On écrit : gaîté, « gaieté » ou « gaité ». Les trois graphies sont admises. Dérivé de gai, ce mot, d’abord noté gaieté ou gayeté, indiquant une prononciation en trois syllabes (gai-ye-té), a connu quatre graphies successives. Il est enregistré sous la forme gayeté dans le Thesor de la langue française (1606) de Jean Nicot, qui le rapporte notamment à l’alacrité, ainsi que dans le Furetière (1690) et dans la première édition du Dictionnaire de l’Académie française (1694). L’expression « de gayeté de cœur », toujours en usage, est au reste relevée par les deux dictionnaires. Les éditions successives du Dictionnaire de l’Académie permettent de suivre l’évolution de la graphie de ce mot : il devient « gaieté » à la troisième édition (1740), « gaieté » ou « gaîté » à la 5e édition (1798), l’accent circonflexe venant marquer la disparition du « e », puis « gaieté » uniquement depuis la 8e (1935). La 9e édition (en cours de rédaction) note que l’« on trouve aussi gaîté », et relève la graphie « gaité » permise par les recommandations de rectifications orthographiques de 1990. Ces dernières, en effet, recommandaient de ne plus plus rendre obligatoire l’accent circonflexe sur « i » (ainsi que sur le « u »), à l’exception de quelques cas.

« Gaieté » a toujours dominé « gaîté », comme en témoigne l’outil Google Ngram, ou les résultats renvoyés siècle par siècle par Gallica (pour gaieté et pour gaîté). Seul un exemple avec gaîté se trouve en outre dans le Littré (1863). On écrit toujours : théâtre et rue de la Gaîté, et la Gaîté Lyrique. « Gaîté » ne semble pas « vieille » comme on peut le lire parfois. « Gaité » se trouve notamment dans la presse ou sur les réseaux sociaux. Google propose paradoxalement de corriger « gaité » et en « gaieté ». « Gayeté » s’est effacé au XVIIIe siècle.

Exemples :

  • « Mon père a plus d’une fois tâché de réprimer ma gaieté, car je témoignais des joies qu’on trouvait inconvenantes […] » (Balzac, La Femme de Trente ans)
  • « Vous avez une raison pour faire, de gaîté de cœur, une telle révélation. » (Hugo, Les Misérables)
  •  « La soirée du réveillon sera donc placée sous le signe de la gaité, même s’il faudra quitter l’établissement avant 2 heures du matin. »  (francetvinfo.fr)