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Prémices et prémisses : quelle différence ?

Publié le 29/09/2020 (m.à.j* le 31/07/2022)
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Prémices et prémisses sont des homonymes.

 

Prémices : définition


Les prémices, ce sont les premières productions de la terre, les premiers fruits, les premiers nés d’un troupeau, offerts en sacrifice dans l’Antiquité. Par extension, ce sont les commencements, les débuts. Le terme vient du latin ecclésiastique primitiae, dérivé de primus, « premier »On peut dire (rarement) « avoir les prémices de« , au sens d’avoir la primeur de, être le premier à connaître quelque chose.

Exemples avec prémices 

Leur relation n’en était qu’aux prémices, et il n’était pas même pas sûr qu’ils s’étaient avoué leur amour. 

Les prémices de la Révolution se manifestèrent notamment par de nombreux troubles frumentaires, en raison de mauvaises récoltes.

Non, je ne suis plus le même, et ce changement vous est dû : c’est un nouveau cœur que vous m’avez fait, et qui vous offre ses prémices ; mais je ne me croirai délivré de celui que je quitte qu’après l’avoir déposé dans vos mains.

Rousseau, La Nouvelle-Héloïse

 

Prémisses : définition 


Les prémisses (le singulier « prémisse » existe mais il est rare) désignent les deux premières propositions d’un syllogisme, la majeure et la mineure, d’où l’on tire une conclusion. Un syllogisme est un raisonnement déductif qui se présente sur ce modèle :

  • a. Nul homme n’est immortel
  • b. Jean est un homme
  • c. Jean n’est pas immortel
    • Les propositions a. (majeure) et b. (mineure) sont les prémisses.

Par extension, les prémisses sont les arguments qui fondent un raisonnement. Dans la proposition « je pense, donc je suis » (Descartes, voir ici), « je pense » est la prémisse, a priori, de « je suis ». Prémisses vient du latin scolastique praemissa, dérivé de praemittere, « envoyer devant ». À lire ici : « emprunt » et « empreint », quelle différence ?

Exemples avec prémisses

Les prémisses de son raisonnement ne permettaient absolument pas d’arriver à la conclusion qu’ils présentent comme nécessaire.

Il y avait là d’admirables idées que Swpréann n’avait pas distinguées à la première audition et qu’il percevait maintenant, comme si elles se fussent, dans le vestiaire de sa mémoire, débarrassées du déguisement uniforme de la nouveauté. Swann écoutait tous les thèmes épars qui entreraient dans la composition de la phrase, comme les prémisses dans la conclusion nécessaire, il assistait à sa genèse.

Proust, À la recherche du temps perdu