Étouffe-chrétien : définition & origine [expression]

De l’étouffe-chrétien signifie : une nourriture étouffante, bourrative, d’une consistance épaisse.

 

Étouffe-chrétien : origine de l’expression


Ce terme semble venir du centre de la France. Un Glossaire du centre de la France (1856) le définit comme une :

pâtisserie indigeste, [une] galette épaisse et lourde.

Une Revue des traditions populaires de 1895 le relève aussi.

Le terme est donc très rare dans les écrits jusqu’à la deuxième moitié du XXe siècle

Il est employé dans une chronique du journaliste Henry Boyer en 1897, mais à propos d’un voyage en Bretagne, où il décrit, peut-être, d’un far :

Le dit maire m’indique un épicier-charron qui héberge, lui aussi, ses amis, on pourra me donner quelques relief du festin. Il est deux heures, j’avalerai n’importe quoi, enfin on me sert une ratatouille infâme au chien de mer, du mouton aux pruneaux et de cet étouffe-chrétien aux œufs à la graisse, dont les bretons se régalent. 

Le Parisien, 8 décembre 1897

Autre emploi encore plus éloigné du centre de la France : 

Au seul restaurant de la ville on nous sert un repas mexicain : des « nuevos rancheros », œufs brouillés au poivre rouge (chili), aux tomates et aux oignons, puis des « enchiladas », faites de « tortillas », gâteaux de pâte de maïs pétris avec les mains sur un petit tabouret ; c’est le pain du Mexicain. Tandis que nous faisons d’énergiques efforts pour ingurgiter cet « étouffe-chrétien », assaisonnée d’une sauce encore plus pimentée […]

Le Globe : Journal géographique. Organe « puis » Bulletin de la Société de géographie de Genève, 1903

 

Le Dictionnaire historique de la langue française évoque une variante de Sologne, « étouffe-coquin», que l’on trouve toutefois dans une revue de Jules Vallès sur la rue à Paris : 

Deux minutes de feu, pas plus ; et encore nous sommes patients ! on s’arrache les morceaux et nous goûtons : c’est pis que la pâte spongieuse appelée chez nous étouffe-coquin : figurez-vous de la colle sans beurre ni sel mal cuite ou calcinée.  

La Rue : Paris pittoresque et populaire, 4 janvier 1868

 

À lire ici : pourquoi dit-on « avoir la gueule de bois » ?

 

Exemple contemporain :


Les oeufs miroir, le bacon, le yogourt — « qui est très bon chez vous » — et le café au lait annonçaient pourtant douceur et réconfort, dans les brumes d’un décalage horaire, au lendemain d’un vol en provenance de Suisse. Mais il a fallu, à la volée, interpeller le serveur pour y ajouter un verre d’eau. « C’est un peu étouffe-chrétien ce truc », laisse tomber à la fin d’une bouchée le journaliste Arnaud Bédat, avant d’éclater de rire.

Ledevoir.com

Adrian

https://www.laculturegenerale.com

1 réponse

  1. Rossi dit :

    Vous avez fait une recherche pour voir historiquement quand est apparue l’expression et on comprend bien ce que veut dire l’expression en revanche pas d’explications sur le pourquoi de l’expression.. Dommage je reste pour le coup sur ma faim…. 😁

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