Faire chou blanc : définition et origine de l’expression

Faire chou blanc signifie : échouer, rater, n’avoir rien trouvé.

 

Faire chou blanc : origine de l’expression


L’expression vient du jeu de quilles : faire chou blanc, c’est ne rien abattre. L’Encyclopédie (1751 – 1765) explique ainsi :

On tire d’abord à qui aura la boule. Celui à qui elle est échue, joue le premier, & celui qui est à jouer le dernier, met le but, à moins que cet avantage n’accompagne la boule par convention faite. Il faut, pour gagner la partie, faire précisément le nombre de quilles qu’on a fixé ; car si on le passe, on creve, & on perd la partie, quand celui contre qui l’on joue, n’en auroit pas même abattu une.
Voyez Tiret la boule, Avoir la boule, Mettre le but & Crever, à leur article. Celui qui fait chou-blanc, perd son coup, c’est-à-dire, ne compte rien, puisqu’il n’a rien abattu.

Le mot passe au XIXe siècle dans l’argot au sens d’« échouer ». Delvau note ainsi dans son dictionnaire de 1866 :

Faire chou-blanc. Échouer dans une entreprise ; manquer au rendez-vous d’amour ; revenir de la chasse le carnier vide, etc.

Dès le XIXe, « chou blanc » est présenté comme une déformation par le patois du centre de la France de « faire coup blanc » :

[…] et le Glossaire du comte Jaubert nous apprend que chou se dit pour coup dans le patois du centre de la France, en vertu de la prédominance du ch sur le c. Or, cela connu, je suis autorisé à croire que,  la prononciation chou pour coup ayant parfaitement pu s’introduire en français comme terme du même jeu, faire chou blanc n’est autre chose que faire coup blanc, un coup qui ne produit aucun résultat pour le joueur.

Le Courrier de Vaugelas, 15 avril 1878

Le Littré suit cette explication.

Toutefois, « faire coup blanc » n’est pas attestée.

Dans La Puce à l’oreille, Duneton développe une explication plus élaborée. Selon lui, l’expression pourrait en effet venir de « coup blanc », et il donne pour appuyer cette hypothèses deux exemples :

« Je les exhorte à prendre courage… Mais trop peu en nombre, nos coups ne firent que blanchir » (Journaux camisards, 1730) – c’est-à-dire ne produisirent que de la fumée blanche dans le paysage, sans autre effet. Et aussi : « Laisse-moi jouer, je veux faire la blanche. – Oui, ton coup s’ra en blanc, mon fiston ! » (RÉTIF, Le Paysan perverti, 1782).

Le passage du coup au chou aurait pu naître dans les armées révolutionnaires par moquerie de l’accent paysan, mais Duneton relève que rien ne l’atteste.

Bref, il est bien plus probable que cette expression du jeu de quilles ait été construite à partir de la valeur d’« échec » associée à « chou», qui se retrouve par exemple dans « être dans les choux », et qui vient sûrement de la paronymie entre « chou » et « é-chou-er », et de la valeur de « vide », « manque », « vide » liée à « blanc ».

 

Voir ici : pourquoi dit-on « ménager la chèvre et chou » ?

 

Exemple


« Plus d’une fois, sa curiosité l’a mis en position d’anticiper les points de bascule du marché de la BD », commente un fan de bulles. Son fait d’armes le plus emblématique : l’introduction des mangas en France (voir encadré ci-dessus). Parti à Tokyo en 1989 pour vendre les droits de ses albums, Jacques Glénat fait chou blanc. En revanche, ses interlocuteurs le persuadent de lancer les mangas dans l’Hexagone.

Lesechos.fr

Adrian

https://www.laculturegenerale.com

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