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Défrayer la chronique : définition & origine de l’expressionDéfrayer la chronique : définition & origine de l’expression

Publié le 28/09/2021
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Définition

Défrayer la chronique est une expression : faire parler de soi, être le sujet des conversations (souvent en mal), faire jaser, faire scandale, être l’objet de propos médisants.

Exemples

  • Cette écrivaine avait défrayé la chronique en défendant des thèses très iconoclastes.
  • C’est par la grande porte que Fofana s’ouvre celles de la Premier League. Rapidement, le transfert – quelque 35 millions d’euros – défraie la chronique : le jeune stoppeur n’affiche que 30 matchs en professionnel. (Lesechos.fr)

Défrayer la chronique : origine de l’expression

Le terme d’usage ancien « chronique » est à comprendre ici comme les informations et rumeurs, souvent défavorables et fureteuses (les ragots), relayées par les médias (on parle de « la chronique » en général). Mais elle peut très bien être prise dans un sens plus contemporain : ce terme désigne aujourd’hui les articles ou séquences d’émission produites par un même journaliste ou groupe de journalistes sur un sujet précis (les chroniques proposées par les journalistes dans les émissions télé rapportent par exemple souvent les querelles qui agitent le monde politique).

Il a escrit la Chronique dudit Roy, laquelle est vulgairement appellee la Chronique scandaleuse, à cause qu’elle fait mention de tout ce qu’a fait ledit ROY, & recite des choses qui ne sont pas trop à son advantage…

La Bibliothèque de sieur La Croix du Maine, 1584 (?) 

Défrayer, de l’ancien français frayer, « dépenser », signifie aujourd’hui « couvrir les frais de quelqu’un, le rembourser ». À partir de cette idée de paiement, le verbe a été employé pour « fournir la matière de », « alimenter » (au sens littéral ou figuré, comme alimenter les propos ou conversations). Ainsi, on disait autrefois « défrayer la conversation » ou « la compagnie », au sens de : donner matière à discussion, à rire, être le sujet de la conversation, à ses dépens notamment.

[…] & qui donne sujet de rire à celles n’ont pas toute la charité, pour vous épargner dans les cercles, où souvent le Prédicateur fait le sujet de la conversation & défraye la conversation. 

Le Pur et Parfait Christianisme…, 1676

Mais à propos de C… on m’a appris que vous y avez bien défrayé la compagnie, & que jamais on n’avoit vû des des Scenes si plaisantes que les vôtres.

Louis de Mailly, Avantures et lettres galantes, 1718

Défrayer la chronique, c’est donc alimenter les ragots et propos médisants que relaient les journaux ou, aujourd’hui, les médias en général. Cette expression si diffuse au milieu du XIXe siècle : 

Le séjour du grand-duc Constantin à Toulon, qu’il doit quitter aujourd’hui, et l’accueil qu’on lui prépare à Marseille et à Paris, continuent à défrayer la chronique des journaux. 

L’Ami de la religion et du roi, 25 avril 1857

[…] et qu’on trouve à Dieppe autant d’écrivains qu’on en a besoin pour défrayer la chronique, le théâtre, la musique, les modes, le sport, le salon et toutes les spécialités du feuilleton.

Journal des Baigneurs, 23 juillet 1863