« Assis-toi » ou « assieds-toi » ?

On écrit plutôt : « assieds-toi » ou « assois-toi ». 

Le sang me monta au visage. Je lui saisis la main. « Assieds-toi là, lui dis-je, et écoute-moi…

Musset, La Confession d’un enfant du siècle

 

— Non, ne parle pas, si cela te fatigue. Assois-toi à mon côté. Nous resterons sur ce gazon, jusqu’à ce que le soleil tourne…

Zola, La Faute de l’abbé Mouret

 

À lire ici : je m’assois ou je m’assieds ?

 

Le cas d’ « assis-toi »


« Assis-toi », parfois considéré comme un barbarisme (par Jean Girodet par exemple), est cependant souvent employé à l’oral, d’autant qu’il est très proche d’« assieds-toi ». Cela peut s’expliquer par la valeur impérative que peut avoir le participe passé « assis » (on peut souvent entendre un maître dire à son chien « assis ! »), qui fait l’ellipse de d’« être » ou de « rester » (« sois assis ! » ou « reste assis ! »).

On le trouve de rares fois dans les écrits :

Tu peux donc entrer ; mais où te mettre ? choisis toi-même : assis-toi près de ceux qui te paraissent les plus raisonnables.

Helvétius, De L’Homme

 

Dans l’exemple suivant, Eugène Sue semble avoir essayé d’imiter le langage populaire :

« Ass… assis-toi… là… – continua Pique-Vinaigre en imitant, jusqu’à la fin de ce récit, le bégaiement empâté d’un homme ivre…

Les Mystères de Paris, Série 8, 1842-1843

 

Cette forme fait écho à la forme du verbe en assire, qui a parfois été utilisée par de grands auteurs (dans l’édition de 1542 de Gargantua, Rabelais écrit « Mais, si en cest habit, je m’assys à table…) mais sans se maintenir.

Quoi qu’il en soit, si l’on se fie à ce Google N-gram, « assieds-toi » est de loin, dans les écrits français depuis la deuxième moitié du XVIIIe siècle, la forme la plus employée.

Adrian

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