« Parler à la cantonade » signifie : parler sans s’adresser à qui que ce soit en particulier, parler tout haut pour être entendu d’un auditoire sans s’adresser à quelqu’un en particulier ou en faisant semblant de ne pas s’adresser à la personne visée.

 

Origine de l’expression « à la cantonade »


L’histoire du terme « cantonade », dont le sens n’est plus compris par les locuteurs aujourd’hui, est complexe. Il emprunté au provençal cantonada (« angle, coin »), qui est passé du sens « angle de maison », à celui de « coin de rue ». Il est entré au XVIIe dans la langue du théâtre au sens de « coins de la scène près des coulisses« , qui est le lieu où sont assis les spectateurs privilégiés. Par extension, la « cantonade » a ensuite changé de sens pour devenir un synonyme de « coulisses », puis un terme désignant les personnes présentes autour de quelqu’un, et qui peuvent entendre les paroles de ce quelqu’un (sans qu’ils aient l’air de l’écouter). « Parler à la cantonade » voulait dire, au théâtre, parler à un personnage qui n’était pas vu des spectateurs, ou en faisant comme si la personne visée n’était pas là.

 

Exemples : 

Craignant que le notaire qui passait à ce moment-là ne l’eût entendu, il crut fin de montrer qu’il parlait de tout autre chose que de ce qu’on aurait pu croire et dit avec insistance et à la cantonade, mais comme s’il ne faisait que continuer sa conversation : « Oui, malgré mon âge j’ai gardé le goût de bibeloter, le goût des jolis bibelots, je fais des folies pour un vieux bronze, pour un lustre ancien. J’adore le Beau. »

Proust, À la recherche du temps perdu

Lucette, parlant à la cantonade : C’est ça ! ce sera charmant ! Dépêchez-vous !

Feydeau, Un Fil à la patte, I, XIV

Nombreux sont d’ailleurs les fonctionnaires à chercher leurs repères, en interrogeant à la cantonade : « Il y a du monde ? On est beaucoup ? C’est combien, beaucoup ? » La Préfecture préfère ne pas répondre à cette question métaphysique.

Lemonde.fr

Voir ici : quelle est l’origine de l’expression « lune de miel » ?