Des « allers-retours » ou « aller-retour » ? Pluriel

On écrit : des « allers-retours » ou des « aller-retour ».

Les deux formes sont admises sont admises, mais il faut probablement préférer la première forme avec les « s ».

 

À lire ici : quel est le pluriel de « savoir-faire » ?

 

Un grammairien « puriste » comme Jean Girodet (Dictionnaire des pièges et difficultés de la langue française) considère cette expression, comme « aller et retour », comme invariable. On trouve parfois le pluriel d’« aller-retour » sans « s ». Le TLFi cite Jacques Rivière :

Il faut que tu prennes deux allers (à moins que − cas excessivement improbable − la validité des aller-retoursoit en ce moment prolongée à cause de fêtes quelconques…)

J. Rivière, Alain-Fournier, Correspondance,lettre de J. R. à A.-F., juill. 1907

Autre exemple avec « aller et retour » chez Proust : 

Puis, le monde dédaigné par elle à vingt ans, quand il était à ses pieds, lui avait cruellement manqué à trente, quand, depuis dix ans, personne, sauf de rares amies fidèles, ne la saluait plus, et elle avait entrepris de reconquérir laborieusement pièce par pièce ce qu’elle possédait en naissant (aller et retour qui ne sont pas rares).

Sodome et Gomorrhe, 1922

Toutefois, le pluriel avec des « s » semble, à première vue, plus logique (sans entrer dans des débats complexes), puisque ce nom est composé de deux noms qui sont, eux, variables (des allers et des retours). Il semble d’ailleurs largement dominant dans l’usage (cf. google n-gram). Il est proposé par le Robert ou le Larousse. L’Académie écrit dans la 9e édition de son dictionnaire : « avez-vous acheté des allers et retours ? ». 

Exemples

[…] ces années-là furent sans doute les plus belles de sa vie, une vie paisible où de brefs allers et retours dans la capitale alternaient avec de longs séjours dans la ferme de son beau-père […]

Perec, La Vie mode d’emploi

 

L’un des signes les plus nets de cette vocation civique, ou politique au sens le plus noble du terme, peut être observé dans les allers-retours entre les grandes universités et l’administration, c’est-à-dire le gouvernement, lors de chaque alternance politique.

 Antoine Compagnon, « Leçons américaines », Le Débat, vol. 156, no. 4, 2009, pp. 99-116.

Adrian

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