« L’habit ne fait pas le moine » signifie : il ne faut pas se fier aux apparences, les apparences peuvent être trompeuses, une personne ne se comporte pas comme l’exige son rang ou son rôle. Exemples : 

  • Le proverbe dit que « l’habit ne fait pas le moine » et, pourtant, personne n’avait cru que cet homme à l’air négligé pouvait être un si grand littérateur.
  • Après avoir vu une fillette haute comme trois pommes lancer javelot à plus de 15 mètres, il resta ébahi avant de s’exclamer : « l’habit ne fait pas le moine, je n’y aurais jamais cru ». 
  • Il n’y a pas de sot métier. Pardon, il y en a un. C’est d’être tailleur et de prétendre habiller un moine. Tout le monde sait que l’habit ne fait pas le moine et que, par conséquent, il n’est pas possible d’imaginer quelque chose de plus sot que le métier qui consiste à faire un habit pour un client qui a lui-même besoin d’être fait, n’existant pas. La chose, je l’avoue, ne paraît pas très intelligible. (Bloy, Exégèse des lieux communs)

Synonyme : la barbe ne fait pas le philosophe.

 

L’habit ne fait pas le moine : origine de l’expression

Si l’on se fie aux Proverbia Vulgaris (1531) de Charles de Bouelles, « labit ne faict pas le moyne » serait la traduction du latin monachum habitus non facit, mais qui ne semble avoir été très employé. On trouve en revanche l’expression sous la forme rapportée par le Dictionnaire historique de la langue française, habitus non facit monachum (le changement d’ordre des mots n’a pas d’incidence sur le sens), dans un texte de 1482.

Il est à noter que « habit » désignait surtout, en français médiéval, l’habit ecclésiastique, et que le terme pouvait aussi signifier « la manière d’être, l’état ». Ce proverbe joue donc sur les deux sens du mot. Il retourne peut-être une expression plus ancienne, que l’on trouve dans un ouvrage juridique, Li livres de jostice et de plet (XIIIe siècle) :

Note que habit fet moine ; et qui est profès ne se pot marier ; 

Il date au moins du XVe siècle. Martin Le Franc écrit ainsi dans Le Champion des dames que « labit ne fait pas le moine ». Ce roman est une réponse à la suite du Roman de la rose écrite par Jean de Meung (XIIIe siècle) qui dit notamment que :

Cil a robbe religieuse
Doncques est il religieux
Celt argument est trop fieux [sans valeur]
Il ne vault une vielle royne
La robbe ne fayt pas le moyne

11675 – 11679

L’expression « l’habit ne fait pas le moine » est en tout cas assez courante au XVIe siècle : un texte apologétique de 1549 indique que le mot est commun.

Dequoy sert la difference d’habit des moynes & religieux ? en sont ilz plus sanctifiez ? Ne dit on pas communement, que l’habit ne fait pas le moyne ?

Rabelais l’emploie dans son Gargantua (1534)  :

Car vo’mesmes dictes, que l’habit ne faict point le moine : & tel est vestu d’habit monachal, qui au dedans n’est rien moins que moyne : & tel vestu de cappe hispanole, qui en son couraige nullement affiert à Hispane.

Autre exemple ancien : l’expression est présente dans L’Espinette du jeune prince conquérant (1508) de Simon Bougouyn.