Mort aux vaches : définition & origine [expression]

« Mort aux vaches » est une insulte proférée à l’encontre des forces de l’ordre, notamment des policiers. C’est un cri antimilitariste, anarchiste, etc. Par extension, il a donné son nom à un tatouage constitué de trois points disposés en triangle, et qui symbolise l’insoumission, ou l’appartenance à un mouvement contestataire, anarchiste, héritié des communards, etc.

 

Mort aux vaches : origine de l’expression


« Vache » est de longue date un mot à charge négative. Dès la 1re édition du Dictionnaire de l’Académie française (1694), on relève « sorcier comme une vache » à propos d’un homme sorcier. La 2e édition (1718) relève déjà l’insulte « vache » à propos d’une grosse femme (insulte qui existe toujours). Au XIXe siècle, « vache », est une insulte sans contenu précis (cf. Dictionnaire historique de la langue française) et une manière péjorative et argotique de nommer les prostituées (cf. Dictionnaire de la langue verte de Delvau). La connotation péjorative du terme, et son lien avec la prostitution (auxquelles sont associées la délation, l’hypocrisie), ainsi que l’expression « coup de pied en vache » (coup bas, coup déloyal), sont peut-être à l’origine du fait que le champ de cette insulte se soit étendu aux policiers (une « vache à roulette » : un policier à bicyclette), aux indicateurs et aux délateurs. « L’expression « mort aux vaches » apparaît au milieu du XIXe siècle (cf. résultats Google Ngram). À la fin de ce même siècle, « vache » s’applique à toutes les personnes méchantes (on dit toujours « t’es vache » ou « peau de vache »).

Je lui intimai par trois fois l’ordre de circuler, auquel il refusa d’obtempérer. Et sur ce que je l’avertis que j’allais verbaliser, il me répondit en criant : « Mort aux vaches ! », ce qui me sembla être injurieux. »

France, L’Affaire Crainquebille, 1901

 

Rempart du Bien, terreur du Crime,
Ils me semblaient, naïveté !
Une apparition sublime
D’anges veillant sur la cité…

Hélas ! c’est encor : « Mort aux vaches ! »
Qu’il faut crier quand on les voit.
Massacreurs féroces et lâches,
Mouchards, non point maquereaux, soit

Verlaine, Invectives, 1901

Adrian

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