« Après-midi » : quel est le genre du mot ? Masculin ou féminin ?

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Chemin montant, Caillebotte, 1881 (détail) | Wikimedia Commons

Un ou une après-midi : masculin ou féminin ?


On écrit

Un OU une après-midi 
Les deux formes sont valables

C’est un nom que l’on peut employer au masculin ou au féminin. L’Académie française préfère l’emploi du masculin, qui est plus courant.

Selon l’orthographe traditionnelle, ce terme est invariable au pluriel. Depuis les rectifications orthographiques de 1990, on peut écrire « après-midis ».

Nouvelle orthographe : j’aime les après-midis que nous passons à la plage.

Cependant, on ne peut pas écrire « ma » mais « mon » après-midi. En effet, l’emploi de « ma » rendrait la prononciation de la phrase difficile à cause du hiatus (la rencontre de deux voyelles).

 

Exemples

Les grands auteurs l’emploient dans les deux genres. 

Emploi au masculin :

Je me promenais aux Champs-Élysées par un beau jour de printemps. C’était un de ces après-midi tièdes qui remuent en nous des joies secrètes, qui nous allument les yeux et versent sur nous un tumultueux bonheur de vivre.

Maupassant, Contes, Un Sage

 

Le docteur, un après-midi, vint s’y faire couper les cheveux. 

FlaubertBouvard et Pécuchet

 

Mais si les acteurs me préoccupaient ainsi, si la vue de Maubant sortant un après-midi du Théâtre-Français m’avait causé le saisissement et les souffrances de l’amour, combien le nom d’une étoile flamboyant à la porte d’un théâtre, combien, à la glace d’un coupé qui passait dans la rue avec ses chevaux fleuris de roses au frontail, la vue du visage d’une femme que je pensais être peut-être une actrice, laissait en moi un trouble plus prolongé, un effort impuissant et douloureux pour me représenter sa vie.

Proust, À la recherche du temps perdu 

 

L’après-midi était beau. Cependant. le pavé était gras. les gens rares et pressés encore. C’étaient d’abord des familles en promenade. deux petits garçons en costume marin.

Camus, L’Étranger

 

Emploi au féminin :

Ah ! ces homards de digestion si lente, dont nous souffrîmes, Simon et moi, durant les longues après-midi de soleil, en face de l’Océan qui fait mal aux yeux!

BarrèsUn Homme libre, cité par le TLFi

 

Deux mois plus tard, par une après-midi grise et douce de novembre, MmeCaroline monta à la salle des épures, tout de suite après le déjeuner, pour se mettre au travail. 

ZolaL’Argent

 

Et elle accourait, cette après-midi-là, avec le besoin fiévreux de hâter les choses. 

Le Docteur Pascal

 

Sa femme, plus âgée que lui, était une créole toujours belle et lente comme une après-midi de fin juin.

Giono, Un Roi sans divertissement

VOIR ICI : le féminin d’auteur.

Adrian

https://www.laculturegenerale.com

6 réponses

  1. François Sénéchal dit :

    Je ne suis pas d’accord avec l’affirmation suivante : « Cependant, on ne doit pas écrire « ma après-midi » mais « mon après-midi ». En effet, « ma après-midi » serait difficile à prononcer. »
    En effet, même si on considère que après-midi est féminin, on doit dire mon après-midi. En effet, en français, le possessif ma devient mon devant un mot féminin début par une voyelle : mon abeille, mon araignée, mon épine, mon aïeule. Cela est certes une affaire d’euphonie, mais c’est une règle grammaticale pas juste parce que ce « serait difficile à prononcer ».

    • Essylt dit :

      Justement, c’est une règle grammaticale établie pour cette question de prononciation. Mais elle n’est pad propre à l’après- midi.

  2. Jerome dit :

    Bonjour Adrian, il me semble qu’il y a un mot en français pour désigner cet hermaphrodisme genré, relevant à la fois du masculin et d’un feminin. Je l’avais noté un jour dans un carnet mais’ ne parvient pas plus à le trouver. Au plaisir de votre remémoration…

  3. PERREVE dit :

    Midi étant du genre masculin , je ne me pose pas la question ! pour moi , le masculin va de fait … de même , en moins poétique , je dis une autoroute !….

  4. Luc Leclerc dit :

    En fait, si les deux sont valables c’est qu’ils n’ont pas le même sens.
    De même qu’on peut dire un matin ou une matinée… à part que avec après-midi, qui est une forme invariable parce que locution adverbiale, le suffixe féminisant « ée » induisant la notion de contenance (ex: une cuillère – une cuillérée) ne peut être employé.
    Donc, lorsqu’on dit « un après-midi », on désigne le moment temporel dans une journée, quand on dit « une après-midi », on désigne la durée associée à ce moment (comme le confirment vos exemples qui contiennent tous un ou plusieurs termes signifiant la durée associés).
    L’emploi de la locution au féminin reste cependant abusif, puisque le suffixe correspondant ne peut lui être attribué correctement, on ne peut pas dire « une après-midiée ».

  5. Alain Fossé dit :

    Concernant la prétendue « réforme de l’orthographe de 1990 », voici le billet écrit par Jean-Pierre Colignon en 2016 :

    « … En préambule, l’Académie affirme qu’ « elle n’est pas à l’origine de ce qui est désigné sous le nom de « réforme de l’orthographe », dont la presse se fait l’écho depuis plusieurs jours et qui devrait être appliquée dans les programmes scolaires à compter de la prochaine rentrée ».

    L’Académie confirme ce que j’ai dit : le texte n’a, en 1991, été publié que dans la partie « documents administratifs » du Journal officiel. « La Compagnie a rappelé à cette occasion son attachement au principe selon lequel doivent être exclues toute réforme et même toute simplification de l’orthographe. Ce principe est conforme à sa position constante : hostile à toute réforme visant à modifier autoritairement l’usage, l’Académie n’a jamais été pour autant fermée à des ajustements appelés par les évolutions de la langue, et que les différentes éditions de son Dictionnaire se sont attachées à refléter. »

    L’Académie résume sa position, en déclarant, dans la conclusion, qu’ « elle s’est proposé, selon une procédure qu’elle a déjà suivie à plusieurs reprises, de juger à terme des graphies que l’usage, législateur suprême, aura retenues et de confirmer ou infirmer les modifications proposées ».

    **********

    Les Quarante affirment donc qu’ils ne sont nullement impliqués dans la reprise de suggestions de rectifications de 1990-1991 au sujet de l’accent circonflexe (et, semble-t-il, de curiosités comme nénuphar et oignon…). L’Académie rappelle qu’en France nul n’a le droit de décréter des changements d’orthographe (aucun texte fondamental de la République ne l’autorise) : elle est « hostile à toute réforme visant à modifier autoritairement l’usage ».

    De vives réactions se manifestent de toutes parts – qu’il s’agisse de M. François Bayrou, qui fut ministre de l’Éducation nationale, ou de la rédaction du Canard enchaîné – contre ces propositions qu’une décision arbitraire (émanant d’on ne sait trop qui, car personne, apparemment, n’en revendique clairement la paternité !) voudrait imposer.

    Si l’on veut simplifier intelligemment l’orthographe, il faut commencer par supprimer des discordances évidentes qui compliquent inutilement la tâche des enseignants et celle des apprenants, comme on dit maintenant. Même s’il existe en certains cas des explications à l’installation de ces discordances dans la langue, il faut donner la priorité à des unifications utiles et qui sont réellement simplificatrices, et non perturbatrices : accorder chariot sur charrette et compagnie, aligner combattre et combativité, etc.

    En revanche, et en me situant sur la même position que l’Académie française, je m’en tiens pour tout le reste à l’orthographe traditionnelle, respectant l’usage suivi par l’immense majorité des francophones. Cela, tant que l’usage, « législateur suprême », n’aura pas évolué… »
    https://jeanpierrecolignon.wordpress.com/2016/02/13/le-mot-du-jour-du-samedi-13-fevrier-2016/

    et renforcé par son intervention du 25.10.20 :

    « Moi qui ai été impliqué directement dans la réflexion sur ce sujet, en tant que membre de la commission dite des « dix experts » réunie par le Premier ministre Michel Rocard, je peux affirmer que cela s’est terminé, en janvier 1991, après quelques retournements de veste et une vive réaction des usagers du français, par : un vote de l’Académie française s’en remettant au « plus grand des grammairiens » : l’usage, et en laissant du temps au temps, et par la publication au Journal officiel, dans la partie dite « documents administratifs », c’est-à-dire des textes mentionnés à titre de documents, justement, et n’ayant aucune valeur légale, des « propositions de modifications de l’orthographe »… »
    https://jeanpierrecolignon.wordpress.com/2020/10/25/le-mot-du-jour-du-dimanche-25-octobre-2020-6/

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