29 insultes anciennes à utiliser aujourd’hui !

Cette liste comprend 29 insultes anciennes. Il n’appartient qu’à vous de les remettre au goût du jour !

Après ces insultes, on peut consulter la liste des 18 anciens jurons que l’on peut utiliser encore aujourd’hui (Jarnicoton ! Mazette ! Scrogneugneu !).

Je n’ai pas ajouté les jurons du capitaine Haddock (crétin des Alpes, moule à gaufre, bachi bouzouk), ni certaines prétendues « insultes anciennes » proposées par certains sites internets, mais qui ne semblent pas avoir été utilisées comme telles par nos ancêtres.

Cette liste est bien sûr ouverte à vos suggestions. 

 

Bélître !


insultes anciennes

Les Hommes se disputent, Louis Léopold Bailly, 1818 | Wikimedia Commons

Un bélître est un sot, un gueux, un mendiant.

Exemples

Ton ami est un franc bélître !

Bélître, comprends donc que je me suis défié de ta pauvre vanité.

Balzac, L’Enfant maudit

Allez, bélître de pédant.

Le Bourgeois gentilhomme, II, IV, Le Maître de musique

 

Butor !


Le butor est d’abord un petit oiseau échassier, type héron.

Mais lorsque l’on dit que quelqu’un est un butor, on dit qu’il est sot, grossier, maladroit.

Il existe le féminin butorde.

Exemples

Va-t’en butor ! Je te méprise !

Elle l’avait traitée de butorde avant de repartir d’un pas ferme.

Fi ! peste soit du butor !

Molière, Fourberies de Scapin, I, 2, Scapin

 

Andrée : Est-ce, madame, qu’à la cour une armoire s’appelle une garde-robe ?

La comtesse : Oui butorde ; on appelle ainsi le lieu où l’on met les habits.

Ibid, La comtesse d’Escarbagnas, Scène III

 

[…] je n’osais sortir de ma place, et je laissais ramasser le gant par un gros butor de valet que j’aurais volontiers écrasé.

Rousseau, Confessions

 

Ma foi ! j’en ai honte pour l’honneur de l’intelligence humaine. Ce butor m’appelle son ami.

Dumas, La Dame de Monsoreau

 

Maraudfaquinbutorde pied plat ridicule !

Rostand, Cyrano de Bergerac, Premier acte, Le vicomte

 

Cuistre !


Fier de son savoir, le cuistre est vaniteux, manque de savoir-vivre, il est pédant (encrassé ajoute le Littré) et ridicule.

Le personnage de Molière Trissotin, dans Les Femmes savantes, est l’archétype du cuistre.

C’est une espèce que l’on rencontre souvent sur les réseaux sociaux.

Exemples

Celle-là, c’est la reine des cuistres !

Trissotin : Allez, fripier d’écrits, impudent plagiaire.

Vadius : Allez, cuistre

Molière, Les Femmes savantes, III, 1

 

Allez, cuistre fieffé.

Le Bourgeois gentilhomme, II, IV, Le Maître à danser

 

Mais je hais les cagots, les robins et les cuistres.

Musset, Premières poésies, La Coupe et les Lèvres

 

Jarnicoton ! Mazette ! Scrogneugneu ! Voir ici 18 anciens jurons que l’on peut utiliser encore aujourd’hui.

 

Faquin !


Le faquin est d’abord un portefaix, celui qui porte des fardeaux, puis un mannequin sur lequel on s’exerçait à la lance.

Il est devenu un personnage méprisable et sot.

Exemples

Ce faquin de boulanger m’a vendu du pain dur !

Le ministre est un fieffé faquin.

Alors le noble altier, pressé de l’indigence,
Humblement du faquin rechercha l’alliance

Boileau, Satire V

 

Approche, approche, Cinthia ; montre-nous ta poitrine et ton dos, et fais voir à ce faquin de Georges que le bon Dieu n’est pas encore aussi maladroit qu’il veut bien le dire.

Théophile Gauthier, Fortunio

 

À Naples, Ébid, de Macédoine,
Fut pendu ; c’était un faquin.

Hugo, La Légende des siècles, La chanson des aventuriers de la mer

 

Faraud !


Un faraud est quelqu’un qui se pense élégant, qui porte de beaux habits, qui en tire fierté, qui se donne des airs avantageux.

Exemples

Il fait le faraud dans toutes les soirées de la ville.

Blotti dans son coupé pour échapper aux ovations, Roumestan se délectait de toute cette belle humeur, à la vue de ces faces brunes, busquées, allumées de passion et d’ironie, de ces grands garçons aux airs farauds […]

Daudet, Numa Roumestan

 

Son costume de faraud imbécile, le mauvais goût de ses cravates à galons d’or, ses pantalons gris-perle à bandes noires, ses redingotes à gigots, ses gants crispins, le carnaval enfin qu’il promenait toute l’année dans les rues sur sa personne !

Goncourt, Journal, TLFi

 

Un assez bel homme, blond tirant sur le roux, yeux bleu de faïence, froids et durs, l’air bravache avec un dandinement de faraud.

Vernès, Le Chemin de France

 

Pour Mélie, la farauderie doit se porter à l’extérieur

Colette, Claudine en ménage

 

Voir ici : plus d’informations sur faraud !

 

Fesse-mathieu !


D’abord prêteur sur gage ou usurier, le fesse-mathieu (fesse-mathieux au pluriel) est devenu un avare, un ladre.

Saint Matthieu, usurier avant d’être apôtre, est le saint patron des comptables, des banquiers et des douaniers. Fesser est à comprendre comme « battre ».

 

Exemples

Vous êtes la fable et la risée de tout le monde ; et jamais on ne parle de vous que sous les noms d’avare, de ladre, de vilain et de fesse-mathieu.

Molière, L’Avare, III, 5, Maître Jacques

 

Ah ! Parbleu, c’était bien un autre bougre que celui-ci. C’est un fesse-mathieu, un pisse-froid, un morveux dont il n’y a rien à attendre de grand.

Diderot, Salon de 1767

 

Vous êtes un ladre, un fesse-mathieu, et vous vous conduisez comme un cuistre !…

Paul de Kock, L’Homme de la nature et l’homme policé

Jarnicoton ! Mazette ! Scrogneugneu ! Voir ici 18 anciens jurons que l’on peut utiliser encore aujourd’hui.

 

Forban !


Un forban était un marin qui exerçait la piraterie pour son propre compte. Ce terme est devenu synonyme d’homme malhonnête, malfaisant, sans scrupule.

Un forban littéraire est un plagiaire, quelqu’un qui s’approprie textes, idées et morceaux qui ne lui appartiennent pas (4e édition du dictionnaire de l’Académie).

Exemples

Ne fais pas confiance à ce forban !

Ces ministres ne sont pas autre chose que des forbans !

Faussaires, meurtriers, escrocs, forbans, voleurs,
Ils savent qu’ils auront, comme toi, des malheurs ;

Hugo, Les Châtiments, Expiation

 

Foutriquet !


Un foutriquet est une personne petite, chétive, quelqu’un d’insignifiant.

Exemples

Petit foutriquet, tu te permets donc d’être prétentieux !

Messieurs les foutriquets aristocrates à culottes serrées, à grosses cravates, à petites cocardes,… n’agacez pas le dogue patriote

Lettre du Père Duchesne, cité par le Littré

 

Un jour, Soult voulant être maître,
Parlait très-haut sous son plumet
Adolphe, dit à ce vieux reître
Qui le traitait de foutriquet

La Légende de M.Thiers (Foutriquet était le surnom donné par le maréchal Soult à Adolphe Thiers)

 

Fripon !


Fripon a de multiples sens.

Un fripon est d’abord un voleur, mais un voleur rusé, malicieux, qui utilise des tours pour parvenir à ses fins.

Exemples

J’ai bien compris des petits tours de fripon !

Ce gouvernement fripon maltraite les citoyens.

Non ; je ne dis pas cela ; c’est faux, maître fripon.

Molière, L’Avare, Harpagon

 

J’embrasserais ce fripon de Grignan, si je n’étais fâchée contre lui.

Madame de Sévigné, Lettre

 

Un fripon désigne aussi un enfant malicieux, vif, espiègle. Le terme devient alors affectueux.

Exemples

Le sourire fripon de Jeannette lui garantissait l’indulgence des adultes.

Ce petit fripon est venu pisser sur mes murs !

 

Un fripon peut être un jeune homme inconstant en amour, volage.

Exemple : 

Cet insatiable fripon pouvait avoir jusqu’à trois aventures par jour.

 

Une friponne est une femme coquette, fine.

Exemples

Sa rengaine augmentait chaque fois qu’il se faisait moucher par cette grande friponne.

 

Jarnicoton ! Mazette ! Scrogneugneu ! Voir ici 18 anciens jurons que l’on peut utiliser encore aujourd’hui.

 

Ganache !


On ne parle pas ici de la crème de chocolat ! La ganache désigne d’abord la mâchoire inférieure du cheval (le grec γναθος signifie « mâchoire »). Ce terme est venu à désigner un personnage dans le théâtre italien puis, de là, un vieux radoteur et, enfin, un imbécile, un crétin, à l’esprit étroit, « qui reste attaché obstinément à des valeurs du passé » selon l’Académie.

Ainsi, on pouvait traiter quelqu’un de « vieille ganache » : cette vieille ganache de Martin ! Cette insulte semble, comme « pignouf », appréciée par Flaubert.

Mais attention, « vieille ganache » peut aussi être amical. Flaubert termine ainsi une lettre à George Sand par « votre vieille ganache qui vous aime ».

On trouve en outre les dérivés « ganacherie » et « ganachisme ».

 

Exemples

[…] et devant lequel il n’élevait pas la voix aussi haut qu’il le faisait dans le parc, lorsqu’il déblatérait devant Pierre Huguenin contre les ganaches de la Chambre. 

Sand, Le Compagnon du tour de France

 

Ah ! encore, dit Rodolphe. Toujours les devoirs, je suis assommé de ces mots-là. Ils sont un tas de vieilles ganaches en gilet de flanelle, et de bigotes à chaufferette et à chapelet […]

Flaubert, Madame Bovary

 

Il ne trouvait pas Ledru-Rollin « suffisant pour le problème », traita Dupont (de l’Eure) de vieille ganache ;

Ibid, L’Éducation sentimentale

 

Décidément, il tourne au ganachisme avec ses rabâchages perpétuels.

Ibid, Lettre à Louise Colet

 

Gaupe !


Une gaupe est une femme malpropre et désagréable, une femme de mauvaise vie.

Ce terme viendrait l’allemand du Sud Walpe.

Exemples

Sale gaupe !

Marchons, gaupe, marchons !

Molière, Le Tartuffe, I,5 Madame Pernelle à Elmire

 

Voleuse d’enfants, Égyptienne, gaupe, truande, tu vas voir que ma béquille est en bon cœur de chêne !

Gautier, Une larme du diable, I, 7 

 

Godiche !


Un godiche est quelqu’un de maladroit, de gauche, de timide. Le terme serait un diminutif de « Glaude », « Claude ».

Aujourd’hui, on utilise surtout surtout « godiche » pour parler d’une femme.

Exemples

Son air godiche avait le don d’énerver ses interlocuteurs !

Arrête de traîner, godiche !

Les gens qui meurent, ça devrait se serrer la main. Comme c’est godiche de se battre !

Hugo, Quatrevingt-treize

 

Eh pardieu ! que mon père te met dedans de la plus jolie façon du monde…Tu me fais de la peine, vrai ; tu es trop godiche !

Zola, La Curée

 

Gougnafier !


Un gougnafier est un individu sans valeur, un bon à rien.

Exemples

Un travail de gougnafier.

 

 

Gourgandine !


Une gourgandine est une femme facile, une fille de mauvaise fille, une dévergondée.

Exemples

Oh ! une gaupe, une gourgandine ! s’écria le curé, une femme de mœurs équivoques, occupée de théâtre, hantant les comédiens et les comédiennes, mangeant sa fortune avec des folliculaires, des peintres, des musiciens, la société du diable, enfin !

Balzac, Béatrix

 

Prendre gaîment pour soi palais et millions,
S’afficher tout crûment satrape, et, sans sourdines,
Mener joyeuse vie avec des gourgandines ;

Hugo, Les Châtiments, Le Parti du crime

 

Jean-Foutre !


Jean-foutre est un équivalent simple et plaisant au « connard » moderne.

On a aussi : jean-fesse (synonyme de jean-foutre), jean-sucre (idem), jean-Peuple (homme du peuple), jean-bout-d’homme, jean-s’en-fiche (invention de Léon Daudet), Jean-prend-tout (invention de Balzac). 

Exemples

jean foutre

Le Pere Duchesne (journal hébertiste). Tout homme qui ne tient pas sa parole, foutre… Jean-Bart. C’est un Jean-foutre | 21 juin 1791 | Gallica

 

Bardoux décidément m’a l’air d’un jean-foutre. Pas de réponse à mes billets. Pas de dîner.

Flaubert, Correspondance

 

– Mon oncle, on m’a conté que, l’autre jour, vous aviez rencontré Buteau…

– Buteau est un jean-foutre !

Zola, La Terre

Jarnicoton ! Mazette ! Scrogneugneu ! Voir ici 18 anciens jurons que l’on peut utiliser encore aujourd’hui.

 

Malappris !


Un malappris manque surtout d’éducation.

Exemples :

Tu as agi comme un vilain malappris !

Cette malapprise me le paiera cher !

As de pique vous-même, malappris !

Courteline, Messieurs les Ronds-de-Cuir

 

Vous m’avez apporté de l’eau dans une écuelle qui sent la cuisine ; donnez-moi la main pour descendre ; vous êtes des butors et des malappris.

Musset, On ne badine pas avec l’amour, I, 1 Dame Pluche

 

Malotru !


Un malotru est une personne maussade selon le Littré, grossière selon le TLFi et l’Académie. Malotru viendrait du latin male astrucus, « né sous une mauvaise étoile  ».

Malotru peut être un adjectif.

 

Exemples

Quel malotru !

Je ne peux te cacher que ton ami s’est comporté comme un vilain malotru avec moi !

 

Sur ce, je me vois dans l’obligation de vous prévenir que vous êtes un fier malotru, et que je vais déposer ma plainte chez le commissaire.

Sue, Les Mystères de Paris

 

Au milieu de ce tohu-bohu et de ce vacarme, un âne trottait vivement, harcelé par un malotru armé d’un fouet.

Baudelaire, Le Spleen de Paris, Un Plaisant

 

Beaucoup de gens sont venus à la rescousse, on me disait que j’avais tort de ne pas aller à Guermantes, que je me donnais l’air d’un malotru, d’un vieil ours.

Proust, Du côté de chez Swann

 

Maraud !


Maraud, qui pourrait venir du nom du matou dans l’Ouest de la France, est un insulte qui qualifie une personne d’un rang social inférieur, une personne qui ne mérite pas la considération. Elle est déjà vieillie selon la 8e édition du dictionnaire de l’Académie française (1932 – 1935).

Le verbe marauder (voler des fruits et légumes) est un dérivé.

Le féminin « maraude » n’est pas attesté.

Exemples

Celui-là est un franc maraud !

Tenez, maraud, voilà ce que votre impudence
Vous attire

Molière, L’Avare, III, 5, Harpagon

 

Le Comte : Je crois que c’est ce coquin de Figaro.

Figaro : C’est lui-même, monseigneur.

Le Comte : Maraud, si tu dis un mot…

Beaumarchais, Le Barbier de Séville, I, 2

 

« Monseigneur, laissez-moi la gloire de vous conduire moi-même ; un tel honneur n’est point fait pour un maraud de valet. […]

Gautier, Le Capitaine Fracasse

 

Si ce maraud ne ronflait pas à faire écrouler sur nous le reste de ces murs, j’entendais peut-être quelque chose.

Sand, Jeanne

 

Maroufle !


Un maroufle est un personnage grossier, malhonnête, indigne.

Exemples

Peste soit du maroufle !

Molière, Dom Juan, II, 3, Sganarelle

 

Dire : Je suis César, et n’être qu’un maroufle ;

Hugo, Les Châtiments, Le parti pris du crime»

 

 

Mufle !


Le mufle est l’extrémité du museau de certains mammifères. De là, il est venu à désigner une personne désagréable, grossière, vulgaire et même laide. Chez Molière, le mufle désigne le visage du personnage injurié.

Exemples

Quel mufle ! 

Qu’elle est mufle !

Il est suffisamment mufle pour se faire avoir !

Vous êtes donc le dernier des couards comme vous êtes le dernier des mufles

Courteline, Les Femmes d’amis

 

Olibrius !


Un olibrius est une personne ayant un comportement extravagant, bizarre, ridicule.

Exemples

D’où sort cet olibrius ?

Je n’ai rien à faire de cet olibrius !

Un des voisins de Banville, grand olibrius aux favoris noirs et aux façons bruyantes

Stendhal, Mémoires d’un touriste

 

Ostrogoth !


Comme l’origine du terme le laisse deviner (les Ostrogoths étaient un peuple « barbare » au temps des invasions de la fin de l’Empire romain), un ostrogoth est un homme rustre, grossier, qui ne connaît pas les usages communs, qui en est donc ridicule.

Exemples

Tu n’es qu’un laideron, une insupportable ostrogothe  !

Tu dis que je suis un maroufle, mais moi je dis que tu es un ostrogoth !

 

Paltoquet !


Un paltoquet est un rustre, un insolent, un prétentieux aux manières de paysan.

Le terme vient de « paletot », jaquette de paysan.

Exemples

C’est un franc paltoquet !

Vieux paltoquet !

 

Pignouf !


Un pignouf est quelqu’un de grossier, sans manières.

Selon l’Académie, « pignouf » pourrait venir du normand pigner, « pleurer, geindre par ladrerie ».

Ce mot était assez appréciée par Flaubert, qui utilisait de sympathiques dérivés : pignouferie et pignouflisme.

Exemples

Le tsar de Russie m’a profondément déplu ; je l’ai trouvé pignouf.

Flaubert, Lettre à George Sand

 

Je viens de lire le livre de Proudhon sur l’Art ! On a désormais le maximum de la pignouferie socialiste.

Correspondance, Lettre à Edmond et Jules Goncourt

 

L’Amérique aura conquis la terre.
Avenir de la littérature.
Pignouflisme universel. Tout ne sera plus qu’une vaste ribote d’ouvriers.

Bouvard et pécuchet

 

Tiens ! dans le cabinet du fond, la petite pièce qui n’est pas meublée…Il y a tout juste une malle à madame et une table. C’est là que je loge les pignoufs.

Zola, Nana

Jarnicoton ! Mazette ! Scrogneugneu ! Voir ici 18 anciens jurons que l’on peut utiliser encore aujourd’hui.

 

Pisse-Froid !


Un pisse-froid est une personne morose, faible, triste, faible, sans audace.

Exemples

Tu n’es qu’un désespérant pisse-froid !

 

Je disais donc que je fumais ; j’ajoute que je lis un peu de Ronsard, de mon grand et beau Ronsard, pour lequel je ne suis pas le seul qui nourrice une religion particulière. Singulière chose que la renommée. Quand je pense qu’un pédant comme Malherbe et un pisse-froid comme Boileau on effacé cet homme-là et que le Français, ce peuple spirituel, est encore de leur avis !

Flaubert, Lettre à Ernest Chevalier, 2 septembre 1843

 

 

Pourceau !


Un pourceau est un dégoûtant glouton.

Exemples :

Va-t’en, immonde pourceau !

Espèce de gros plein de soupe, pourceau, glouton !

 

Ribaud !


Le ribaud, d’abord soldat de l’armée de Philippe Auguste, est devenu un aventurier pillard, puis un homme de mauvaise vie, à l’existence dissolue. Une ribaude est une prostituée.

La quatrième édition du dictionnaire de l’Académie (1762) dit que « les honnêtes gens évitent de se servir de ce mot ».

Il existé les dérivés ribauderie et ribauder. 

Exemples

Tu es un franc ribaud et je m’en vais te rosser !

Qu’as-tu, ribaude, à me regarder ainsi ?

 

Holà ! cria Clopin remonté sur sa futaille, holà ! femmes, femelles, y a-t-il parmi vous, depuis la sorcière jusqu’à sa chatte, une ribaude qui veuille de ce ribaud ?

Hugo, Notre-Dame de Paris

 

Les armes de Satan, c’est la plaisanterie et la ribauderie et la maussaderie

Péguy, La Tapisserie de sainte Geneviève et de Jeanne d’Arc, TLFi

 

Remarque, remarque j’ai assez ribaudé en Artois, pendant que je m’y trouvais, pour me tenir calme quelque temps ;

Druon, Les Rois maudits, Les Poisons de la couronne

 

Sagouin !


Sagouin, terme venu d’Amérique du Sud, désigne au départ un petit singe à la queue longue, qui a servi ensuite d’insulte pour désigner une personne sale, malpropre.

Le féminin est sagouine.

Un livre de Mauriac est intitulé Le Sagouin (1951).

Exemples :

Espèce de sagouin, je vais t’avoir !

Tous : – Grand Dieu ! qu’allons-nous devenir ? le Père Ubu est un affreux sagouin et sa famille est, dit-on, abominable.

Jarry, Ubu roi, III, 3

Jarnicoton ! Mazette ! Scrogneugneu ! Voir ici 18 anciens jurons que l’on peut utiliser encore aujourd’hui.

 

Tête de pipe !


Une tête de pipe est une personne laide, bornée.

Exemples

Tu es une vraie tête de pipe !

Je n’aimais point qu’il appelât têtes de pipe les portraits bizarres des ancêtres

France, Livre ami, cité par le TLFI

 

Après ces insultes, on peut consulter la liste de 18 anciens jurons que l’on peut utiliser encore aujourd’hui.

Adrian

https://www.laculturegenerale.com

19 réponses

  1. Frédéric dit :

    À propos d’OLYBRIUS : «On connait bien l’expression  »Olybrius » qui vise aujourd’hui à désigner des personnages se distinguant par des comportements tout particulièrement excentriques voire sots. Mais peu de gens savent qui était vraiment l’Olybrius  »historique », personnage ballotté au gré des intrigues politiques de la Rome décadante : longtemps otage à la cour du vandale Genséric (en 465-462) et très bref empereur de Rome – pendant à peine un trimestre – dans les mains du suève Ricimer (en 472).

    Olybrius : Il s’agissait là d’un aristocrate romain d’extraction sénatoriale devenu gendre de l’empereur Valentinien III par son mariage avec la princesse Galla Placidia, envisagé pour le trône impérial dès 465 (finalement, c’est l’obscur Anthémius qui lui fut alors préféré…), finalement devenu empereur romain à son tour (et ayant régné quelques mois, du 11 juillet au 23 octobre 472) à la fin de l’Empire romain d’Occident (lequel se termine en 476). Et juste noter qu’il s’écoulera près de quatre mois avant qu’on ne lui trouve un successeur : l’obscur Glycérius.»

    Source : Centerblog.

  2. Edgar dit :

    Dussé-je vous sembler « cuistre », je me permets de relever une faute de plus en plus fréquente (que vous faites dans la partie « ganache ») : on n’insulte pas quelqu’un « de » quelque chose ! On le traite de. Ou on l’insulte tout court.

  3. Paul Hignac dit :

    Gouape, pègreleux, jocrisse, arsouille

  4. Jean-Luc Van Grieken dit :

    Bonsoir Adrian,

    Votre site est extraordinaire, agréable à consulter et bien documenté.
    Les insultes anciennes sont un beau thème toutefois vous y faites mention de Georges Sand. Il me semble qu’il y a un « s » de trop.
    Bien cordialement.

    jlvg

    • Adrian dit :

      Merci de me l’avoir signalé !

    • Sagouin, quelle fichtre erreur tu as fait.
      De te montrer tes nombreuses erreurs je vais m’empresser.
      As tu déjà étudié cette belle langue qu’est le français ?
      Te rends tu compte de l’horrible erreur que tu as fait ….
      Je ne trouverais pas la force de t’insulter mais j’en ai envie petite tête de pipe, foutriquet !

    • MUTTE Roger J. dit :

      Georges en français, si l’on est un homme. George, si l’on est une femme. Et George en anglais, si l’on est un homme ( Les rois d’Angleterre en attestent … ) et Georgina, si l’on est une femme.

  5. Frédéric dit :

    Le Vicomte :
    – Maraud ! Faquin ! Butor de pied-plat ridicule !

    Cyrano :
    – Ah ! Et moi : Cyrano, Savinien, Hercule
    De Bergerac.
    (Ed. Rostand : Cyrano de Bergerac, Acte I)

    • MUTTE Roger J. dit :

      On pourrait ajouter (de mémoire)  » Ballade du duel qu’en l’hôtel Bourguignon, Monsieur de Bergerac eu avec un béllître  » Et qu’est-ce donc que ceci s’il vous plaît ? C’est le titre !

  6. Diane McNeele dit :

    Canaille, tête de linotte on peut rajouter !
    « Tu veux, tu ne veux plus, Angélique, tu es une vraie tête de linotte »
    Nicolas dans Angélique, Marquise des Anges

  7. J’aime bien le  » oeuf de pou  » dans l Illiade

  8. Bibicool dit :

    « Chantons pas la langue des dieux
    Pour les balourds, les fesse-mathieux
    Les paltoquets, ni les bobèches
    Les foutriquets, ni les pimbêches… »
    (Brassens – La femme d’Hector)

  9. LaMontespan dit :

    Sont-elles anciennes au sens vieilles, ou anciennes au sens désuètes ? Non parce qu’à 40 ans, y’en a un paquet que j’utilise, et je trouve que le titre porte à confusion : suis-je ringarde ou trop cultivée ?

    • MUTTE Roger J. dit :

      Suis-je ringarde ou trop cultivée ?
      Ni l’une, ni l’autre. A trente de plus que vous, je les utilise aussi. Mais force est de reconnaître que mon chef d’édition ( je suis journaliste encore en activité … ) qui est trentenaire, est parfois un peu perplexe quand je les emploie …

  10. Gérard dit :

    Excellent j’ai toujours aimé ces mots qui ont perdus de leur définition ou même ne sont malheureusement plus repris dans notre vocabulaire. Merci pour ces petites définitions

  11. Courouve dit :

    On trouve
    « Bougre, bouffon, baudet, badin, coquin, croquant, croqueur d’andouilles, gavache, glorieux gredin, viedaze. »
    dans
    Paul Scarron (1610-1660), La Mazarinade, 1651 ; réédité en 1867 sous le titre La Pure vérité cachée.

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