Orthographe
On écrit : quel que soit. Les tournures introduites par le pronom relatif indéfini « quel que », où « quel » a le rôle d’attribut et « que » est un pronom relatif, sont suivies d’un verbe conjugué au subjonctif. « Quel » doit donc s’accorder avec le nom auquel il se rapporte. En règle générale, il faut retenir que « quel que » est en deux mots lorsqu’il est suivi d’un verbe au subjonctif, ce qui est le cas de « soit », qui correspond à la troisième personne du singulier du subjonctif présent du verbe « être ».
Ce qu’il faut retenir
-
« Quel que soit » s’écrit toujours en deux mots (jamais « quelque soit »)
-
« Quel » s’accorde avec le nom qui suit : quelle que soit, quels que soient
-
Construction avec subjonctif obligatoire : quel que soit, quelle que puisse être
-
Signifie « peu importe » ou « en dépit de » dans une proposition concessive
-
« Quelque » en un mot est un adverbe ou adjectif indéfini différent
Pourquoi cette règle existe-t-elle ?
La distinction entre « quel que soit » et « quelque soit » repose sur une différence grammaticale fondamentale. Le pronom relatif indéfini « quel que » fonctionne comme une locution qui exprime une indétermination totale. Cette construction permet d’envisager tous les cas possibles sans exception.
Cette règle s’inscrit dans l’évolution historique du français. Au fil des siècles, la langue a développé des mécanismes précis pour distinguer les nuances sémantiques. La graphie « quel que » en deux mots signale immédiatement au lecteur qu’il s’agit d’une proposition concessive.
La nature grammaticale de « quel que »
Dans cette expression, « quel » conserve sa nature d’adjectif interrogatif et s’accorde donc avec le sujet du verbe qui suit. Il ne s’agit pas d’un mot invariable, contrairement à l’adverbe « quelque ». Cette distinction révèle la richesse du système grammatical français qui offre plusieurs moyens d’exprimer la concession.
« Quel que » introduit une proposition concessive qui, comme son nom l’indique, introduit une concession, qui se place en opposition avec ce qui est énoncé dans l’autre partie de la phrase. Elle est équivalente à « de quelque nature que », de « en dépit de », de « peu importe ». Cette tournure est le plus souvent suivie du verbe « être », mais on peut aussi employer le verbe « pouvoir » au subjonctif, dans un style littéraire.
Les cas d’accord particuliers
L’accord de « quel » présente certaines subtilités selon le contexte. Lorsque le sujet est un nom collectif ou un pronom indéfini, l’accord peut parfois prêter à confusion. Il convient alors de bien identifier le véritable sujet grammatical.
« Dans la rédaction administrative, quel que soit le niveau hiérarchique concerné, la précision reste primordiale. »
Cette phrase illustre parfaitement l’usage de « quel que soit » dans un registre soutenu. La tournure permet d’exprimer une généralisation tout en maintenant l’élégance stylistique.
Au reste, il ne faut jamais écrire « quelque soit »,
car « quelque » est un adverbe ou un adjectif («
quelques pauvres
hères se trouvaient aux portes du palais »).
Distinction avec d’autres emplois de « quelque »
Il ne faut pas confondre « quel que » avec « quelque » employé seul, qui peut être soit un adverbe d’intensité (« elle était quelque peu fatiguée »), soit un adjectif indéfini (« quelques amis viendront »). Cette distinction permet d’éviter les erreurs fréquentes.
Voici un tableau récapitulatif des principales différences :
Expression | Nature grammaticale | Accord | Exemple |
---|---|---|---|
quel que + subjonctif | pronom relatif indéfini | avec le sujet qui suit | quel que soit le temps |
quelque + nom | adjectif indéfini | avec le nom qui suit | quelques minutes |
quelque + adjectif | adverbe d’intensité | invariable | quelque difficile que… |
Exemples
- Quelle que soit la nature du
problème auquel vous allez faire face, vous devez l’affronter pour
atteindre enfin votre objectif.
- Peu importe la nature du problème auquel vous allez faire face…
- Nous acceptons tous les candidats dans notre institution,
quels que soient leurs parcours.
- « quels » s’accorde avec le sujet de « soient », qui est « leurs parcours ».
- Notre club propose des activités sportives pour tous,
quelle que soit la condition physique des
participants.
- « quelle » s’accorde avec « la condition physique ».
- Quelles que soient les conditions que vous poserez, nous les accepterons car nous avons besoin de votre aide.
- […] le Parisien vit en enfant quel que soit son âge. (Balzac, La Fille aux yeux d’or)
Exemples dans différents registres de langue
La tournure « quel que soit » s’adapte à tous les niveaux de langue. En voici quelques illustrations supplémentaires :
« Quel que soit votre domaine d’expertise, cette formation vous sera bénéfique. »
« Quelles que soient les circonstances, nous respecterons nos engagements contractuels. »
Dans le domaine juridique, cette expression permet de couvrir toutes les situations sans exception. Elle garantit ainsi une formulation exhaustive des clauses contractuelles.
Usage avec des pronoms
Lorsque « quel que » est employé avec des pronoms personnels, l’accord reste identique :
Avec le verbe pouvoir :
- Je lui parlerai toujours, quelles que puissent être ses convictions politiques.
Variantes stylistiques
Dans certains contextes littéraires ou administratifs, on peut rencontrer des constructions plus élaborées :
« Quelles que puissent être les objections soulevées, le projet conserve sa pertinence. »
Cette tournure avec « pouvoir » au subjonctif enrichit l’expression et permet de nuancer la concession. Elle suggère une possibilité plutôt qu’une certitude.
Erreurs fréquentes à éviter
Plusieurs confusions persistent dans l’usage courant. La plus fréquente consiste à confondre les homophones :
- Écrire « quelque soit » au lieu de « quel que soit »
- Oublier l’accord de « quel » avec le sujet qui suit
- Employer « quelques » au pluriel dans cette construction
Pour vous aider à mémoriser cette règle et vérifier vos écrits, nous vous recommandons d’utiliser notre correcteur d’orthographe qui détecte automatiquement ce type d’erreur.
Applications pratiques
Cette construction s’avère particulièrement utile dans :
- La rédaction professionnelle
- Les textes juridiques
- La correspondance administrative
- L’expression écrite académique
Elle permet d’exprimer une généralisation respectueuse qui tient compte de toutes les situations possibles sans exception.
Vous trouverez ici un article sur la différence entre « quelque », « quelques » et « quel que ».
Bonjour,
Je suis étonné du premier exemple ; j’aurais eu tendance à écrire le “quel” au féminin : Quelle que soit la nature du problème …
Merci de me l’avoir signalé.
Bonjour,
Je suis étonné du premier exemple ; j’aurais eu tendance à écrire le “quel” au féminin : Quelle que soit la nature du problème …
Merci de me l’avoir signalé.