À la bonne heure ! : signification et origine

« À la bonne heure » signifie :

  1. C’est à propos, c’est au bon moment.
  2. Voilà qui est bien !
  3. J’approuve, j’y consens !

C’est le plus souvent une marque d’approbation, qui peut être ironique.

 

À la bonne heure : origine de l’expression


La « bonne » heure doit être comprise ici comme le moment favorable, le moment placé sous de bons auspices. C’est un usage médiéval du terme « heure », qui a peut-être été influencé par « heur », qui renvoie au hasard, au destin, à la chance, à la prospérité, etc. (de là le bonheur, composé de « bon » et de « heur »).

Selon le Dictionnaire historique de la langue française, « à la bonne heure » a signifié aussi « promptement », mais cet usage a disparu. 

L’antonyme « à la male heure« , pour « mal à propos, au mauvais moment », a aussi disparu.

 

Voir ici : d’où vient l’expression « avoir une marotte » ?

 

Exemples


Il ne veut plus que je vienne dans son restaurant ? À la bonne heure ! Je me passerai du poison qu’il sert dans ses plats.

 

Dona Lucrezia : Oh ! Il me hait et me méprise maintenant, et c’est leur faute. -ah ! Gubetta, je me vengerai d’eux.

Gubetta : à la bonne heure, voilà parler. Vos fantaisies de miséricorde vous ont quittée, dieu soit loué ! Je suis bien plus à mon aise avec votre altesse quand elle est naturelle comme la voilà.

Hugo, Lucrèce Borgia, II, 1

 

— C’est possible ; mais je te prie de n’en pas devenir amoureux. Elle pose devant moi ; ne dérange pas mon modèle.

À la bonne heure ! parle ainsi, et je te comprendrai. Tu joues avec les femmes un jeu où un autre se brûlerait, mais où tu ne brûleras que les parfums de la poésie dans une cassolette de vélin dorée sur tranche.

Sand, Mont-Revêche

 

Frédéric, en l’écoutant, éprouvait une sensation de rajeunissement, comme un homme qui, après un long séjour dans une chambre, est transporté au grand air. Cet enthousiasme le gagnait.

— « Oui, j’ai été un paresseux, un imbécile, tu as raison ! »

— « À la bonne heure ! » s’écria Deslauriers ; « je retrouve mon Frédéric ! »

Flaubert, L’Éducation sentimentale

Adrian

https://www.laculturegenerale.com

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