La poisse : définition & origine [expression]

Avoir la poisse signifie : être malchanceux.

Synonyme : avoir la guigne.

« Porter la poisse » signifie : porter malheur (synonyme : porter l’œil).

 

La poisse : origine de l’expression


La poisse est dérivée de « poisser », c’est-à-dire enduire ou imprégner quelque chose de poix, une matière collante et visqueuse (constituée à partir de résine et de goudron) qui sert à rendre des éléments étanches. L’association avec la malchance vient de l’idée que l’on peut difficilement se débarrasser de cette matière une fois que l’on s’est sali avec. Comme la malchance, le poix reste, il nous colle à la peau, on ne parvient pas à s’en débarrasser.

On retrouve la même logique avec la panade.

À lire ici : pourquoi dit-on « être dans la panade » ?

D’ailleurs, tout comme la panade, la poisse a désigné, selon le TLFi, une situation pénible, voire la pauvreté et la misère.

Deux femmes subvenaient à ses besoins qui étaient grands : il ne regardait pas à la dépense et venait volontiers en aide à un ami dans la poisse.

L’Homme libre, 2 novembre 1922

Avoir la poisse apparaît au début du XXe siècle :

Hein ? (Comprenant) Ah ! oui, très drôle. (Revenant à ses moutons) Enfin, j’ai la poisse…tout ce que je touche… C’est la déveine quoi !

Hebdo-film, 14 juillet 1917

Porter la poisse apparaît dans la presse dans les années 1920.

Si ce copain vient dans notre bagnole, je parie un verre de rouge que les coureurs vont nous lessiver sur la route, car je suis certain qu’il va nous porter la poisse.

La Dépêche de Brest, 13 juin 1923

Exemple contemporain : 

« Inside Llewyn Davis » des frères Coen nous entraîne à Greenwich Village en 1961 à une époque où la folk music était au creux de la vague. Quelques mois plus tard, surgiront, Bob Dylan, Joan Baez, Joan Mitchell… Greenwich Village devient l’épicentre de la contestation. Llewyn Davis a la poisse. Il en veut à la terre entière, prend des cuites d’anthologie, se brouille avec ceux qui pourraient l’aider, insulte les autres chanteurs quand ils passent sur scène. Sur cette trame plutôt sombre, les frères Coen réussissent un film cocasse et brillant, plein de charme.

Lesechos.fr

Adrian

https://www.laculturegenerale.com

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