Avoir maille à partir avec quelqu’un ou quelque chose signifie : avoir un différend, une querelle. Exemple : 

  • Ce gredin ne nous avait caché pendant toutes ces années qu’il avait maille à partir avec la justice, et qu’une épée de Damoclès le menaçait à chaque instant.
  • Évite donc d’avoir un jour maille à partir avec l’administration de ce pays, tu perdrais ton affaire et peut-être même bien plus !
  • Rosée ne tenait par aucun fil à l’autorité. Il y avait plus ; son oncle, conseiller municipal, avait eu maille à partir avec l’administration. Je pouvais y faire. (Vallès, L’Enfant)
  • C’est ici que tu as couvé ta couvée, que tu as soigné les maladies, que tu as veillé près des berceaux, que tu as eu maille à partir avec des nurses et des institutrices.  (Mauriac, Le Nœud de vipères)

 

Origine de l’expression « avoir maille à partir »

Sous les premiers Capétiens, la maille était une monnaie de cuivre de faible valeur, équivalente à un demi-denier, ce qui correspond à l’obole, la plus faible unité de compte (maille est dérivé indirect du latin medius « demi », par l’intermédiaire du latin médiéval medialia). Elle devint un terme générique pour désigner la menue monnaie en général. « Partir » a eu pour sens ancien « partager, diviser ». Avoir maille à partir, c’était donc, d’abord, se partager une monnaie de rien du tout, et donc se quereller à propos d’une vétille, d’une chose sans importance. S’ajoute un jeu de mot, parce que « le parti » était aussi une monnaie équivalente à une demi-maille (cf. Dictionnaire historique de la langue française). Cette expression, née au XVIIe siècle, est restée paradoxalement très courante, malgré le fait que ses composantes ne soient plus comprises. On disait autrefois « n’avoir ni sou ni maille », c’est-à-dire être pauvre, et « cela ne vaut pas une maille », au sens de « cela na vaut rien » (encore relevé par la 9e édition du Dictionnaire de l’Académie française), mais ces expressions ont disparu.

Voir ici : d’où vient l’expression « vouer aux gémonies »?