« Maline » ou « maligne » : orthographe

« Maline » ou « maligne »: orthographe


On écrit :

Maligne

« Maligne » est la forme féminine de l’adjectif « malin », comme « bénigne » est la forme féminine de l’adjectif « bénin ». Malin vient du latin malignus. Cet adjectif était autrefois utilisé au féminin et au masculin.

VOIR ICI : « gentillement » ou « gentiment »

Exemples

Cette jeune fille est si maligne qu’elle est parvenue à subtiliser tous les bonbons de son grand frère.

Une tumeur maligne a terrassé cet homme.

 

Julien rit de bon cœur de cette saillie de son esprit. En vérité, l’homme a deux êtres en lui, pensa-t-il. Qui diable songeait à cette réflexion maligne ?

Stendhal, Le Rouge et le Noir

 

« Bonjour Alix », dit Mme de Villeparisis à la dame à coiffure blanche de Marie-Antoinette, laquelle dame jetait un regard perçant sur l’assemblée afin de dénicher s’il n’y avait pas dans ce salon quelque morceau qui pût être utile pour le sien et que, dans ce cas, elle devrait découvrir elle-même, car Mme de Villeparisis, elle n’en doutait pas, serait assez maligne pour essayer de le lui cacher.

Proust, À la recherche du temps perdu

 

« “De toutes les passions, celle qui est la plus inconnue à nous-mêmes, c’est la paresse ; elle est la plus ardente et la plus maligne de toutes, quoique sa violence soit insensible et que les dommages qu’elle cause soient très cachés…

Gide, Les Faux-Monnayeurs

 

Tout de même, c’était sa nièce, cette fille qui faisait tant sa maligne

QUENEAU, Les enfants du limon, cité par le TLFi

 

Maline

Toutefois, l’usage de « maline » s’est répandu, sur le modèle de gamin/gamine. Selon le Grevisse, la forme « maline » a été utilisée par des auteurs qui souhaitaient retranscrire l’usage oral populaire, qui ne tient pas compte de la prononciation du « g ».

Exemples :  

Déesses de déesses !
Du repos en liesses,
De la calme gaîté,
De malines fossettes
Ainsi que des risettes,

Verlaine, Odes en son honneur, X

 

À peine débarquée à Chartres, Élodie se montrait étonnante, aussi énergique et maline que Nénesse. Elle avait roulé son père, elle tenait déjà la maison.

Zola, Terre

 

Elle sait bien ce qu’elle fait, elle est maline

Péguy, Porche du mystère de la deuxième vertu

Une distinction rapportée par le TLFi sépare « maligne » qui recouvrirait l’idée de méchanceté ou la volonté de faire de le mal, et « maline » qui serait à utiliser pour qualifier quelqu’un qui fait preuve d’ingéniosité, de roublardise ou de ruse.

Il en est ainsi, selon le Grevisse, dans l’extrait suivant tiré de Michel Droit qui a sûrement voulu écarter le sens péjoratif de « maligne » lorsqu’il décrit le visage de Marc Chagall :

Cette expression de candeur maline qui éclaire perpétuellement son visage

Droit, Clarté du jour

Le nom « maline » existe. Emprunté au latin malina, il désigne une grande marée au moment de la pleine lune.

Adrian

https://www.laculturegenerale.com

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4 réponses

  1. Neveu dit :

    Merci beaucoup pour ces explications documentées.

  2. Chris dit :

    Merci pour ces précisions
    Je vais poursuivre l’utilisation de maligne, j’ai du mal avec maline..

  3. Chris dit :

    Je suis maligne, j’ai préparé mon coup.
    Michel bussi, le temps est assassin.

  4. Richard dit :

    Le g disparaîtra car sms langage pressé non accord et refus des liaisons lèsent la majesté du français
    Qui de nos jours prononcent bien 200€ deux cent(s) euros au lieu de deux cent Z euros! Diantre!

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