À la bonne franquette signifie : « sans façons », » sans chichis », « sans cérémonie », « en toute simplicité », notamment pour la prise des repas.

 

• L’origine de l’expression « à la bonne franquette »

« Franquette » est probablement le diminutif de franc, au sens de « franchement », « loyalement », dans les dialectes de la région normano-picarde (la forme plus régulière serait franchette). Jusqu’au XVIIIe siècle, on écrit plutôt cette expression sous la forme plus courte « à la franquette« , qui avait alors le sens de « franchement », « sincèrement ». 

Le Seigneur : J’ai dit que vous aviez l’air d’un homme ingénu, sans malice, là d’un garçon de bonne foi. 

Arlequin : L’air d’un innocent, pour parler à la franquette ; mais qu’est-ce que cela fait ? Moi, j’ai l’air d’un innocent ; vous, vous avez l’air d’un homme d’esprit ; eh bien, à cause de cela, faut-il s’en fier à notre air ? N’avez-vous rien dit que cela ?

Marivaux, La Double Inconstance, II, 7

Selon Duneton, l’adjonction de bonne serait due à la concurrence avec l’expression « à la bonne foi ».  La bonne franquette, c’est une façon d’agir sans cérémonie, avec simplicité.  Voir ici : quelle est l’origine de l’expression « avoir le béguin » ?

Exemples :

  • Les employés du bureau venaient chaque jour dans ce restaurant auvergnat pour déguster à la bonne franquette les merveilles de la gastronomie française.
  • Nous étions là, tous ensemble, assis sur la terrasse, et nous refaisions le monde à la bonne franquette autour de quelques bouteilles de vin.
  • Elle se trouvait à l’aise avec cette femme toute ronde, ses manières à la bonne franquette, sa langue de peuple. (Frères Goncourt, Manette Salomon)  : employé ici au sens de « sans chichis », « simples ».
  • Je me rappelle que, quand j’étais à la Chambre, un discours tout à fait remarquable fut prononcé… – C’était l’oncle de la jeune femme que vous venez de voir. – Ah ! quel talent !… Non, mon petit », disait-il à la vicomtesse d’Égremont, que Mme de Guermantes ne pouvait souffrir mais qui, ne bougeant pas de chez la princesse d’Épinay où elle s’abaissait volontairement à un rôle de soubrette (quitte à battre la sienne en rentrant), restait, confuse, éplorée, mais restait quand le couple ducal était là, débarrassait des manteaux, tâchait de se rendre utile, par discrétion offrait de passer dans la pièce voisine, « ne faites pas de thé pour nous, causons tranquillement, nous sommes des gens simples, à la bonne franquette.( Proust, À la recherche du temps perdu)

 

À lire 

  • Duneton, La Puce à l’oreille
  • Robert, Dictionnaire des expressions et locutions