Lune de miel : origine et signification de l’expression

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L’Étreinte, Anders Zorn, 1885 | Wikimedia Commons

Lune de miel : origine et signification de l’expression


Le voyage de noces désigne les premiers temps du mariage, la période de tendresse et d’amour au début du mariage. 

« Lune de miel » semble être un calque de l’anglais honeymoon. Honey, « miel », a en anglais une connotation méliorative. Aux États-Unis, honey veut même dire « mon/ma chéri(e) ». La lune symbolise le cycle du mois.

On trouve un syntagme qui s’en approche chez Voltaire (1694 – 1778) :

Zadig éprouva que le premier mois du mariage, comme il est écrit dans le livre du Zend, est la lune du miel, et que le second est la lune de l’absinthe.

Zadig

Zadig est perse, et en Iran, aujourd’hui encore, pendant le mariage, les mariés plongent un doigt dans un verre rempli de miel, pour le faire goûter l’un à l’autre, afin que leur vie de couple soit « sucrée » (douce). 

L’expression devient usuelle dans la littérature française à partir du XIXe siècle, mais ne désigne pas encore le « voyage de noces ». 

La pratique du « voyage de noces », ainsi que l’expression même, deviennent courantes à la Belle Époque (la période allant de la fin du XIXe à la Première Guerre mondiale). C’est, selon l’historien Sylvain Veneyre, un des symptômes de l’autonomisation du couple par rapport à la famille des époux, qui s’isolent juste après le mariage pour solidifier leur union.

L’expression contient en elle-même une ironie : s’il y a lune de miel, il y a ensuite entrée dans l’ordinaire de la vie de couple, où l’amour s’éteint pour laisser place à l’indifférence, à une plate affection ou à la détestation. 

Exemples

La Tamise bordait le gazon d’un cottage à demi caché sous un cèdre du Liban, et parmi des saules pleureurs : un couple nouvellement marié était venu passer la lune de miel dans ce paradis.

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe

 

Cette expression, lune de miel, est un anglicisme qui passera dans toutes les langues, tant elle dépeint avec grâce la nuptiale saison, si fugitive, pendant laquelle la vie n’est que douceur et ravissement ; elle restera comme restent les illusions et les erreurs, car elle est le plus odieux de tous les mensonges. Si elle se présente comme une nymphe couronnée de fleurs fraîches, caressante comme un syrène, c’est qu’elle est le malheur même ; et le malheur arrive, la plupart du temps, en folâtrant.

Balzac, Physiologie du mariage

 

Elle songeait quelquefois que c’étaient là pourtant les plus beaux jours de sa vie, la lune de miel, comme on disait. Pour en goûter la douceur, il eût fallu, sans doute, s’en aller vers ces pays à noms sonores où les lendemains de mariage ont de plus suaves paresses ! Dans des chaises de poste, sous des stores de soie bleue, on monte au pas des routes escarpées, écoutant la chanson du postillon, qui se répète dans la montagne avec les clochettes des chèvres et le bruit sourd de la cascade. Quand le soleil se couche, on respire au bord des golfes le parfum des citronniers ; puis, le soir, sur la terrasse des villas, seuls et les doigts confondus, on regarde les étoiles en faisant des projets. 

Flaubert, Madame Bovary

Adrian

https://www.laculturegenerale.com

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1 réponse

  1. PERARDEL dit :

    L’extrait de Flaubert est de Madame Bovary !!!!!!

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