« Imposteur » : quel est le féminin ? Imposteuse ? Impostrice ?

Quel est le féminin de « imposteur » ? Imposteuse ? Impostrice ? Imposteur n’a pas encore de féminin bien imposé

En effet, aucune forme féminine d’imposteur ne s’est développée. Il est par exemple présenté comme un nom masculin dans la 9e édition du Dictionnaire de l’Académie française.

Pourtant, en français, la dérivation en -trice des noms d’agents en -teur est possible s’ils ne sont pas dérivés d’un verbe (Marina Laguello, Les Mots ont un sexe).

Ainsi, on dit lecteur/lectrice, cultivateur/cultivatrice, exécuteur/exécutrice, etc.

 

À lire en cliquant ici : quel est le féminin d’auteur ? « Autrice » ? « Auteure » ?

 

Pourquoi n’y a-t-il pas de féminin ?


Cette absence est inexpliquée et le Grevisse ne s’étend pas sur le sujet. Il relève l’utilisation de « imposteuse » par Giraudoux :

— Mais oui, continuait l’imposteuse, vous laissez votre pharmacienne pour suivre une malheureuse vieille fille, et vous ne pourrez même pas lui dire adieu car elle part au train de deux heures trente.

Provinciales, 1922

Cet extrait de Giraudoux est l’occurrence la plus célèbre. Gallica ne renvoie qu’à 114 résultats pour le mot-clé imposteuse (aucun résultat avant le XIXe siècle) et à 16 pour impostrice.

L’absence de forme féminine à « imposteur » s’explique peut-être par son étymologie : ce terme vient du latin impérial impostor, « imposteur », de genre masculin, dérivé de imponere au sens « en imposer à quelqu’un, donner le change, abuser de quelqu’un ». ll a été introduit en français au XVIe siècle par Rabelais (cf. Dictionnaire historique de la langue française).

Mais l’étymologie n’explique pas à elle seule l’absence de féminin. Est-elle due à une question d’euphonie ? « Impostrice » ou « imposteuse » ont peut-être paru peu élégant. 

On peut donc utiliser ces néologismes pour combler le besoin, si le besoin se fait sentir, en attendant que l’usage tranche.

Il reste possible, sinon, d’utiliser « imposteur » avec un nom féminin, même si cet usage peut paraître peu harmonieux :

  • Cette femme est un imposteur.
  • Léa est un imposteur !

On peut en outre utiliser le synonyme « usurpatrice ».

Il faut signaler l’existence en physique de « supernovas imposteuses ».

Adrian

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10 réponses

  1. carole Gidon dit :

    Je suis une impostrice… Mon fils m’a qualifiee ainsi, et je trouve ça judicieux, vu mon parcours.

  2. Benetel dit :

    « imposteur.e » si l’on suit la dictature actuelle de l’écriture inclusive

  3. eric dit :

    @Benetel : TGPV ?

  4. Anne dit :

    on pourrait aussi écrire imposteure…comme auteure…

  5. Achard dit :

    Oui pour le féminin : une «imposteure », comme pour une «auteure ». L’intérêt c’est que le mot, tel quel, est déjà familier à notre oreille. Il est donc inutile de créer des néologismes tels que « impostrice » ou « imposteuse » qui peuvent sembler assez rébarbatifs pour l’oreille.

  6. Noussommestousdesféministes dit :

    Féminiser un mot c’est rendre visible et audible le féminin et les femmes dans la langue parlée tous les jours. Je trouve qu’il est bien préférable d’utiliser autrice que auteure, et donc impostrice ou imposteuse qu’imposteure. Ainsi on entend réellement un mot autre que le masculin. Certes il faut que l’oreille s’y fasse, mais ça prouve bien que nous sommes trop habitué.e.s à cet absence du féminin dans le vocabulaire. Ainsi, à ceux et celles qui préfèrent auteure à autrice, j’ai envie de demander, vous viendrait-il à l’idée de dire que Marion Cotillard ou Catherine Deneuve sont des acteures ?

  7. David dit :

    Est-ce que l’auteur de cet article, ainsi que les différents commentateurs, ont-ils jamais consulté le célèbre dictionnaire de référence Le Godefroy (10 volumes), pour le français du Moyen-Age qui contient pléthore de féminins anciens ? Le volume 4, page 566, mentionne « imposteresse » avec pour définition « celle qui commet des impostures » (cf https://micmap.org/dicfro/search/dictionnaire-godefroy/). Ce qui prône à tout crin la féminisation des termes de profession et autres feraient bien de consulter cet ouvrage plutôt que de chercher à réinventer la roue avec des horreurs comme « imposteure », qui plus est ne permet aucune différence phonétique… A la rigueur, imposteuse ou impostrice, mais merci de vous souvenir de l’ancien français qui comportait un grand nombre de terme féminins se terminant en « eresse », « oresse » ou « aresse ».

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