« Pis » et « pire » : quelle différence ?

Pis et pire sont des paronymes de même origine, le latin peior.

 

Pire

« Pire » est le comparatif de supériorité de l’adjectif « mauvais« . C’est un adjectif qui signifie « plus mauvais« . Son antonyme est « meilleur », comparatif de supériorité de « bon ».

La situation est pire aujourd’hui qu’elle ne l’était hier.

La situation est plus mauvaise aujourd’hui qu’elle ne l’était hier.

Comment ! moi qui avais tant de peur de la prison, j’y suis, et je ne me souviens pas d’être triste ! c’est bien le cas de dire que la peur a été cent fois pire que le mal.

Stendhal, La Chartreuse de Parme

« Le pire … » est le superlatif de « mauvais » (c’est-à-dire la chose qui est la plus mauvaise de toute dans une catégorie), et s’oppose à « le meilleur » :

C’est le pire restaurant de Paris.

Le pire peut aussi être un nom :

S’il a craint le pire au départ, le médecin se dit satisfait de la gestion de la crise, qui a permis la maîtrise de la situation.

Lavoixdunord.fr

 

Voir ici : qu’est-ce qu’une anaphore ?

 

Pis

« Pis » est le comparatif de supériorité de l’adverbe « mal« . C’est un adverbe qui signifie « plus mal« . Son antonyme est « mieux », comparatif de supériorité de « bien ».

Je danse pis que lui. 

Je danse plus mal que lui.

J’irai plus loin et je déclare que, n’appelant jamais de médecins pour moi, je n’en appellerai jamais pour mon Émile, à moins que sa vie ne soit dans un danger évident ; car alors il ne peut pas lui faire pis que de le tuer.

Rousseau, L’Émile

« Le pis » est le superlatif de « mal » (c’est-à-dire la chose qui est la plus mal de toute dans une catégorie), et s’oppose à « le mieux », mais il est surtout employé comme nom avec cette fonction là :

À 9 heures du matin je suis donc retourné à Rouen pour me faire ouvrir cet abcès. Tout cet après-midi j’ai dormi sur mon divan. Ce soir je vais mieux, mais j’ai grand’peine à manger. Le pis de tout cela, c’est que voilà deux jours d’entièrement perdus pour le travail, car, hier au soir, je n’ai pu guère travailler […]

Flaubert, Correspondance

On lui préfère en général « le pire », même comme antonyme de « le mieux ».

Qui cherche le mieux peut trouver le pire

Hugo, Les Misérables

En réalité, « pis » n’est plus employé, sauf dans quelques expressions :

  • pis encore : synonyme de pire encore.
  • aller de mal en pis : aller de plus en plus mal ;
  • le pis-aller : le recours le moins mauvais ;
  • tant pis (opposé à tant mieux) ;
  • dire pis que pendre de quelqu’un : dire beaucoup de mal de quelqu’un.

Mais la vieillesse enlaidit jusqu’au bonheur ; dans l’infortune c’est pis encore : quelques rares cheveux blancs sur la tête chauve d’un homme ne descendent point assez bas pour essuyer les larmes qui tombent de ses yeux.

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe

Avec le reconfinement, la librairie Guillemot, à Pont-l’Abbé, passe au « Click & collect ». Un pis-aller pour ces libraires qui vont avoir du mal à écouler leur stock.

Letelegramme.fr

Ainsi, comme comme adverbe, on lui préfère « plus mal » :

Il travaille pis que moi.

Il danse plus mal que moi.

Voir ici : « opprimer » et « oppresser », quelle différence ?

Adrian

https://www.laculturegenerale.com

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