Que dalle : définition & origine [expression]

Que dalle signifie : rien du tout.

Cette expression est argotique. Elle est souvent employée avec « comprendre » ou « piger ».

 

Que dalle : origine de l’expression


Selon le linguiste Florien Vernet (Que dalle ! : quand l’argot parle occitan), cette expression viendrait de l’occitan de Marseille « que d’ala », c’est-à-dire « que de l’aile », en référence au fait qu’il n’y a rien à manger dans l’aile d’une volaille. 

Selon une autre hypothèse rapportée par le Dictionnaire historique de la langue française, l’expression pourrait venir d’un emploi argotique de dal au sens d’« argent », venant peut-être d’une monnaie allemande, le thaler. 

Une origine dans le lorrain dallier, « plaisanter », puis daille ou le dail, « plaisanterie », a été évoquée par le Dictionnaire d’expressions et locutions.

Quoi qu’il en soit, le terme apparaît dans les sources écrites au début du XXe siècle, employé avec « entraver » :

L’huissier était un homme qui se piquait de correction et de beau langage ; sans ça, il se serait écrié, comme vous et moi : 

Je n’entrave que dale !…

Aristide Bruant, Les bas-fonds de Paris

 

Mais, quoique je n’entrave que dalle à la situation, là, mes enfants, l’Américain et Cascaret m’ont fait rigoler à me décrocher les fois.

Comœdia, 15 février 1908

 

Tu sais, Kiki, ton ami !… tu me disais qu’il était intelligent ! Y a pas plus fourneau ! il ne pige que dalle à tout ce que j’y raconte !

Le Rire, 6 février 1909

 

Voir ici : pourquoi dit-on « se mettre la rate au court bouillon » ?

 

Exemples contemporains


Ils sont là et Olivier Châtenet, toute une partie de sa vie, les a recherchés. Je me rappelle qu’on le suppliait de nous en revendre, et il souriait, énigmatique. « Une saharienne, Olivier, je peux trouver ça où ? » « J’en ai plein », crânait-il. La rosse ! Une fois, j’en ai chinée une, et je l’ai postée sur Instagram, il m’a aussitôt écrit : « Pourquoi tu m’as pas demandé, idiote ? ! » Mais quand on demandait, il sifflotait. Et puis, que dalle !

Nouvelobs.com

 

Jean-Pierre, soixante-seize ans, au boulot à quatorze ans, les champs puis l’usine, disait : « Avec Nicole, les retraites, déjà, c’était que dalle, là, ils nous pompent le noyau, on fait quoi ? On peut plus prendre l’auto pour s’occuper des gamines de notre fille, elle va bosser comment ? » Il disait : « Faut l’ouvrir, on l’a fermée trop, moi, je l’ai fermée trop, j’ai trop accepté des patrons, j’étais la bonniche, oui, maintenant, à eux de payer, je la ferme plus, faut être droit. » Le rond-point était aussi réparation, revanche, réévaluation d’une existence longtemps obéissante.

Willy Pelletier, Manuel indocile de sciences sociales

Adrian

https://www.laculturegenerale.com

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