« Affliger » et « infliger » : quelle différence ?

« Affliger » et « infliger » sont des paronymes.

La ressemblance de prononciation entre ces mots peut prêter à confusion.

 

Affliger : définition


Du latin affligere, « affliger », « tourmenter ».

Le verbe du premier group « affliger » signifie :

1. causer un douleur morale, démoraliser profondément ;

 

  • s’affliger : se mortifier moralement, s’accabler, se faire souffrir ;

Elle fut saisie de joie en voyant celle qu’elle causait à son mari. À la fixité du regard qu’il attachait sur elle, elle comprit que Julien avait deviné juste. Au lieu de s’affliger de ce malheur fort réel, quel génie, pensa-t-elle, quel tact parfait !

Stendhal, Le Rouge et le Noir

 

  • être affligé : être abattu ou, par extension, être consterné ; 

Nous devons dire qu’elle était peu affligée de cette absence volontaire du pauvre bossu. Au fond du cœur, elle lui en savait gré. Au reste, Quasimodo ne se faisait pas illusion à cet égard.

Hugo, Notre-Dame de Paris

 

2. causer un grand dommage.

Car le pain manquait dans tout le monde, et la famine affligeait toute la terre ; mais principalement l’Egypte et le pays de Chanaan.

Péguy, Le Mystère de Jeanne d’Arc

 

Infliger : définition


Du latin infligere, « heurter contre  ».

Le verbe du premier groupe « infliger » signifie :

1. imposer à quelqu’un une peine, une sanction ;

[L’Autorité de la concurrence ] peut infliger une sanction pécuniaire lorsqu’une entreprise ou association d’entreprises a commis des pratiques anticoncurrentielles […]

Article L464-2, Code de commerce

 

Les faits ne pénètrent pas dans le monde où vivent nos croyances, ils n’ont pas fait naître celles-ci, ils ne les détruisent pas ; ils peuvent leur infliger les plus constants démentis sans les affaiblir […]

Proust, De côté de chez Swann

 

2. faire subir quelque chose de pénible.

Il n’y a pas de jour où, rêvant à ce que j’ai été, je ne revoie en pensée le rocher sur lequel je suis né, la chambre où ma mère m’infligea la vie, la tempête dont le bruit berça mon premier sommeil, le frère infortuné qui me donna un nom que j’ai presque toujours traîné dans le malheur.

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe

 

Adrian

https://www.laculturegenerale.com

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.