Pragmatique signifie :

  • 1. Dans son acception la plus courante, pragmatique renvoie à l’idée que l’on s’adapte aux contraintes de la réalité, que l’on se soucie des faits, de la réussite de ce que l’on entreprend, que l’on va prendre les mesures pratiques pour mener à bien une action. 
    • Pragmatique s’oppose alors à théorique, spéculatif, romantique, idéaliste. 
  • 2. Qui est fondé sur l’action et sa réussite.
  • 3. Qui est pratique, utilitaire, qui a une application pratique.

En général, l’adjectif pragmatique signifie que l’on se concentre plus sur la pratique, les faits et l’action, que sur la théorie. On parlera d’une personne pragmatique pour dire qu’elle se soucie de la réussite de son action, qu’elle est capable de s’adapter aux contraintes de la réalité, et qu’elle privilégie l’efficacité de la pratique, plutôt que de s’embarrasser de considérations théoriques ou d’avoir une attitude idéaliste. 

Par exemple, on emploie beaucoup cet adjectif en politique pour qualifier quelqu’un de réaliste. Imaginons un homme politique partisan d’une certaine vision de l’écologie. L’un de ses objectifs est de fermer les centrales nucléaires du pays en 5 ans. Une fois au pouvoir, il constate qu’il ne pourra pas mettre complètement en œuvre son programme. Il se rend compte que fermer la totalité des centrales nucléaires du pays en 5 ans est impossible pour diverses raisons : crise économique, pas d’alternative écologique à mettre immédiatement en place, oppositions de syndicats, etc. Pour faire au mieux, il passera un compromis avec tous les acteurs du nucléaire pour en fermer 40% en 5 ans. On peut dire alors que cet homme politique est pragmatique : il a privilégié la réussite pratique de son action, c’est-à-dire fermer des centrales nucléaires, malgré les contraintes de la réalité. Certes, il ne les a pas toutes fermées, mais il en a fermé une bonne partie. 

Au contraire, un homme politique peu pragmatique, c’est-à-dire un homme politique idéaliste, aurait refusé le compromis et aurait essayé de fermer toutes les centrales nucléaires d’un pays en 5 ans. C’est tout ou rien. 

Il faut comprendre ici cet adjectif est souvent mélioratif en politique. 

 

Autres exemples : l’histoire fournit de nombreux exemples dans lesquels ses acteurs ont eu une attitude pragmatique. 

  • Ainsi Otto von Bismarck, le politicien conservateur allemand du XIXe siècle, soucieux de ralentir le développement du mouvement politique socialiste, a mis en place des lois de protection sociale très avant-gardistes pour leur temps. Il a agi pragmatiquement : bien que conservateur, et donc supposément peu susceptible de s’intéresser en priorité à la question ouvrière, il a fait adopter des lois de protection sociale que l’on aurait plutôt attendues d’un politicien socialiste, afin de couper l’herbe sous le pied de ses adversaires. 
  • Autre exemple : pendant la Deuxième Guerre mondiale, l’Angleterre et les États-Unis se sont alliés à l’URSS, pourtant communiste, contre un ennemi qu’ils estimaient encore plus grand : l’Axe. 

 

Encore d’autres exemples :

  • Ce lycéen a adopté une approche pragmatique dans ses révisions pour le bac : il s’est concentré sur les matières avec le plus fort coefficient. 
  • Même si elle préfère le Japon, Marie a choisi pragmatiquement d’apprendre le chinois, compte tenu du dynamisme économique de la Chine. 
  • Camille est quelqu’un de pragmatique. Devant les nombreux embouteillages provoqués par les voitures à Paris, elle a décidé de ne se déplacer qu’à vélo. 

 

Pragmatique : synonymes

Efficace, empirique, expérimental, pratique, réaliste, utilitaire, terre à terre, etc.

 

Étymologie

Pragmatique vient du grec pragmatikos (πραγματικός), où pragma signifie action, affaire, chose, événement.

 

Pragmatique sanction ou pragmatique

La pragmatique sanction, ou la pragmatique, est l’édit d’un souverain qui statue en matière ecclésiastique ou sur une autre affaire fondamentale pour l’État. La pragmatique sanction trouve son origine dans le droit romain. Elle qualifie, à partir de Constantin (310 – 337), les rescrits dont les réponses étaient l’objet d’une expédition spéciale et solennelle. Par extension, pragmatique sanction a désigné l’ensemble des édits des souverains.

 

La pragmatique sanction de Bourges :

La pragmatique sanction de Bourges est une ordonnance de Charles VII (1422 – 1461) prise en 1438. Elle avait pour objet de recevoir et modifier des articles du concile de Bâle et régir les relations entre l’Église gallicane (l’Église française) et le pape. Elle retire notamment au pape le droit de nommer les évêques et abbés. 

 

La pragmatique sanction de Charles III de Habsbourg (alias Charles VI)

La Pragmatique Sanction renvoie aussi à un édit publié en 1713 par l’empereur du Saint-Empire romain germanique Charles VI (1711 – 1740), alias Charles III de Habsbourg, qui permit à une femme d’hériter des possessions de cette famille. En l’occurrence, Marie-Thérèse d’Autriche lui succède.

 

Le pragmatisme en philosophie

En philosophie, le pragmatisme est un courant selon lequel le critère de la vérité pour une idée ou une théorie est sa possibilité d’action sur réel. Ce courant philosophique s’est surtout développé aux États-Unis par l’oeuvre de penseurs comme Charles Sanders Peirce, William James ou John Dewey.