Bon vent : définition & origine [expression]

Bon vent ! est une formule de souhait qui signifie :

  1. au revoir ! adieu ! bon courage ! bonne chance ! bonne route !
  2. ironiquement : bon débarras ! va-t’en ! pars !

Dans le deuxième sens, elle est un synonyme moins agressif de : « du vent ! ».

 

Bon vent ! : origine de l’expression


Avoir « bon vent » est une locution tirée du monde de la navigation, qui signifie « avoir un vent favorable », qui mène là où le navire doit aller (grâce aux voiles). De là l’expression familière usuelle : « quel bon vent t’amène ? ».

L’île de Vancouver, située dans les eaux américaines à la hauteur de la Colombie anglaise, n’est qu’à vingt-cinq degrés environ au nord de la baie Marguerite. Par bon vent, le Saint-Enoch pouvait l’atteindre en une quinzaine de jours.

Jules Vernes, Les Histoires de Jean-Marie Cabidoulin

Un « bon vent » est donc un ensemble de circonstances heureuses :

Si celui qui est en faveur ose s’en prévaloir avant qu’elle lui échappe, s’il se sert d’un bon vent qui souffle pour faire son chemin, s’il a les yeux ouverts sur tout ce qui vaque, poste, abbaye, pour les demander et les obtenir, et qu’il soit muni de pensions, de brevets et de survivances, vous lui reprochez son avidité et son ambition […]

La Bruyère, Les Caractères

 

De l’idée de départ heureux d’un navire est venue la transformation de cette expression en formule d’adieu ou d’au revoir. Dans sa forme ancienne, cette formule était coordonnée avec une autre : 

Le Capitaine : bien. Maintenant, si l’ennemi paraît, mettez le cap dessus ; et demain, au grand jour, nous aurons le plaisir de lui voir donner la cale. En attendant, bonsoir et bon vent. 

Madame Friedelle, Amélie, ou le Protecteur mystérieux, 1807

 

– Bon voyage et bon vent ! fit Marcas. Ne vous reverra-t-on pas demain ? 

Les Chiffonniers de Paris, 1861

Elle s’est ensuite rétrécie à la formule que nous connaissons aujourd’hui (par laquelle Georges Pernoud concluait ses émissions Thalassa).

Par antiphrase, elle encourage un importun à s’en aller, ou salue le fait qu’il s’éloigne. Qu’un bon vent nous en débarrasse !

Elle se contenta de monter avec ses acolytes dans la chambre des domestiques et fit jeter en vrac par la fenêtre tout ce qu’ils possédaient, leurs effets et le reste. 
– Pour vos salaires, vous vous adresserez à M. Edmond. Bon voyage et bon vent…

Roland Dorgelès, À bas l’argent

 

Et pourtant, que de fois, au cours de ces dernières années, s’était-il dit, dans son langage exprès brutal : « Mais je m’en fiche, de cette garce ! Elle peut bien faire tout ce qu’elle veut, aller au diable avec n’importe qui. Bon vent ! »

Francis de Miomandre, Jeux de glaces, 1930

Dans l’univers de la chasse, « chasser à bon vent » signifie chasser avec le vent contre soi, afin de ne pas alarmer le gibier avec ses odeurs corporelles. 

Il est à propos, autant que cela se peut, de chasser toujours à bon vent, tant pour dérober au gibier le sentiment du chasseur & du chien, que pour mettre le chien à même de l’éventer de loin […]

Encyclopédie méthodique, 1794

 

À lire ici : pourquoi dit-on « veiller au grain » ?

Adrian

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