🧠 Testez votre QI gratuitement ! Je fais le test
45 Vues
Enregistrer

Pourquoi la Tour de Pise est penchée ?Pourquoi la Tour de Pise est penchée ?

Publié le 25/08/2026
0 commentaire
Membre premium

Découvrez les réductions que La Culture Générale a dénichées pour vous (XTB, LegalPlace, LWS, 02Switch et AD.fr)

XTB : et si votre argent travaillait pour vous ? Faites-le travailler. Investir sur les marchés financiers comporte un risque élevé de perte en capital.
0% de commission* + 1 action Veolia offerte avec le code promo
Voir l'offre

*0 % de commission dans la limite de 100 000 € investis par mois, 0,2 % au-delà. Des frais de conversion de 0,5 % peuvent s'appliquer.

Juridique

Créez votre société en ligne

Création société | Comptabilité | Statuts | Domiciliation | Dissolution

-15% sur votre commande
Hébergement web

LWS.fr | Hébergement web

Profitez de -15 % sur votre panier avec notre code exclusif

-15% sur votre panier
Hébergement web

L'hébergement internet en tout illimité

Dès 7 € HT / mois

-10% avec le code exclusif

Code promo valable uniquement en passant par ce lien.

Automobile

AD.fr | Confiez votre véhicule à de vrais spécialistes de l’automobile et bénéficiez d’un travail soigné.

Demandez votre devis gratuit en ligne !

10€ de remise sur toutes les prestations
⏳ Temps de lecture : 4 minutes

Une tour penche de 3,97 degrés depuis huit siècles. Elle n’est jamais tombée. Mieux : elle a arrêté de s’incliner davantage. Comment un défaut de construction aussi flagrant a-t-il traversé le Moyen Âge, la Renaissance et deux guerres mondiales sans jamais céder ? La réponse tient en un mot : le sol. Mais l’histoire complète réserve des rebondissements que peu d’articles racontent en détail.

Ce qu’il faut retenir

  • La tour penche à cause d’un sol argileux trop meuble et instable.
  • La construction a duré deux siècles, interrompue par des guerres.
  • L’inclinaison a atteint 5,5 degrés avant les travaux de stabilisation.
  • Entre 1990 et 2001, l’inclinaison a été réduite de 44 centimètres.
  • La légende de Galilée lançant des poids n’a jamais été confirmée.

Un sol trop mou pour porter un clocher

Tout commence par une erreur d’appréciation géologique. En 1173, les architectes du chantier – on attribue traditionnellement le projet à Bonanno Pisano – posent les fondations sur une couche d’argile molle mêlée de sable et de coquillages, héritage des crues de l’Arno. La profondeur de ces fondations ? À peine trois mètres. Un choix qui s’apparente, avec le recul, à bâtir un immeuble sur un matelas. Dès le troisième étage, le déséquilibre se manifeste. Le sol cède plus vite d’un côté que de l’autre. La tour penche déjà avant même d’être terminée.

Ce phénomène porte un nom technique : le tassement différentiel. Un sol hétérogène ne réagit jamais uniformément à une charge lourde. D’un côté, il se comprime davantage. De l’autre, il résiste mieux. Résultat : un déséquilibre qui s’accentue mécaniquement, étage après étage, comme une pile d’assiettes posée sur un coussin percé d’un seul côté.

⚠️ Remarque
En croisant les relevés historiques, un détail frappe : la tour ne penche pas en ligne droite. Les étages construits après la reprise des travaux, en 1272, ont volontairement été bâtis avec une légère courbure inverse, pour compenser la gîte initiale. Concrètement, la tour de Pise ressemble presque à une banane légèrement redressée en son milieu, et non à un bâton simplement incliné. Peu de visiteurs le remarquent, faute de le savoir.

1173-1372 : un chantier suspendu par deux guerres

Pourquoi presque deux siècles pour ériger un clocher de 56 mètres ? Parce que Pise, à l’époque, n’a pas seulement des problèmes de fondations. Elle a aussi des ennemis. Dès 1178, après le troisième étage, le chantier s’arrête net. Les tensions militaires avec Gênes, Lucques et Florence immobilisent la ville. Presque un siècle de pause.

Là où cela devient fascinant : cette interruption forcée a probablement sauvé le monument. Un sol argileux gorgé d’eau met des décennies à se consolider sous une charge. En laissant reposer la structure pendant près de cent ans, les guerres ont, sans le vouloir, donné au terrain le temps de se stabiliser partiellement. Sans ce répit, la tour aurait vraisemblablement basculé bien avant son achèvement.

Les travaux reprennent en 1272 sous la direction de Giovanni di Simone. Nouvel arrêt en 1278, au septième étage, pour les mêmes raisons militaires. Il faudra attendre 1372 pour voir la chambre des cloches achevée par Tommaso di Andrea Pisano. Une naissance chaotique, digne d’un roman plus que d’un chantier d’architecte.

5,5 degrés : le seuil qui a failli tout faire basculer

L’inclinaison n’a jamais cessé de progresser, siècle après siècle. Un simple calcul le confirme. En 1272, elle atteignait 0,2 degré. En 1370, environ 1,6 degré. Puis, lentement mais sûrement, la pente s’est creusée jusqu’à un sommet critique à la fin du XXe siècle : 5,5 degrés, soit un sommet décalé de 4,5 mètres par rapport à la verticale.

En 1990, le verdict tombe. Les ingénieurs jugent la tour en danger réel d’effondrement. Un comité international, piloté notamment par l’ingénieur britannique John Burland, prend alors une décision radicale : fermer le monument au public. Onze années de travaux suivent. La méthode retenue ? Extraire délicatement de la terre sous la partie nord des fondations, celle qui est la plus haute, pour laisser la tour se redresser d’elle-même, millimètre par millimètre.

Cette sous-excavation contrôlée a permis de retirer une soixantaine de mètres cubes de sol. Le résultat dépasse les espérances : près de 44 centimètres d’inclinaison en moins. La tour retrouve, en 2001, l’angle qu’elle affichait deux siècles plus tôt.

Période Inclinaison approximative Contexte
1272 0,2° Reprise des travaux après la première pause
1370 1,6° Achèvement de la structure principale
Fin du XXe siècle 5,5° Seuil jugé critique par les ingénieurs
Depuis 2001 ≈ 3,97° Après les travaux de stabilisation

💡 Astuce
Pour observer l’inclinaison sous son meilleur angle, placez-vous côté sud de la Piazza dei Miracoli, en fin de matinée. La lumière rase accentue le contraste entre le côté bas (55,86 m) et le côté haut (56,67 m), rendant le décalage bien plus visible sur les photos que depuis la façade nord.

Galilée a-t-il vraiment expérimenté depuis son sommet ?

Impossible d’évoquer la tour sans croiser le nom de Galilée. La légende veut qu’il ait lâché deux boulets de masses différentes depuis le sommet, prouvant qu’ils touchent le sol simultanément, contre l’avis d’Aristote. Belle histoire. Probablement fausse.

Aucun document contemporain de Galilée ne mentionne cette expérience. Le récit provient uniquement de Vincenzo Viviani, son élève, rédigé plus d’une décennie après la mort du savant. Un cas d’école de légende scientifique construite a posteriori, où l’anecdote finit par éclipser la démonstration mathématique réelle, bien plus rigoureuse, que Galilée a menée sur la chute des corps.

🚫 Piège
Beaucoup pensent encore que la tour continue de pencher chaque année, menaçant de s’effondrer un jour. C’est faux. Depuis les travaux de 2001, l’inclinaison est stable, voire légèrement corrigée par des mouvements naturels du sol. L’erreur vient d’une confusion entre l’histoire ancienne du monument, marquée par une pente croissante, et sa situation actuelle, surveillée et fixée.

Combien de temps va-t-elle encore tenir ?

Question légitime. Réponse rassurante : les ingénieurs estiment sa stabilité garantie pour au moins 200 ans. La tour reste surveillée en permanence par des capteurs de déformation, sans qu’aucun renfort visible ne soit venu altérer son apparence d’origine.

Reste un paradoxe savoureux. Sans cette erreur de fondation, la tour de Pise serait un clocher parmi tant d’autres en Toscane. Son défaut est devenu sa signature. Et ce vieux dicton pisan résume bien la situation :

« La tour penche, penche, mais ne tombera jamais. »

Huit siècles plus tard, les faits lui donnent raison.