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« Ce QUI s’est passé » ou « ce QU’IL s’est passé » ? Orthographe ✍️« Ce QUI s’est passé » ou « ce QU’IL s’est passé » ? Orthographe ✍️

Publié le 28/08/2025
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Orthographe

On écrit : « ce qui s’est passé » ou « ce qu’il s’est passé ». Les deux formes sont acceptées et elles sont interchangeables. À l’oral, elles tendent à se confondre (« ce ki sé passé »). Toutefois, « ce qui s’est passé » employée par le Dictionnaire de l’Académie française (« Voici ce qui s’est passé », 9e édition), semble être la forme canonique, et la plus employée par la tradition. Ce google n-gram révèle que « ce qu’il s’est passé » est une forme qui se développe depuis peu. Les exemples anciens avec « ce qu’il s’est passé » sont rares.

Il n’y a qu’une différence de structure entre ces deux formes. En effet, le verbe « se passer » peut être employé autant dans une tournure dite « personnelle » (« ce qui s’est passé ») qu’une tournure « impersonnelle » (« ce qu’il s’est passé »). Dans une tournure impersonnelle, le verbe se construit avec « il », qui ne renvoie à aucune réalité.

Dans le premier cas, le pronom relatif « qui » est le sujet du verbe « passer ». Il reprend « ce » (son antécédent).

Ce qui s’est passé ➢ « Ce » (un événement, une situation, etc.) s’est passé.

Dans le second cas, le pronom personnel « il » est ce que l’on nomme un « sujet apparent » : il sert grammaticalement de sujet, mais ce n’est pas lui le vrai sujet, il ne remplace aucun nom, parce que l’information manque. Le vrai sujet, le « sujet réel » est le pronom relatif « que », élidé devant « il » en « qu’ » (ce qui donne « qu’il »). Ce pronom relatif « que » reprend « ce » (son antécédent). Il a le rôle grammatical d’un complément d’objet direct (COD), mais c’est est en réalité le sujet réel.

Ce qu’il s’est passé ➢ Il s’est passé « ce » (un événement, une situation, etc.)
« Ce » a dans cette phrase la fonction grammaticale de COD, mais « ce » est le sujet réel du verbe se passer.

Dans les deux cas, personnel ou impersonnel, c’est « ce » qui se passe.

Exemples

  • Je ne sais pas ce qu’il s’est passé, on ne m’a rien dit du tout.
  • Ce qui se passe est très simple : nous n’avons plus d’eau pour l’été à venir .
  • « — Joseph, dit le comte à son valet de chambre, courez chercher monsieur Gourdon, car il faut tâcher de sauver l’enfant !… Et vous, dit-il à un jardinier, allez savoir ce qui s’est passé. » (Balzac, Les Paysans)
  • Ah ! bien sûr, non, je ne vous en veux pas de ce qui s’est passé. (Zola, L’Assommoir)