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« Sororité » : définition, étymologie, synonymes et usage

« Sororité » : définition, étymologie, synonymes et usage
Publié le 20/06/2026
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Un mot qui circule de plus en plus dans les conversations, les médias et les débats sociaux. La sororité fascine, interroge et parfois divise. Qu’est-ce que ce terme désigne vraiment ? D’où vient-il ? Comment l’utiliser correctement ? Définition, étymologie, exemples concrets, nuances et questions fréquentes : voici tout ce que vous devez savoir sur ce mot devenu incontournable.

Ce qu’il faut retenir

  • La sororité désigne un lien de solidarité profond entre femmes, bien au-delà de l’amitié ordinaire.
  • Le mot vient du latin soror (sœur) et est construit en miroir de « fraternité ».
  • Elle existe sous trois formes : affective, militante et professionnelle, selon le contexte vécu.
  • La sororité est officiellement intégrée au Larousse et au Robert, confirmant sa légitimité lexicale.
  • Elle ne suppose pas l’absence de conflits, mais un refus de la destruction mutuelle entre femmes.

Définition de la sororité

La sororité désigne le sentiment de solidarité, d’entraide et de liens affectifs profonds qui unit des femmes entre elles. Ce n’est pas simplement une amitié ordinaire. C’est un lien fondé sur une expérience commune, une condition partagée, une conscience collective de ce que signifie être femme dans la société.

Le mot appartient au registre courant mais aussi au vocabulaire féministe et sociologique. Il décrit à la fois un idéal — celui d’une solidarité féminine universelle — et une réalité vécue dans des groupes, des associations ou des communautés de femmes qui s’entraident concrètement.

La bonne nouvelle ? Ce concept n’est pas réservé aux milieux militants. Il s’invite dans les familles, les cercles d’amies, les équipes professionnelles. Partout où des femmes se soutiennent mutuellement, la sororité est à l’œuvre.

Sororité au sens large et au sens strict

Au sens strict, la sororité renvoie à un lien quasi sororal — comme entre sœurs — entre femmes qui ne sont pas nécessairement apparentées. Au sens large, elle englobe tout mouvement collectif de soutien entre femmes, qu’il soit spontané ou organisé.

Voici une distinction utile à garder en tête :

  1. Sororité affective : lien émotionnel fort entre femmes partageant des expériences similaires (maternité, discrimination, deuil…)
  2. Sororité militante : solidarité organisée dans un cadre féministe ou associatif pour défendre des droits communs
  3. Sororité professionnelle : entraide entre femmes dans un milieu de travail, notamment dans des secteurs à dominance masculine

Étymologie et origine du mot

Le mot sororité est construit sur le latin soror, qui signifie « sœur ». On retrouve cette racine dans d’autres mots français comme soral ou dans des termes religieux comme sœur elle-même. Le suffixe -ité exprime une qualité ou un état abstrait, comme dans fraternité, solidarité ou humanité.

Ce n’est pas un hasard si la sororité est construite en miroir du mot fraternité, issu du latin frater (frère). Pendant des siècles, la fraternité a été le terme dominant pour désigner la solidarité humaine — y compris celle entre femmes. La sororité est venue combler un vide lexical et symbolique. Elle affirme que les femmes, elles aussi, ont leur propre espace de solidarité nommé et reconnu.

Le terme est attesté en français dans la seconde moitié du XXe siècle, mais c’est à partir des années 2000, et surtout des années 2010 avec l’essor des mouvements féministes en ligne, qu’il a connu une diffusion massive dans le féminisme contemporain.

Orthographe, genre et accord

La sororité est un nom féminin. Elle s’écrit sans majuscule dans le corps d’une phrase et ne prend pas de trait d’union. Voici les formes correctes et incorrectes à connaître absolument.

✅ La sororité entre ces deux femmes était palpable dès leur première rencontre. (forme correcte)
⛔ La Sororité entre ces deux femmes était palpable dès leur première rencontre. (forme incorrecte)
✅ Elles ont construit une véritable sororité au fil des années. (forme correcte)
⛔ Elles ont construit une véritable sororité au fil des années mais elle s’est rompue par leur fraternité. (forme incorrecte — confusion de genre dans le contexte)

Un doute sur l’orthographe d’un mot ? Pensez à consulter notre correcteur d’orthographe et à l’ajouter à vos favoris pour ne plus jamais hésiter.

La sororité est-elle toujours féminine ?

Oui, par définition. Le mot désigne exclusivement un lien entre femmes. C’est précisément ce qui le distingue de la fraternité, qui a été historiquement utilisée de façon neutre ou universelle. La sororité revendique l’espace féminin comme espace propre, avec son vocabulaire et sa légitimité.

Différence entre sororité, fraternité et solidarité

Ces trois mots gravitent dans le même champ sémantique. Pourtant, ils ne sont pas interchangeables. Voici une comparaison précise pour y voir plus clair.

Mot Genre désigné Racine latine Registre Usage principal
Sororité Féminin soror (sœur) Courant / militant Liens entre femmes
Fraternité Masculin / universel frater (frère) Officiel / politique Solidarité humaine générale
Solidarité Neutre solidus (solide) Général Entraide tous genres confondus

La distinction est subtile mais réelle. Dire « je ressens une grande solidarité envers elle » exprime un soutien. Dire « nous vivons une véritable sororité » va bien plus loin. Cela implique une conscience partagée d’une condition commune. C’est là toute la profondeur du mot.

Sororité vs sisterhood : même concept ?

En anglais, le terme sisterhood précède largement l’usage francophone du mot sororité. Il est apparu dans les mouvements féministes américains des années 1960-1970. La sororité française en est l’héritière directe, mais elle porte aussi une coloration propre à la culture française : plus abstraite, plus philosophique, moins ancrée dans la pratique communautaire que son équivalent anglophone.

Exemples d’utilisation dans des phrases

Voir un mot en contexte, c’est souvent la meilleure façon de le comprendre vraiment. Voici des exemples entièrement originaux pour illustrer les différents usages de la sororité.

« Ce soir-là, dans cette salle de réunion mal éclairée, quelque chose d’inattendu s’est produit. Trois femmes que tout opposait — l’âge, le parcours, les convictions — ont trouvé dans leur silence partagé les fondations d’une sororité durable. »

« Elle n’avait pas demandé d’aide. Pourtant, ses collègues féminines avaient senti. Elles s’étaient organisées discrètement. C’était ça, la sororité au quotidien : pas de discours, juste des actes. »

« La sororité ne signifie pas l’absence de conflits entre femmes. Elle signifie choisir, malgré ces conflits, de ne pas se laisser diviser par un système qui a tout intérêt à ce qu’elles le soient. »

Ces exemples montrent que la sororité s’exprime dans des contextes très variés : l’intime, le professionnel, le politique. Elle n’est pas figée dans un seul registre.

Synonymes, alternatives et contraires

Synonymes et alternatives

Il n’existe pas de synonyme parfait pour la sororité. C’est précisément ce qui lui donne sa valeur. Cependant, plusieurs expressions s’en approchent selon le contexte :

  • Solidarité féminine : terme plus neutre, moins chargé symboliquement
  • Entraide entre femmes : formulation descriptive, souvent utilisée dans les contextes associatifs
  • Sisterhood : l’équivalent anglais, parfois utilisé tel quel en français dans les milieux féministes
  • Lien sororal : expression plus littéraire, désignant un lien de type fraternel mais entre femmes

Contraires et antonymes

La sororité n’a pas d’antonyme officiel dans les dictionnaires. Mais dans l’usage, elle s’oppose à des réalités comme la rivalité féminine, la compétition entre femmes, ou ce que certaines sociologues appellent la « misogynie internalisée » — c’est-à-dire le rejet entre femmes alimenté par des normes patriarcales.

Une nuance perspicace à noter ici : l’absence d’antonyme lexical pour la sororité révèle quelque chose d’important. Le langage a longtemps nommé les divisions entre femmes (jalousie, rivalité, commérage…) sans jamais nommer leur union. La sororité comble ce silence.

Traductions de la sororité dans d’autres langues

Langue Traduction Remarque
Anglais Sisterhood Terme très ancré dans le féminisme anglo-saxon
Espagnol Sororidad Utilisé activement dans les féminismes latino-américains
Italien Sorellanza Moins répandu, concurrence par solidarietà femminile
Portugais Sororidade Fort usage au Brésil dans les mouvements féministes
Allemand Schwesternschaft Terme littéral (de Schwester, sœur), moins politique
Arabe أخوّة نسائية (ukhuwwa nisā’iyya) Expression descriptive, pas de mot unique standardisé
Japonais 女性の連帯 (josei no rentai) Signifie littéralement « solidarité des femmes »

Ce tableau révèle une tendance frappante : les langues romanes ont toutes construit un équivalent direct de la sororité à partir de la racine soror. Les langues germaniques ou non indo-européennes, elles, ont souvent recours à des expressions descriptives. Cela suggère que le concept lui-même est culturellement situé, plus naturel à exprimer dans les langues héritières du latin.

Usage contemporain et évolution du mot

La sororité a connu une accélération spectaculaire de son usage à partir de 2017, portée par le mouvement #MeToo. Elle est sortie des cercles féministes pour entrer dans le langage courant. Aujourd’hui, on la retrouve dans la presse généraliste, dans les discours politiques, dans les publicités — ce qui soulève d’ailleurs une question pertinente.

La récupération commerciale du mot pose un vrai défi. Quand une marque de cosmétiques utilise la sororité pour vendre un rouge à lèvres, elle vide le terme d’une partie de sa substance. Ce phénomène, que les linguistes appellent la récupération sémantique, touche beaucoup de mots issus des mouvements sociaux. La sororité n’y échappe pas.

Malgré cela, le mot conserve une puissance d’évocation réelle. Il désigne quelque chose que beaucoup de femmes reconnaissent dans leur expérience sans avoir eu le mot pour le nommer. C’est précisément la force d’un vocabulaire qui naît du vécu avant d’être théorisé.

FAQ — Questions fréquentes sur la sororité

La sororité est-elle un concept féministe exclusivement ?

Non. Si le mot est fortement associé au féminisme, le concept qu’il désigne — la solidarité entre femmes — existe bien au-delà des cercles militants. On le retrouve dans les communautés religieuses (les congrégations de sœurs), dans les traditions populaires, dans les liens familiaux élargis. Le féminisme a simplement donné un nom et une conscience politique à quelque chose d’humainement universel.

Peut-on parler de sororité entre hommes ?

Non, par définition. Le terme est spécifiquement féminin. Pour les hommes, on utilisera la fraternité. En revanche, certains usages militants ont proposé d’élargir la sororité à toutes les personnes qui s’identifient comme femmes, incluant les femmes transgenres. C’est un débat actif dans les mouvements féministes contemporains, qui dépasse la simple définition lexicale.

Sororité et féminisme sont-ils synonymes ?

Non. La sororité est un type de lien. Le féminisme est un mouvement politique et intellectuel. L’un peut exister sans l’autre. Deux femmes peuvent vivre une profonde sororité sans jamais employer le mot « féminisme ». Inversement, on peut se revendiquer féministe sans nécessairement pratiquer la sororité dans ses relations quotidiennes.

La sororité implique-t-elle l’absence de conflits entre femmes ?

Absolument pas. C’est l’un des malentendus les plus répandus sur ce concept. La sororité ne nie pas les tensions, les désaccords ou les rivalités qui peuvent exister entre femmes. Elle propose plutôt un cadre dans lequel ces conflits ne conduisent pas à la destruction mutuelle, mais à un dépassement collectif. Penser autrement serait idéaliser le concept au point de le rendre inutilisable.

Le mot sororité figure-t-il dans le dictionnaire officiel français ?

Oui. La sororité est désormais intégrée dans les grands dictionnaires de référence français, dont le Larousse et le Robert. Son entrée officielle dans ces ouvrages confirme son ancrage dans la langue française contemporaine. Elle n’est plus un néologisme militant mais un mot pleinement reconnu par la norme lexicale.

Comment utiliser le mot sororité sans tomber dans le cliché ?

En l’ancrant dans le concret. Évitez les formules creuses du type « la sororité c’est beau ». Préférez des phrases qui illustrent une action, un choix, une situation précise. La sororité prend tout son sens quand elle décrit quelque chose de vécu et de tangible — pas un idéal flottant sans prise sur la réalité.