Prémices et prémisses : quelle différence ?

Prémices et prémisses sont des homonymes.

 

Prémices : définition


premices premisses homonymes

Portrait d’Émile Zola, Manet, 1868 (détail)

Les prémices, ce sont les premières productions de la terre, les premiers fruits, les premiers nés d’un troupeau, offerts en sacrifice dans l’Antiquité.

Par extension, ce sont les commencements, les débuts.

Le terme vient du latin ecclésiastique primitiae, dérivé de primus, « premier ».

On peut dire (rarement) « avoir les prémices de », au sens d’avoir la primeur de, être le premier à connaître quelque chose.

Voir ici : « pale » et « pâle », quelle différence ?

 

Exemples avec prémices :

Non, je ne suis plus le même, et ce changement vous est dû : c’est un nouveau cœur que vous m’avez fait, et qui vous offre ses prémices ; mais je ne me croirai délivré de celui que je quitte qu’après l’avoir déposé dans vos mains.

Rousseau, La Nouvelle-Héloïse

 

Routes bloquées, banques saccagées, affrontements avec l’armée : au Liban, les prémices du déconfinement ont coïncidé avec la reprise et le durcissement du mouvement de protestation antisystème qui avait secoué le pays à l’automne.

Lemonde.fr

 

Prémisses : définition 


Les prémisses (le singulier prémisse existe mais il est rare) désignent les deux premières propositions d’un syllogisme, la majeure et la mineur, d’où l’on tire une conclusion.

Un syllogisme est un raisonnement déductif qui se présente sur ce modèle :

a. Nul homme est immortel
b. Jean est un homme
c. Jean n’est pas immortel

Les propositions a. (majeure) et b. (mineure) sont les prémisses.

Par extension, les prémisses sont les arguments qui fondent un raisonnement. Dans la proposition « je pense, donc je suis » (Descartes, voir ici), « je pense » est la prémisse, a priori, de « je suis ».

Prémisses vient du latin scolastique praemissa, dérivé de praemittere, « envoyer devant ».

Voir ici : « emprunt » et « empreint », quelle différence ?

 

Exemples avec prémisses

Il y avait là d’admirables idées que Swpréann n’avait pas distinguées à la première audition et qu’il percevait maintenant, comme si elles se fussent, dans le vestiaire de sa mémoire, débarrassées du déguisement uniforme de la nouveauté. Swann écoutait tous les thèmes épars qui entreraient dans la composition de la phrase, comme les prémisses dans la conclusion nécessaire, il assistait à sa genèse.

Proust, À la recherche du temps perdu

 

Si les prémisses d’un syllogisme sont toutes les deux à l’indicatif, la conclusion sera également à l’indicatif. Pour que la conclusion pût être mise à l’impératif, il faudrait que l’une des prémisses au moins fût elle-même à l’impératif. Or, les principes de la science, les postulats de la géométrie sont et ne peuvent être qu’à l’indicatif ; c’est encore à ce même mode que sont les vérités expérimentales, et à la base des sciences, il n’y a, il ne peut y avoir rien autre chose.

Henri Poincaré, La Morale et la Science

Adrian

https://www.laculturegenerale.com

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