haricot » ?

 

On élide « de » devant un nom commençant par une voyelle ou un « h » muet (qui ne se prononce pas). Le fait que le nom soit un nom propre n’y change rien : d’Antoine, d’Étienne, d’Estonie, d’Indonésie, d’Olivier, etc.

Seulement, le statut du « h » initial dans les prénoms n’est pas fixé : ils peuvent être considérés comme des h aspirés (devant lesquels il ne faut pas faire l’élision, comme devant « Hongrie » : de Hongrie, car la Hongrie), ou des h muets.

Ainsi, on peut écrire « d’Henri » ou « de Henri », « d’Hector » ou « de Hector », « d’Hugo » ou « de Hugo », « de Hubert » ou « d’Hubert », etc. On peut noter au passage que dans « Saint Hubert », la liaison est en général effectuée.

Si l’on se fie à certains chiffres, on peut constater que l’usage sur cette question est très divisé. Sur Gallica, on relève 55 137 résultats pour « de Henri », 45 764 pour « d’Henri ». Google n-gram montre une plus grande popularité historique de « de Henri », mais le rapport s’est inversé ces dernières années.

On trouve chez Chateaubriand (1768 – 1848) : 

[…] la ville d’Henri IV et Louis-le-Grand était assise dans le voisinage. 

Génie du christianisme, édition de 1802

Et chez Voltaire (1694 – 1778) : 

Les princes de Brandebourg & de Neubourg deja en possession & unis par le danger en attendant que l’intéret les divisât, soutenus de l’électeur Palatin Frédéric IV. implorent le secours de Henri IV. roi de France. 

Annales de l’Empire, 1753

 

Autres exemples, chez les historiens contemporains : 

[…] le roi avait voulu que la première cérémonie expiatoire à la mémoire de son frère et des victimes de la Révolution ait lieu à Notre-Dame le 14 mai, date anniversaire de l’assassinat d’Henri IV par Ravaillac, le ligueur fanatique, en 1610

Emmanuel de Waresquiel, Penser la Restauration (2020)

 

Un rapide saut dans le temps est nécessaire. Nous avons laissé Paris en proie à la Ligue, et le royaume décapité par l’assassinat de Henri III, à l’été 1589.

Bernard Cottret, L’Édit de Nantes (2016)

On peut noter cependant que la version féminine « Henriette » était le plus souvent précédée de l’élision.

Adrian

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