Décéder et mourir sont synonymes.  Seul l’usage distingue ces termes qui ont des connotations différentes.

 

Décéder

« Décéder » vient du latin decedere, « s’éloigner, partir, quitter » (Dictionnaire historique de la langue française), « s’en aller, mourir » (Dictionnaire de l’Académie française, 9e édition), « sortir de la vie » (de vita decedere). Il est défini par le TLFi, le Dictionnaire de l’Académie, le Robert et le Larousse comme « mourir ». Mais ce verbe ne s’emploie en général que pour une ou des personnes. Surtout, il est employé par la langue des documents administratifs comme tournure euphémique. Il est considéré comme trop brutal de dire « il est mort ». On lui préfère « il est décédé ». On parle en outre d’un « acte de décès », d’une « date de décès », etc.

  • Si je décède hors de France, je souhaite que mon corps ne soit rapporté dans ma patrie qu’après cinquante ans révolus d’une première inhumation. Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe / Il donne ici une valeur de testament à son avant-propos
  • L’acte de décès énoncera :
    1° Le jour, l’heure et le lieu de décès ;
    2° Les prénoms, nom, date et lieu de naissance, profession et domicile de la personne décédée ;
    etc.
    (Article 79 du Code civil)

 

Mourir

« Mourir » (du latin de même sens mori) est d’un sens moins restreint. Il peut être employé aussi bien à propos de personnes que d’animaux ou de choses (et même de processus).  En outre, il signifie au figuré « être en train de mourir » (alors que « décéder » est simplement le fait de mourir) « souffrir physiquement », « décroître », « s’affaiblir avant de disparaître ».

Ce verbe entre ainsi dans plusieurs locutions courantes, souvent hyperboliques : « je suis mort », au sens de « je suis très fatigué » (après un effort intense), mourir d’envie (avoir très envie), mourir de faim (avoir très faim), mourir de rire (rire beaucoup, avoir un fou rire), triste à mourir (très triste), mourir à la peine (travailler beaucoup), etc.

  • J’ai vu un film qui était à mourir de rire ! Je n’en pouvais plus.
  • Oh mon Dieu ! Cette ville est triste à mourir ! On n’y trouve même pas un petit troquet où s’installer.
  • Cette fois, l’ignorance des victimes est tragique. On croit mourir pour la patrie ; on meurt pour des industriels. (Anatole France, Article publié dans L’Humanité du 18 juillet 1922)
  • Cependant, que mille animaux meurent sous vos yeux, vous n’êtes point inquiets de ce que deviendra leur faculté de sentir… (Voltaire, La Raison par l’alphabet)