« De tout temps » ou « de tous temps » ? orthographe

On écrit : « de tout temps » ou « de tous temps ».

Cette locution adverbiale est synonyme de « toujours » ou de « continuellement ».

 

« De tout temps » ou « de tous temps » ?


Le singulier est plus courant que le pluriel (cf. Google Ngram, près de 68 000 résultats pour le singulier sur Gallica, presque 18 000 pour le pluriel), mais le pluriel n’est pas fautif pour autant. La forme au singulier est distributive, elle renvoie à chaque élément en particulier, alors que la forme au pluriel est collective, elle renvoie à tous les éléments (ici, les temps, les époques). Dans tous les cas, la nuance  entre les deux formes est trop fine pour être véritable perceptible dans la langue de tous les jours : elles sont synonymes, elles veulent dire la même chose.

On trouve ainsi des exemples pour soutenir les deux formes.

Le cas est le même pour : en tout cas, de tout côté, en tout genre, en tout lieu, de toute part, à tout propos, de toute sorte, en tout point, en tout sens, etc.

 

Exemples au singulier


On sent combien il serait ridicule de prétendre que la nature eût travaillé de tout temps pour s’ajuster aux inventions de nos arts arbitraires, qui tous ont paru si tard ; mais il est bien évident que si les nez n’ont pas été faits pour les besicles, ils l’ont été pour l’odorat, et qu’il y a des nez depuis qu’il y a des hommes.

Voltaire

 

Mon innocence enfin commence à me peser.
Je ne sais de tout temps quelle injuste puissance
Laisse le crime en paix, et poursuit l’innocence.

Racine, Andromaque, III, 1, Oreste

 

Maintenant un tel interrogatoire, même s’il devait être sans résultat, serait au moins sans dangers. Je parlai à Andrée, non sur un ton interrogatif mais comme si je le savais de tout temps, peut-être par Albertine, du goût qu’elle-même Andrée avait pour les femmes et de ses propres relations avec Mlle Vinteuil.

Proust

 

Exemples au pluriel


De tous temps, les dieux durent se conformer aux us et coutumes des hommes.

Nerval, Les Filles du feu

 

Oui, le culte promis à des cérémonials, songez quel il peut être, réfléchissez ! simplement l’ancien ou de tous temps, que l’afflux, par exemple, de la symphonie récente des concerts a cru mettre dans l’ombre, au lieu que l’affranchir, installé mal sur les planches et l’y faire régner.

Mallarmé, Divagations

Adrian

https://www.laculturegenerale.com

Vous aimerez aussi...

1 réponse

  1. Paul Pontois dit :

    Très utile !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.